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2019-C-Jn 11, 45-57 -samedi 5e semaine du carême- vivre dans le couloir de la mort

Année C : samedi de la 5e semaine du carême (litcc05s.19)  

Jn 11, 45-57 ; Ez 37,21-28 : vivre dans le couloir de la mort

À lire attentivement, à analyser les écrits sur Jésus, il est facile d’en déduire qu’il a parcouru son chemin parmi nous comme dans un Vendredi saint permanent. Il ne fut pas gâté par la vie. Tout lui arrivait, lui tombait dessus. Adulé et rejeté ; recherché et accusé. Jésus n’a pas vécu étendu sur un canapé doré et confortable au risque de s’endormir. Il n’a pas passé sa vie à «végéter» sur la place publique, attendant qu’on l’embauche (cf. Mt 20, 1-16). Il ne s’est pas contenté de nous offrir de belles paroles, il a laissé sa trace, une trace indélébile qu’il a payée à fort prix. 

Alors que tous les indices ne sont pas favorables, Jésus monte à Jérusalem en fredonnant ce cantique mondialement connu, amazing grace, ce grand trait d’union entre les religions, entre les peuples, cantique né d’une vie de détresse qui ne semblait jamais passée. Durant toute sa vie, et non seulement sur la croix, Jésus a vécu de cette bouleversante grâce (amazing grace) de clamer un autre pouvoir non politico-religieux, non dominateur, mais celui de donner sa vie. Et nous, sommes-nous prêts à nous dépouiller du pouvoir de domination de ce monde pour exercer le pouvoir de donner nos vies ?   

Même si toute sa vie fut une montée vers Jérusalem, même si sa vie ne fut pas drôle, Jésus n’a jamais sombré dans le désespoir. Plus tout allait mal dans sa vie, plus il chantait l’amazing grâce, plus  il priait son Père de ne pas l’abandonner, plus aussi il pressentait que son Père était là, près de lui. C’est dans le malheur que la foi prend tout son sens. Jésus a chanté l’amazing grace  toute sa vie.

Comme Église, pour ne pas tomber dans la résignation, Jésus nous indique comment vivre l’heure éprouvante que nous connaissons. Toute sa vie, Jésus a prié son Père de ne pas l’abandonner devant ce calice à boire, de l’aider à pardonner à ses persécuteurs, car ils ne savent pas ce qu’ils font (Lc 23, 34). Jésus n’a jamais désespéré de la présence de son Père à ses côtés. Et nous ?

À l’aurore de cette semaine sainte, nous devrions, je cite sœur Battista Varano, verser au moins une seule larme pour tout ce que Jésus a enduré pour nous. Tout commence, dit-elle, par une seule larme. Saint Ignace nous demande, disait le pape dans une rencontre privée avec des Jésuites en Lituanie, d’essayer de ressentir de la douleur, de pleurer pour le Christ qui souffre de la passion. Ce n’est pas du pélagianisme, non. Ignace connaissait la résistance en nous quand il s’agit de mettre dans notre cœur les souffrances des autres[1].

Dans son exhortation récente sur les jeunes, le pape pose la question : ai-je appris à pleurer (#76)… quand je vois tant de souffrance qu’on ne peut pas exprimer en parole tant cette souffrance nous gifle (#77).

Et raison de notre façon de vivre, verser cette larme n’est pas facile. Il est plus facile de verser une larme devant la mort d’un être cher que devant toute la souffrance qu’a supportée Jésus pour nous. Jésus est mort pour nous. Il a pris ce chemin pour nous. Ne perdons pas ce pour nous tout au long de cette semaine sainte.

  Tous nos malheurs et toutes nos souffrances ne sont rien à comparer aux épreuves de Jésus. Il sait, lui, ce qu’est souffrir. Il sait ce que signifie une vie passée dans le couloir de la mort. Jésus a vécu pour nous dans le couloir de la mort, ne sachant pas à quelle heure on viendrait l’exécuter. Il est habité par la seule perspective de sa mort. Il a vécu l’enfer de l’attente de nous délivrer de la mort par la sienne.

L’ultime violence à faire à un être humain est de le condamner à mort, de l’enfermer dans le couloir de la mort. Vivre dans un tel environnement est d’un inhumanisme intolérable. L’histoire humaine de Jésus se termine au terme de cette montée pascale. Et au même moment la divinisation de nos vies commence.

Nous contemplons non pas une histoire passée, mais une histoire actuelle, celle de la plus grande merveille que l’on puisse dire de Jésus : il s’est laissé enfermer dans les limites de l’homme (Origène). Nous sommes ce peuple avec ses ombres et ses lumières, ses échecs et ses victoires pour qui Jésus ouvre un chemin, sorte d’anticorps, pour ne pas nous enfermer dans la désespérance, dans la mort.  Quelqu’un nous a aimés pour vrai (Angèle de Foligno).

Plutôt que de contempler de l’extérieur le procès de Jésus, il nous est demandé, cette semaine, d’entrer dans les souffrances de Jésus pour nous.

 

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Date: 
avril, 2019

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