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2022-C-Mt 9, 9-13-mercredi de la 25e semaine ORDINAIRE- ouf, me voilà chrétien.

Année C : mercredi de la 25e semaine ORDINAIRE(litco25me.22) 

Mt 9, 9-13 : Ouf, me voilà humain.   

Je suis toujours étonné d’observer que le contemplatif Jésus ne porte jamais un regard d’accusation sur les personnes qu’il rencontre. Son attitude confirme qu’un vrai contemplatif n’est jamais un moralisateur. Le fruit de toute contemplation, de celle de Jésus dans ses moments de prière, est de porter un regard de gentillesse, de regarder en profondeur plutôt que de s’arrêter à la surface des comportements. Jésus ne se souciait pas du péché, mais de la souffrance. Aux yeux de ses contemporains, une telle attitude sonnait comme une révolution des valeurs (Jose Arregi).  

La rencontre avec Lévi montre un Jésus qui est comme une fenêtre ouverte qui laisse entrevoir quelque chose d’un Dieu « différent ». Il n’est plus ce Dieu qui fait la morale, qui réprimande la vie d’un brigand, qui n’écrase pas de ses jugements. En présence de Lévi, Jésus utilise un langage fort, un langage étonnant, un langage interpellant qui ouvre sur un « autre » Dieu : suis-moi. Passionné des biens d’en bas, Lévi se transforme en passionné d’une vie livrée aux autres. D’une vie pour les autres, se faisant ainsi disciple de Jésus. Je suis venu appeler ceux qui sont en besoin de miséricorde.

Ouf, me voilà humain. Le terme chrétien n’existait pas encore. Voilà ce qu’a pu dire Lévi en se levant et invitant Jésus chez lui. Tu nous as estimés dignes de nous tenir devant toi pour te servir (Pr.euch. No 2). Il laisse entrer Jésus chez lui, en lui, lui porte toute son attention. Ce qui animait Jésus en toute circonstance n’était rien d’autre que la miséricorde avec laquelle il lisait dans le coeur de ses interlocuteurs et répondait à leurs besoins les plus profonds[1].

C’est au moment où Lévi se sent dans un bas-fond paralysant, étouffant, un vaurien, qu’il est rejoint dans sa Galilée profonde. Quelqu’un voit sa misérable situation de mal-aimé de la société. Ce Quelqu’un n’est pas un travailleur social dont son travail rémunéré est de lui venir en aide. Il n’est pas un notable ni un juge sévère. Ce Quelqu’un expérimente tellement la présence du Père en lui, qu’il agit comme Lui. Cela étonne et séduit aussi.

L’agir de Jésus montre que Dieu est en lui, qu’il agit avec lui. En allant s’asseoir à ta table de Lévi, en entrant de sa Galilée profonde, en écoutant sa détresse, Jésus montre qu’il est dans le Père et le Père est en lui (cf. Jn 14, 11). Sans l’exprimer clairement, Jésus lui offre de vivre la paix qui est la sienne. Dans son suis-moi, se cache la paix soit avec toi. Quelle surprise pour lui qui vit ses journées dans la peur d’être jugé pour ses crimes !

Lévi bondit d’une double joie. Celle des Mages d’avoir trouvé l’Étoile. Celle des femmes revenant au tombeau. Celle du marchand qui a tout vendu pour acheter la perle rare. Celle d’avoir trouvé en creusant dans son champ, dans son cœur un trésor inestimable. Celle aussi d’entendre de même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je (t’) envoie (cf. Jn 20,21). Et Matthieu se met en contact avec la souffrance des autres, lui qui vivait enfermé dans son monde.  

Oublier que Jésus offre à ceux qu’il rencontre un chemin de paix intérieure, c’est méconnaître l’homme qu’il est. Jésus prend soin des plaies des autres. Au moment où Lévi se voit au sommet de la souffrance, au sommet d’une situation difficile, une main tendue s’offre à lui. 

À votre contemplation. Le regard de Jésus ne fonctionne pas à partir des références habituelles. Il ne se pose pas la question de la dignité de Lévi, il lui montre qu’il a besoin de lui. Ce n’est plus la logique d’identitaire. Je me tiens avec mon semblable à moi. C’est la logique d’un agir divin qui se laisse voir dans l’agir très humain de Jésus. Jésus montre par sa compassion un « autre » Dieu qui se penche sur le manque pour le combler ; qui prend soin de la pauvreté, de la faiblesse, de la détresse, de l’imperfection, de la misère et de la souffrance des humains. Là où il y a détresse, là il y a besoin d’amour ; là où il y a besoin d’amour, là Dieu est présent. AMEN.

 

[1] Bulle sur le visage de la miséricorde # 8.

 

Évangile: 
Année: 
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Date: 
Lundi, 19 septembre, 2022

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