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2017-A- Lc 1, 57-66.80- saint Jean-Baptiste- mission de délier les langues

Année A : samedi de la 11e semaine ordinaire (litao11s.17)

Lc 1, 57-66.80 : saint Jean-Baptiste délie les langues

Entrer dans le Saint des Saints pour exercer l’acte liturgique n’arrive qu’une seule fois dans la vie d’un grand prêtre. Zacharie ignore donc ce qu’il va vivre;  et comment ressortira-t-il de ce lieu. Il se sait proche de Dieu, mais ignore tout de ce qui se passe et se vit dans le Saint des Saints. Personne ne mentionne le déroulement des rites en usage durant les heures de service. Tout se vit dans la plus grande intimité avec Dieu.

Zacharie ignore donc si l’apparition de l’ange à droite de l’autel de l’encens (Lc 1, 11) est habituelle ou pas. À son étonnement, s’en ajoute un autre, plus percutant, quand il s’entend dire que lui, vieillard vivant avec une femme avancée en âge (Lc 1, 18), deviendra père.  Comment est-ce possible, se demande-t-il ?

Zacharie pose la même  question que Marie entendant l’ange lui dire qu’elle concevra un fils. Il a la même réaction qu’Abraham lorsque Dieu lui annonce la naissance de son fils Isaac. Alors que Marie et Abraham se réjouissent (Gn 17, 17; Lc 1, 34), Zacharie demande un signe. Comme signe, il fut réduit au silence jusqu’à la naissance de Jean (Lc 1, 20), jusqu’au jour où il écrira que son nom est Jean, nom qui veut dire en hébreu : Dieu miséricordieux ou Dieu accorde, ou Dieu fait grâce. 

Nous pouvons, ce matin, contempler cette scène du service dans le Saint des Saints. Mais arrêtons-nous sur «son nom est Jean».  Ce nom annonce tout un programme, celui de délier les langues.

Délier pour prier. Luc rapporte que Jésus invite ses disciples à prier comme Jean l’a appris à ses disciples (Lc 11, 1).  Voilà ce que fut Jean, un «délieur» de langue.  

Délier pour reconnaître. Avant même sa naissance, il délia la langue de sa mère Élisabeth qui poussa, dit Luc, un cri de joie : bénie es-tu entre toutes les femmes (Lc 1, 42). Remplie de l’Esprit saint, Élisabeth déclara Marie mère de mon seigneur (Lc 1, 43).

Délier pour rendre grâce. Il délia la langue de Zacharie dont le diacre Éphrem, en Syrie, cette terre présentement meurtrie par des guerres, écrit : tant que Zacharie croyait, il parlait [...] dès qu’il n’a pas cru, il s’est tu. Un psaume dit: J’ai cru et c’est pourquoi j’ai parlé (Ps 115, 10). Les premiers mots, surgissant de cette reprise de parole après un long silence, inaugurent chacune de nos journées: béni, soit le Seigneur. Chant de joie, de louange, d’Action de grâce qui fait surgir l’astre d’en haut (Lc 1, 78) chaque matin.

Délier pour faire basculer l’histoire. Au sortir du désert, Jean lui-même délia l’histoire enfermée depuis des siècles dans l’attente d’une promesse de libération que Zacharie reprenait dans son magnificat : il fait miséricorde à nos pères et se souvient de son alliance sainte, serment juré à Abraham. Jean, dans un élan d'abnégation total, libéra ses disciples  pour qu'ils suivent l’agneau de Dieu.

Délier. Mot tellement au cœur de l’évangile, que Jésus le fait sien au sortir de Lazare du tombeau. Déliez-le (Jn 11, 44).

Nous sommes-nous demandé une fois dans notre vie: qu’est-ce que ça change de délier ? Nous n’avons qu’à regarder Zacharie, Élisabeth, les disciples de Jean. Ça dynamise. Ça fait sauter tous les verrous qui nous empêchent de sortir de nos tombeaux. Ça réduit presque à néant notre souci de ne porter attention qu’à nous-mêmes. Et ça, c’est dynamisant.  Dynamitant.

En ce jour où nous célébrons la naissance de Jean-Baptiste, soyons des «délieurs» de langue. Offrons une parole d’admiration plutôt que de désolation, d’espoir plutôt que de peur. Déverrouillons nos personnes d’une peur paralysante, d’une tristesse acédique. Ne soyons pas sourds et muets devant les œuvres de Dieu.  Ne soyons pas aveugles non plus devant les grâces que le Seigneur continue à accorder à son peuple, à chacun de nous. AMEN.

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Date: 
juin, 2017

Commentaires

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les grâces descendent par des liens coupés....ou distancés....un revers inattendu...
quand je dépose les reliés, complètement et sereinement dans la bienveillance divine,
je viens de vivre cela au plus profond de mon être, presqu'inconsciemment, accidentellement,
la distance, la coupure qui a marqué de silence prolongé un temps mort, demandé...me rend la vue....
sur un attachement et entêtement, irréaliste et nuisibles....le deuil du passé....cela s'apprend....
et les effets surprenants de l'estime de soi se manifestent....comme allant de soi suite à une affirmation de la vérité sur soi, vérité qui rend l'autre libre.....tout un phénomène:qui déjoue l'illusion ...sur soi , désormais devenue inutile. Délier , voilà une tâche prophétique....exceptionnelle...
Merci d'y répondre. Continuez si vous en avez le souffle....sacré

Votre commentaire: 

Merci pour vos écrits que je lis régulièrement. Vous avez besoin d'un peu de recul ou de réflexion, je comprends. Je continuerai de vous lire selon ce qu'il vous sera possible merci pour votre dévouement. Harold

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