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2021-B-Mt 10, 24-33- samedi 14e semaine ORDINAIRE-Jésus, mentor

 

Année B : samedi de la 14e semaine ordinaire (litbo14s.21)     

Mt 10, 24-33 : Jésus, mentor sans pareil.  

Suite à un décès d’une femme de grande foi, j’entendais quelqu’un m’exprimer qu’elle était son mentor. Dans les moments difficiles de son ministère auprès des jeunes, elle s’empressait de la consulter. Cette personne était une référence, une guide pleine de sagesse, son accompagnatrice. Comme tout mentor, elle se tenait en avant d’elle. Elle lui traçait le chemin. Le sentiment de sa présence lui redonnait confiance et la relançait dans son travail d’éveil à la foi.

Elle faisait corps à corps (Cf. EG # 88) avec ses idées. Elle ressentait surtout le besoin d’une proximité réelle avec elle. Entendre sa voix la rassurait. Son mentor dégageait sérénité et confiance quoiqu’il arrive. Seulement songer à elle, lui évitait d’être à la merci de ses peurs, lui enlevait toutes ses peurs. La seule sensation de son mentor lui redonnait confiance. Un adage classique (Aristote) dit que rien n’est dans l’intelligence qui ne passe d’abord par les sens. 

C’est bien l’attitude que Jésus dégage dans le passage que nous venons d’entendre. Il se présente comme un mentor. Il engendre confiance. Il suffit que l’élève devienne comme son maître. Jésus, mentor, marche en avant, devant nous. Il nous précède en Galilée. Il se tient sur nos chemins, lui, le chemin.

Le disciple peut bien être fasciné par le projet Jésus. C’est plutôt le corps à corps avec Jésus qui le pacifie, qui l’inonde de lumière et dissipe toutes ses peurs. Il entend son mentor lui dire, c’est moi, sois sans crainte. Jésus, mentor, engendre une telle assurance qu’il dissipe tous les doutes. Pressentir sa présence, goûter sa sérénité et confiance, sa joie qu’aucune contrariété ne bouleverse, c’est devenir comme qui prend son envol sans craindre le lendemain.

Le mentor Jésus nous redit les mêmes mots qu’il adressait à Catherine de Sienne : je ne veux pas violer les droits de votre liberté, mais dès que vous le désirez, moi-même, je vous transforme en moi et je vous fais Moi. La bonne nouvelle du mentor Jésus : Je vous fait Moi. Et ce Moi n’a peur de rien. Ne craignez pas. Ce Moi ne se préoccupe pas du lendemain. Regardez les oiseaux du ciel.

L’esprit du temps n’est certainement pas l’esprit que dégage le mentor Jésus. La tentation d’un regard pessimiste sur le monde, sur l’avenir de la religion chrétienne, celle « à quoi bon » d’agir, de s’engager, celle de désespérer de voir une revitalisation de la foi souvent liée à nos yeux aux églises bien remplies, n’est pas l’esprit du mentor Jésus. 

Comme tout mentor, Jésus ne prend pas position sur les différentes manières de vivre la religion de son temps : pharisiens, publicains, zélotes, sadducéens. Il n’en favorise pas une plutôt qu’une autre. Ce n’est pas dans son esprit de dicter comment penser, agir, planifier l’avenir. Jésus ne cache rien non plus à ses disciples. Il ne leur garantit pas le succès, ne les met pas à l’abri de l’échec, de la souffrance. Le mentor qu’il est ne veut pas être mimé ni être bêtement répété.

Son rôle : offrir une parole d’encouragement. Et si c’était ça la bonne nouvelle : offrir une parole d’encouragement qui relève, fait sortir des tombeaux. Ne craignez pas. Cette parole n’est pas une parole ancienne, une parole héritage, une parole retour en arrière. C’est une parole pleine d’avenir. Le mentor Jésus est devant nous et le percevoir comme quelqu’un en arrière, c’est trahir l’Évangile, toujours en train de se réaliser parce qu’il n’existe pas encore titre un livre percutant de Dominique Collin. L’attitude respectueuse de Jésus fait entrer à fond le disciple dans l’esprit de l’Évangile qui est une manière de vivre qui rejoint tous les humains plutôt qu’une appartenance à une religion, fût-elle catholique.

La première lecture dévoile ce qu’est un mentor, un passage de nos terres d’Égypte vers le pays de Canaan. Ne lisons pas l’Évangile comme un récit du passé. Chaque page nous sort de nos torpeurs et nous guide comme tout mentor pour nous éviter de clamer une parole qui résonne comme des vieilleries du passé ou de la bondieuserie.

La question à se poser : suis-je un mentor pour ceux que je rencontre ? Nous n’avons aucune doctrine à imposer, aucun dogme, aucune recette, seulement ne pas cacher que nous avons rencontré Jésus, d’une rencontre tellement marquante qu’elle fut après coup un événement inoubliable des années après. Cette rencontre peut n’être que de quelques instants, dit Thérèse d’Avila (6e demeure), mais elle change toute une vie. Jésus ne fait que commencer à naître dans les cœurs. Notre mission de « christiens » ne fait que commencer. AMEN.

 

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Date: 
Mercredi, 30 juin, 2021

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