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2019-A-Lc 1, 39-45 - samedi 3e semaine AVENT- style de Marie ou de Zacharie

Année A : samedi de la 3e semaine de l’Avent (litaa03s.19)    

Lc 1, 39-45 : style Zacharie ou style Marie ?

Il y a, rapporte Luc, l’annonciation à Zacharie. Il y a celle à Marie. L’une fut annoncée dans le temple, dans le Saint des Saints, à un prêtre. L’autre dans une maison perdue dans un petit village éloigné,  Nazareth, et de surcroit à une laïque, une femme. Quel contraste entre ces deux annonciations !

Luc, en rapportant ces deux récits, appelle à un changement d’époque, de l’Ancien au Nouveau Testament ;  à un changement de style de vie,  de pouvoir sacerdotal à serviteur ;  à un changement de lieu, du temple à la rue.

Le style Zacharie est celui d’un docteur de la loi, de celui qui contrôlait tout pour respecter la loi. C’était son jour pour entrer dans le Saint des Saints. C’était son heure de gloire, un privilège réservé aux responsables du temple. Comme tout docteur de la loi, Zacharie avait besoin d’explications. Il doutait de la faisabilité de ce qu’il entendait.

 Le style Marie est celui de la dernière place, du service. Marie demande : comment cela va-t-il se faire? Et elle se met en route pour la première annonce de la bonne nouvelle. Style d’émerveillement : quelqu’un regarde sa petitesse. Style de louange aussi pour ce qui lui arrive.

Récemment en visite au Mozambique, le pape, s’adressant aux évêques, prêtres, aux consacrés et aux responsables de communauté, posait cette question (qui m’a beaucoup fait réfléchir et dont je m’inspire ce matin) : ressemblons-nous au style Zacharie ou au style Marie ? Il ajoutait: au lieu de proclamer la bonne nouvelle, ce que nous annonçons, c’est quelque chose de blafard qui n’attire ni n’enflamme le cœur de personne. Voilà la tentation ![1] Poursuivant sa réflexion, il ajoute que  Dieu a regardé avec bonté [notre] petitesse (Lc 1, 48). 

Marie est toujours en route, toujours en état de visitation, de «voyage», de service ; elle est louange et gloire, elle vit  dans un état de fête permanente, dans une vie «bonne nouvelle» qui est autre chose que du prosélytisme. Le pape répète souvent que cela n’est pas un style chrétien. Elle fut une grande évangélisatrice qui a transformé Élisabeth et qui s’est laissé transformer par elle.

Voilà la mission de tout chrétien. Transformer et se laisser transformer. Marie s’est laissé transformer en accueillant le projet de Dieu sur elle. Son oui  abolit la distance entre elle et Dieu et permet à Dieu d’abolir toute distance entre lui et nous. Son oui l’a incarné en Dieu et a incarné Dieu en nous.

C’est le mystère de l’incarnation : toute distance est désormais abolie entre nous et Dieu, entre Dieu et nous. L’incarnation, c’est l’arrivée d’une culture de la rencontre entre Dieu et nous, entre nous et les autres. L’incarnation, c’est l’inauguration (et je trouve cette expression du pape François très prophétique) d’une culture de la rencontre dans une harmonie multiforme[2].

Marie nous offre un style de vie : celui de  visiter et de raccourcir les distances. Être en état de dérangement permanent,  se tenir aux aguets de tout appel à ne pas passer outre près des blessés de la vie, d’abolir les distances entre nous. Le philosophe Patrice Hadjadj  écrit quelque chose de très beau dans son dernier livre : ce qui est essentiel n’est pas la grandeur des choses comme telles […], c’est la grande et belle manière de faire les choses, même simples.[3] C’est le style que Marie nous invite à vivre.

C'est un  style de vie impossible, une mission impossible, sans accepter d’abord d’être visité par Dieu, de dire OUI à son regard posé sur nos failles, sur nos ruptures d’alliance fréquentes. Style de vie impossible sans cohabiter avec Dieu pour réduire la distance entre lui et nous, sans toutefois pouvoir l’abolir  parce que la mondanité nous habite aussi et encore.  Dieu nous visite par ce pain en abolissant toute distance entre lui et nous. AMEN.

Autre réflexion sur ce même passage :

https://www.diocesevalleyfield.org/fr/a-lire-pour-vivre/2011-b-lc-1-39-45-mercredi-4e-semaine-avent-des-miettes-de-joie

https://www.diocesevalleyfield.org/fr/a-lire-pour-vivre/2009-c-lc-1-39-45-lundi-4e-semaine-avent-dieu-nous-visite-pour-nous-mettre-en

https://www.diocesevalleyfield.org/fr/a-lire-pour-vivre/2007-lc-1-39-45-vendredi-3e-semaine-avent-une-histoire-de-joie

 

Évangile: 
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Date: 
décembre, 2019

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