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2007-C : Mercredi 18e semaine ordinaire -Mtt 15, 21-28 évangile à l'envers

Année C : Mercredi 18e semaine ORDINAIRE (Litco18me.07)

Matthieu 15, 21-28  EVANGILE A L’ENVERS


Homélie donnée aux « saintetés » de la Providence, été 2007 

« Aie pitié de moi, Fils de David ». C’est un cri de détresse. Un cri d’appel à l’aide, un cri gémissement qui jaillit d’une souffrance « sans fond » dirait le mystique Tauler.  « Ma fille ne se possède plus ». De toute évidence, ce cri dérangeait Jésus qui « s’était retiré vers la région de Tyr et Sidon » territoire païen, pour avoir la paix, dirions-nous aujourd’hui. La réponse étonnante, choquante  que Jésus a donnée, après avoir refusé de l’entendre, confirme cela. « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens ». (Jésus a eu la même attitude devant sa mère à Cana, « femme que veux-tu?). C’est une fin de non-recevoir. Jésus repousse du revers de la main. Il ne manifeste aucune compassion. Quelle mouche l’a piquée? Il semble tellement indifférent, insensible à ses cris que ses disciples « craquent ». « Cette femme nous dérange. Exauce-là pour qu’elle nous laisse tranquille ».

Nous sommes presque rassurés quand nous voyons Jésus « craqué » devant  la détermination de cette femme, par son assurance, par sa capacité de s’humilier elle-même devant Jésus. Son désir de voir son enfant était si grand qu’elle n’a pas craint de perdre sa dignité.  Ses tripes ont parlé à sa place. Pour être écoutée, recevoir la Vie, elle était prête à tout.

Mais que veux nous dire Jésus quand Matthieu nous offre ce passage pour le moins étonnant ? Que signifie cette attitude étonnant de Jésus, mis K.O  par tant d’insistance ?

Les appels de cette femme païenne, sa réponse toute aussi étonnante « mes les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table » réveille à Jésus qu’il a aussi mission de « faire alliance » avec les païens.  Cette femme a converti Jésus à sa mission. Elle lui a fait comprendre qu’il est envoyé non seulement vers le peuple d’Israël mais à tous les peuples. Tellement vrai que suite à cet épisode, dans Matthieu, Marc et Luc Jésus se retrouve souvent en terre étrangère. Parce qu’il a été ramené à l’ordre par cette femme, et comme pour la remercier, Jésus a pu lui dire : « Que tout se fasse pour toi comme tu veux ». « Que ta volonté soit faite ».

Jésus dit à la cananéenne ce que Marie dit à l’ange, ce que nous disons au Père : « que tout se passe comme tu le veux ». Et parce que nous faisons tout « comme tu le veux » Jésus fait tout ce que nous voulons. C’est l’Évangile à l’envers. Jésus fut « évangélisé » par cette femme comme il le fut par Marie,sa mère qui a insisté à Cana « parce qu’il n’avait plus de vin ». La parole de Jésus à la cananéenne : « Femme, que tout se passe comme tu le veux ! » est le parfait écho de celle qu’il adressa à Marie, à Cana : « Femme, que me veux-tu ? ». Il a compris qu’il était envoyé auprès de tous les peuples.  Cette page confirme que Dieu  veut que tous les peuples – par seulement les baptisés- crient vers Lui et Lui entendra leur appel.

  Ce qu’il faut comprendre : ne jamais laisser Dieu tranquille. Il faut toujours avec foi le déranger, ne jamais Le laisser en paix comme l’a fait Dominique, Catherine de Sienne. Dieu intervient dans le monde,  dans la mesure où nous frappons à sa porte. « Frappez et l’on vous ouvrira » « Demandez et vous recevrez ». Cela est vrai pour tous les peuples chrétiens ou pas.

Nous avons pour mission de déranger Dieu. Nous n’avons pas mission d’être de « bonnes saintetés » qui ne dérangent pas Dieu. Dominique a donné à sa communauté naissante comme première mission d’être avec Jésus, de le « fatigué » de notre présence pour mieux « transmettre aux autres les fruits de la contemplation. » Avant d’être discours, notre foi est un cri, un geste comme celle de cette femme. 

Une eucharistie pour « sortir de nos tripes », pour crier jusqu’à l’épuisement pour que Jésus puisse se rendre présent à toute détresse par nos voix, pour qu’Il puisse dire à ceux et celles avec lesquels nous crions : « que tout se passe comme tu le veux ».  C’est l’Évangile à l’envers. AMEN
 

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Date: 
Samedi, 1 septembre, 2007

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