Année A- fête de tous les saints (toussant 26) 1 nov.
Mt 5, 1-12a béatitudes
L’histoire du monde sans les saints et les saintes serait infiniment plus pauvre, c-a-d- moins humaine[1]. C’est le constat du pape Léon s’adressant aux participants sur la sainteté dans l’histoire. Vous êtes les saints de France, disait-il aux 8000 jeunes participants à une soirée de prière au stade de France. L’apôtre Paul s’adresse souvent dans ses lettres aux saints de… Vivre en chrétien, c’est la même chose que vivre en saint[2] (Pape François).
Nous célébrons une immense foule pour qui la sainteté n’est pas synonyme de perfection ; des gens non parfaits qui non rien fait d’extraordinaire, ont bien vécu leur imperfection, n’ont pas prêché, mais pour qui les petits détails de l’amour prenaient beaucoup de place. Pour eux, impossible d’être heureux sans s’occuper des autres. Nous célébrons des gens ordinaires, non canonisés, ces saints de la porte d’à côté (pape François) qui s’efforcèrent de vivre comme Jésus et qui furent habités par une vie intérieure d’une grande intensité divine. Ils ont rendu l’environnement plus humain. Plus sain. Plus saint. Ils ont semé, malgré et avec leur imperfection, la foi en vivant l’évangile des Béatitudes.
Il n’y a rien de plus beau, de plus profond, de plus aimable, de plus humain que de refuser une existence médiocre. Ce qui est beau est d’être ciel pour ceux que nous rencontrons, de faire ciel en vivant sans jalousie, sans rancune, sans construire des nids protectionnistes. Pour Jésus, ce qui est premier, ce n’est pas le culte. Ce n’est pas la religion. C’est vivre ensemble tous en frères (Ps 133,1).
Nous pensons souvent que rendre gloire à Dieu s’exprime par le culte et la prière. Nous oublions que le critère pour évaluer notre vie est ce que nous faisons pour les autres (GE # 104). La prière a de la valeur si elle est « agissante ». Évitons ce reproche de Jésus, ce peuple m’honore des lèvres.
Je vois, dit le pape François, la sainteté dans le peuple de Dieu, sa sainteté quotidienne… dans le peuple de Dieu, patient : une femme qui élève ses enfants, un homme qui travaille pour apporter le pain à la maison, les malades […] qui ont le sourire parce qu’ils ont servi le Seigneur (La Civilta Cattolica, n° 3.2018.)
Ce n’est pas la robotisation qui sauve, c’est de rencontrer quelqu’un qui sait savourer et ressentir intérieurement les petites choses anodines du quotidien ; de rencontrer quelqu’un qui sait entendre les larmes de découragement, réchauffer par sa présence, son sourire, les personnes qui vivent dans des tentes non chauffer, apaiser les tensions entre voisins. C’est ça l’évangile.
Tout le Sermon sur la montagne est une thérapie, une médication pour changer le monde. Il renverse la logique du monde : la grandeur n’est plus dans la domination, mais dans le service. Comment ? En offrant un festin de miettes qui font de petits miracles à ceux qui gisent par terre, aux faibles, aux perdus, aux malades, à ceux qui ont besoin d’aide. Des petits gestes d’attention, de présence, de paroles d’encouragement suscitent le goût de vivre en harmonie. Voilà la manière dont Jésus sauve le monde.
Jésus explique avec grande simplicité ce que veut dire être saint. Il l’enseigne dans les béatitudes. Elles sont comme la carte d’identité du chrétien. Se déclarer chrétien, c’est mettre en œuvre, chacun à sa manière, ce que Jésus déclare dans le sermon des béatitudes. Maltraiter les autres, c’est maltraiter Jésus. Je suis celui qui tu persécutes. C’est à moi que vous l’avez fait. Notre société est « voleuse » d’un chemin pour demeurer humain. Si nous repartons du Christ, nous découvririons son visage sur les autres.
Commençons à devenir semblables à Jésus et nous serons les saints d’aujourd’hui.

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