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2018-B-Jn 1,47-51- samedi 25e semaine ordinaire- Archanges Gabriel et Raphaël

Année-B- samedi de la 25e semaine ordinaire (litbo25s.18)  

Jn 1,47-51 : saints archanges Gabriel et Raphaël,  saint Gabriel, patron des télécommunications,

Docteur de l’Église, sainte Hildegarde de Bingen, dans l’une de ses vingt-six visions mystiques, toutes très belles et très nourrissantes pour la foi, pour nous présenter ce Dieu non présentable, ce Dieu au-delà de toute représentation, que nul n’a jamais vu (Jn 1, 18), décrit  une sorte de vaste théâtre sur les gradins duquel les anges sont installés en neuf chœurs : séraphins, chérubins, archanges, dominations, trônes, etc.

Se dégage de cette vision d’une pièce de théâtre quelque chose de très beau : la création manifeste la gloire de Dieu. C’est un coup de cœur à la beauté.  Je vis […] deux légions d’esprits d’en haut, resplendissant d’une immense beauté […], et toutes ses légions faisaient retentir les merveilles de Dieu. J’entendis une voix me dire : le Dieu tout-puissant et ineffable a construit d’admirable façon toute la création et l’a organisée d’admirable façon.

On peut fort bien, ce matin, voir avec des yeux purement extérieurs cette scène d’un notable venant questionner Jésus de nuit. Nous risquons de ne rien entendre de l’inquiétude qui habitait ce notable. On peut fort bien arrêter nos regards sur la mission des anges ou archanges. La vision de sainte Hildegarde appelle à voir la beauté qui se cache sous la mission des anges comme dans la  démarche de ce notable à qui Philippe a dit : celui que  tu cherches, on l’a trouvé.   

Notre regard a besoin d’être soigné, purifié, désencombré, oxygéné afin de pouvoir être attiré par la beauté qui se cache dans cette scène de Jean, voyant déjà Nathanaël et sa  recherche de Dieu. La beauté est une profession, celle des chrétiens qui ont à retrouver le chemin de l’émerveillement, saint, saint, saint le Dieu  d’Israël.  C’est une condition fondamentale pour demeurer capable de voir autre chose que des scènes déshumanisantes comme celles de ces enfants d’émigrants arrachés de leur famille. Et s’interroge saint Augustin : qui a fait la beauté, sinon celui qui est beau ?

Force est d’observer qu’actuellement nous sommes maîtres en opacités et mendiants de lumière, de beauté. Le tragique ne doit pas nous détourner de la beauté que Jésus a perçue dans ce Nathanaël qui au cœur de sa nuit, cherchait la lumière. Le poète François Cheng, de l’Académie française, écrit ces mots : Le cruel et le méchant n’ont pas dit leur dernier mot [… mais] quand les âmes se font chant, le monde d’un coup se souvient, la nuit s’éveille à son aube[1].

 

Le regard de Jésus sur Nathanaël a donné de l’oxygène à sa vie. De la beauté et de la hauteur à sa vie. La beauté qu’a perçue Nathanaël et que chantent les anges n’est pas celle d’un visage rayonnant, d’yeux perçants ou d’une voix chaleureuse. C’est la beauté créatrice qui fait toute chose belle. Il a vu la beauté intégrale, inaltérable. Il a entendu une voix qui lui a donné des ailes. Le visage, la voix, les mains, les yeux de Jésus reflétaient la beauté de la beauté, la splendeur de la Beauté, de la Beauté originelle et originaire, de la Beauté dont est beau tout ce qui est beau. Nous avons la même profession que celle des anges, voir la beauté originelle dissimulée sous les traits de l’Esprit qui éclate en  l’homme Jésus.

Ce même regard de Jésus sur nous donne aussi de l’oxygène à notre vie qui ne dégage pas toujours des rayons de lumière. Ce regard de Jésus rend nos regards capables de capter la beauté de la création, de nos vies données. L’œil a été créé pour la lumière, l’oreille pour les sons, chaque chose pour sa fin, et le désir de l’âme pour s’élancer vers le Christ (Nicolas Cabasilas (XIVe siècle), La vie en Christ, II, 90). Mais tout cela est un combat permanent.

Nous sommes créées pour goûter la nourriture des anges. Pour voir ce qu’ils voient, goûter ce qu’ils goûtent, chanter ce qu’ils chantent, contempler ce qu’ils contemplent. Unissons-nous au chœur des anges pour chanter le Dieu trois fois saints. AMEN.

 

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Date: 
août, 2018

Commentaires

Votre commentaire: 

Merci à vous, pour ce commentaire plein de lumière.
Pour mieux encore éclairer nos lanternes, nous aurions lu avec bonheur un extrait plus conséquent du texte d'Hildegarde de Bingen.
Peut-être pourriez-vous nous en communiquer un peu plus?

Votre commentaire: 

Merci beaucoup. Oui la beauté qui nous voyons est le reflet de la beauté qui nous habite. Et habite chacun. Tendresse et paix

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