2026-A –dimanche de la 22e semaine ORDINAIRE (Litao22d.26)
Mt 16, 21-27 suivre Jésus
Devant cette page où Jésus annonce à ses disciples que le chemin ne sera pas facile, me vient en mémoire ce qu’exprimait Jean D’Avila, un simple prêtre, si tu me commandes, Seigneur, de faire ce que tu as fait, donne-moi ton cœur. Impossible de prendre la route de Jésus sans avoir son cœur. Pierre n’avait pas son cœur quand il s’exclama cela ne t’arrivera pas. Il ignorait que suivre Jésus allait le conduire hors des sentiers battus.
La route n’est pas facile. Elle est remplie de nids de poule. Jésus propose une destination gagnante en leur présentant sa croix à l’horizon. Il offre aux siens comme assurance d’une victoire un aperçu d’un chemin bâti sur le roc de la Croix. Jésus n’appelle pas à établir un culte, prêcher une morale juridique, ébaucher une philosophie supérieure aux autres. Il appelle à marcher sur un chemin aux obstacles permanents et il dépose en nous son cœur et désire que son cœur lui revienne (sagesse autochtone).
Le suivre ne signifie pas d’apporter du Sacré, du religieux, de la religion au milieu des sécheresses, des déserts. Le suivre n’est pas la garantie que ma connaissance de Jésus est parfaite, c’est impossible. C’est reconnaître sa présence cachée dans le cœur des gens. Le premier « travail » de Jésus fut de toucher les cœurs des plus grands criminels, ses nombreux opposants pour leur faire voir qu’en eux se cache la gloire de Dieu.
Cette aventure exige à se convertir à un chemin rempli de croix, à se fiancer à elle jusqu’à l’accepter « en mariage » sans divorcer après quelques années. Cela signifie être baptisés ET chrétiens. Ignace de Loyola a compris que si nous prenons ce chemin ce n’est pas parce que Jésus a besoin de nous, il veut seulement nous procurer la joie de le servir. Éprouvons-nous cette joie d’agir, de servir dans la foi et avec foi comme Jésus ?
Suivre Jésus, c’est prendre soin avec joie des croix des autres ; c’est refuser de passer outre comme le prêtre et le lévite devant leur souffrance. C’est refuser d’ignorer ceux qui souffrent ; ouvrir nos yeux sur la réalité sociale, nous mettre à l’écoute des cris de souffrance et de révolte. Il est temps que le coq chante pour nous réveiller du démon de mon cœur [qui] s’appelle à quoi bon (Georges Bernanos).
À quoi bon choisir un chemin rempli de nids de poule ? À quoi bon agir en chrétien si les guerres continuent, la haine et la vengeance dominent dans les coeurs ? À quoi bon agir quand la plus grande fracture actuelle dans notre Église est de se dire de droite ou de gauche ? Il n’est pas facile de briller comme un signe de miséricorde et de concorde (prière euc. Particulière #1). Pas facile de suivre celui dont on sait que sa vie finit sur une croix ? Un tel chemin nous procure-t-il la joie de le servir ? Devant ce chemin quelqu’un a écrit avec réalisme que nous avançons en reculant.
L’urgence est de se convertir chaque jour davantage à sa manière de vivre. Tous nous observons des situations intolérables, des situations inhumaines. Pour y répondre les premiers chrétiens sont écrit Diognète une énigme pour le monde, quelque chose d’inexplicable sur lequel les gens doivent enfin s’interroger.
Retenons la demande très actuelle de Paul aux Romains : transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour discerner quelle est la volonté de Dieu.
Laissons-nous séduire, laissons-nous saisir par cet appel. À longueur de journée que l’appel du Seigneur nous attire malgré les vives oppositions d’une culture où le "moi" est devenu tellement grand et autonome, qu’il ne supporte pas la voix que la sienne (Pape François).
Vivons bien ce chemin et ses nids de poule, travaillons à les réduire et nous apporterons notre petite contribution à l’arrivée de la bonne nouvelle. Amen

Ajouter un commentaire