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2019-C-Mt 18, 1-5.10 - mercredi 26e semaine ordinaire- petit mais grand

Année C : mercredi de la 26e semaine ordinaire (Litco26me.19)     

Mt 18, 1-5.10 : l’infiniment grand dans l’infiniment petit.  

Nous sommes-nous déjà posé cette question ? Pourquoi les petits, les riens, les rejetés prennent-ils tellement de place dans l’évangile ? En leur donnant tant de place, Jésus décrit sa place. Il n’est rien, tellement petit, qu’il finira sa vie sur la croix, là où les riens, les honnis se retrouvent.

Petit. Le mot fait monter en nous les enfants en bas âges. Dans la bouche de Jésus, le mot ne fait pas allusion ni à l’âge ni à la taille, mais à ceux à qui la société ne porte que très peu d’attention.  

Ce n’est pas une question biblique importante ; en effet, dans le Dictionnaire de théologie biblique, le mot enfant ne s’y trouve pas. Paul mentionne dans ses lettres que les enfants aussi étaient parmi les écoutants de Jésus[1]. Ils sont comme les femmes des «sous-entendus» dans les textes, tant la culture patriarcale les rendait inexistants. Cette simple observation sur l’inexistence de l’enfant dans le Dictionnaire de théologie biblique en dit long sur la situation actuelle des «riens» dans la culture ecclésiale.

L’enfant est le «parent pauvre» de la bible. L’enfant n’est rien dans la bible et pourtant il est très présent dans l’environnement de Jésus. Pourquoi ? Parce qu’à bien y réfléchir, c’est l’autre nom de Jésus. C’est la place qu’il occupait aux yeux des leaders religieux et politiques de son temps. À leurs yeux, Jésus n’était rien.

De Nazareth peut-il sortir quelque chose de grand (Jn 1, 46) ? Cette question posée par Nathanaël nous place au cœur de l’aventure Jésus. Elle soulève une réalité se profilant dans toutes les époques de l’histoire : Dieu n’est rien dans l’histoire.  Quand on étudie attentivement l’agir des peuples, on doit conclure  que Dieu n’est pas une priorité. On utilise son nom. On le place haut dans la hiérarchie du pouvoir. Dans les faits, c’est pour  se promouvoir que les États utilisent son nom. On se sert de son nom pour se positionner, revendiquer de l’autorité.

Ne nous trompons pas de Dieu. Dieu choisit de ne pas se donner de l’importance pour ne pas aliéner la liberté de chacun. En sortant de lui-même pour s’incarner dans l’humain, le Dieu des chrétiens atteste qu’il ne regarde jamais personne d’en haut pour mieux nous signifier sa grandeur, mais plutôt qu’il est tombé amoureux de notre petitesse. Il s’est fait enfant dans une crèche, obéissant à ses parents, demeurant dans un lieu sans réputation, habitant une chaumière de pauvres. 

Dit autrement, en Jésus,  Dieu s’est défroqué des vêtements de puissance et de gloire. Lui, le Très-Haut, est devenu le rien et nous, le rien, nous ses disciples d’hier et d’aujourd’hui, et c’est ahurissant d’observer cela,  nous nous sommes «froqués», habillés de pouvoir, de dogmes, de moralisme, de richesse, de machisme. Si tu veux comprendre quelque chose au mystère de Jésus, abaisse-toi : fais-toi petit. Reconnais que tu n’es rien (Pape François).

 

L’infiniment petit Jésus laisse voir l’infiniment grand. Ceci est un vrai mystère ! Et c’est beau!  Un chrétien, c’est celui qui prend soin de l’infiniment petit. Un chrétien, c’est celui qui prend soin de Jésus, répétait souvent Darwin Ramos[2], un jeune Philippin de 17 ans, décédé en 2012 d'une myopathie, une maladie atrophiant petit à petit ses muscles,  que l’Église, le 29 mars dernier, vient de reconnaître comme serviteur de Dieu. Il a été un «Jésus» pour les enfants malades pour qui sa seule présence souriante redonnait joie et espérance. Il ne parlait jamais de sa maladie, mais de sa mission, observe le postulateur de sa cause.

 

À votre contemplation des questions : prenons-nous soin de Jésus comme il prend soin de nous ? Comme notre ange gardien prend soin de nous. Prenons-nous soin à l’heure d’une laïcisation qui efface tout signe religieux du paysage public de ne pas craindre de montrer notre foi ? Un chrétien, c’est quelqu’un qui prend soin de Jésus. Pas du petit Jésus de notre enfance. Du Jésus, l’infiniment grand au bout du microscope de l’infiniment petit.

Comment prendre soin de Jésus ? En prenant soin des autres. C’est à moi qui vous l’avez fait (Mt 25). En refusant toute vie en forme d’égoïsme (audience 26/6/19). AMEN.

 

[1] Cf. Ép 5.22-6.9 ; Col 3.18-4.1 ; 1 P 2.18-3.7 ; 1 Tm 2.8-15 ; 6.1-2 ; Tt 2.1-1.

 

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Date: 
octobre, 2019

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