Année A : dimanche de la 28e semaine ORDINAIRE (Litao28d.26)
Mt 22, 1-14 : Un échec apparent
Aujourd’hui on parle beaucoup du recyclage. Les évangiles nous présentent un Jésus expert en recy-clage, un Jésus pour citer la poétesse Marie Soleil, chiffonnier, ramassant des déchets. Il est venu « recycler », redonner de la beauté, de la dignité à ceux et celles que la société considérait comme des moins que rien. Alors que les invités s’excusèrent, trop préoccupés par leur affaire mondaine, les moins que rien, eux, avaient du temps, beaucoup de temps pour « déguster » la bonté du maître à leur endroit. Leur réponse empressée atteste qu’ils vivaient une relation mystique avec Jésus.
Ce qui me rejoint dans cet appel du maître, allez sur les places, c’est qu’il envoie chercher tout le monde, incluant des imparfaits. Les relations des jésuites citant le père Jérôme Lalemant observent que les cabanes d'écorce cachent autant de vertus qu'on peut en trouver dans les cloîtres. Les gens dehors sont aussi capables que ceux qui vivent dans le silence du dedans (Élisabeth de la Trinité) d’établir une relation mystique, personnelle, authentique avec Jésus. Il y a autant de personnes dignes des noces dans la rue et aux croisées de chemin qu'il y en a chez les invités officiels.
Pour faire contrepoids aux théologiens de la perfection que sont les responsables religieux, Jésus raconte une parabole louangeant l’imperfection. Pour Jésus- quel paradoxe - bien agir, c’est mal agir en se faisant proche et amis des gens de la rue, de bas niveau social. Ceux qui agissent bien, les pratiquants de la loi, les soi-disant « parfaits », agissent mal en condamnant celui qui donne vie à des gens sans vie.
Ce qui est déroutant à observer pour nos yeux de croyants qui éprouvent beaucoup de joie devant les demandes accrues d’adultes au baptême, c’est que nous ne voyons pas dans les gens de nos périphéries qu’ils nourrissent par le cœur une bonne et solide relation d’amitié avec Jésus. La foi est élévation des cœurs, mais aussi un changement de regard qui ressuscite, donne vie à ceux qui en sont exclus des noces de l’Agneau. Jésus passe la majorité de son temps à ressusciter les non dignes en les invitant à remplir sa salle de noces qui risque d’être vide sans ces invités qui ne sont pas spontané-ment sur notre liste d’invités.
En invitant des « non-initiés », Jésus indique qu’ils ont une longueur d’avance sur les corrects. Les prostitués vous précèderont dans le Royaume (Mt 21, 31). Jésus est Sauveur du monde (Jn 4, 42) désen-chanté. Il aime tout le monde plus que nous. Il n’est pas contre quelqu’un, son œil est grand ouvert. Il est lumière pour ceux qui vivent en attente de sortir d’une vie sans vie.
Nous l’oublions, Jésus est le premier des sacrements, premier des signes qui font disparaître le voile de deuil (Is. 25, 8) et fais resplendir un ciel nouveau et une terre nouvelle (Ap 21, 1). Celui qui apporte le salut aux non corrects est condamné. Celui qui donne la vie est mis à mort, rejeté par ceux qui auraient dû l’accueillir à bras ouverts.
Isaïe a entrevu cette invitation de Jésus à « nocer », à festoyer : le Seigneur de l’univers de l’univers préparera pour tous les peuples un festin. Jésus n’impose pas son invitation, ne fait pas pression. Il invite seulement les gens à habiter la maison du Seigneur pour la durée de [leurs] jours.
Avec lui dit le psaume, je ne manque de rien. Je ne crains aucun mal. Il nous prépare une table, celle que je vous offre maintenant. AMEN.

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