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2019-C-Jn 1, 43-51- samedi temps de Noël- sommes-nous des Nathanaël ?

Année C : samedi  de la férie avant l’Épiphanie (litcn01s.19) 

Jn 1, 43-51 : sommes-nous des Nathanaël ?  

Ce temps de Noël est un temps de passage de la nuit à la lumière. Pour nous indiquer comment faire ce passage, la liturgie nous propose de faire la même expérience que Nathanaël.

Comme la plupart d’entre nous, Nathanaël est un croyant ambigu, un chercheur dans l’obscurité. Sa position de maître en Israël, de grand connaisseur de l’Écriture, ne semble pas remplir le vide intérieur qu’il éprouvait. La  pratique de la loi qu’il accomplissait avec perfection ne nourrissait pas ce vide. Il vivait une nuit de foi. Une chose lui manquait : rencontrer un vrai maître. 

Au-delà de l’étonnement de se savoir connu par Jésus et qui  l’a mis sens dessus dessous, sa rencontre avec ce maître que lui recommandait son ami Philippe, viens et tu verras (v.46), le fit passer de la nuit de foi à la lumière. Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d'Israël. Sa rencontre ne fut pas simple maquillage. Elle permit à ce notable de construire sa vie sur le roc. Elle l’a conduit à cette belle et limpide profession de foi sur la double identité de Jésus : fils de Marie et Joseph et fils du Père de là-haut. Moment décisif où Nathanaël se sent touché au plus profond du cœur par Jésus. Compris, il comprend qu’il peut lui faire confiance.

 Et nous, ce matin, pouvons-nous identifier la joie de Jésus à nous rencontrer, à nous accompagner dans ce passage de la nuit à la lumière ?  Nous ne réalisons que rarement sa joie de prendre de son temps pour jaser avec nous, pour écouter nos questionnements, nous accompagner dans nos cheminements, de faire route avec nous.  La joie de Jésus d’être proche de nous, d’être avec nous n’est pas un simple maquillage de sa part, une simple politesse, qui disparait aux moindres rejets de notre part. Jésus est venu nous montrer son amour, non pas nous juger, mais nous sauver. Jésus est heureux de converser avec nous malgré nos lenteurs à nous ouvrir à lui.  Heureux  de se faire notre compagnon de route. Heureux de nous dire que nous sommes plus beaux que nous le croyions.   Chaque rencontre de Jésus nous révèle que c’est le salut qui nous rejoint; et non pas nous qui rejoignons le salut. Le salut est une personne. Une rencontre.

Noël est aussi la saison pour faire mémoire de notre joie d’avoir rencontré Jésus; de nous être laissés rencontrés par Jésus, de l’avoir laissé entrer en nous, de l’avoir laissé refaire nos cœurs, nos vies. Notre disponibilité à l'endroit de Jésus l'émerveille; comme l'ont fait  Nathanaël,  le centurion romain (cf. Mt 8, 5-11),  Moïse au buisson ardent (Ex 3, 1s); ils en sont ressortis  revigorés par son accueil.

Le pape précisait récemment qu’on peut rencontrer le Seigneur en dirigeant cette rencontre, la contrôlant aussi. On peut lui laisser aussi «diriger» la rencontre, lui laisser prendre la direction qu’il veut. Il ajoute, et c’est bien son style, s’il vous plait, baissons la garde en étant ouverts.

Noël, une rencontre. Notre société a perdu la mémoire de ce qu’est Noël. Dans une enquête récente, plus de huit répondants sur dix déploraient que Noël soit seulement une fête de cadeaux. Quelle belle piste à saisir que ce sondage pour dire à nos amis, comme le fit Philippe, nous avons trouvé le Messie […], viens, et tu verras !   

Aujourd’hui, nous sommes tellement pressés par des tâches à accomplir, des problèmes à régler que nous délaissons notre relation personnelle avec Jésus;  nous oublions que le  «je suis», «qui je suis» exprimé à Moïse signifie : je suis là, j’existe pour vous[1].  Nous ne nous rendons même plus compte de son existence. Nous ne nous souvenons plus que Jésus déborde de joie de nous voir venir vers lui, de nous laisser rencontrer par lui. Sans cette mémoire d’avoir rencontré Jésus, nos vies se bâtissent sur du sable. Sans racines, elles ressemblent à cette girouette qui tourne sans s’arrêter.

Sortir cette fête de Noël de sa forme purement extérieure est impérieux pour éviter qu’elle dégénère dans la mesquinerie (EG, no 83). Prenons le temps de reprendre l’évangile pour y lire les nombreuses rencontres de Jésus avec toute sorte de monde, le possédé, l’aveugle, le lépreux, le publicain Zachée, le pharisien Paul, la femme adultère et voyons comment il les accueille. Nous en trouverons sans doute une qui ressemble à la nôtre.

Laissons maintenant Jésus nous rencontrer dans cette eucharistie. AMEN.

 

 

[1] https://fr.zenit.org/articles/avent-dieu-est-et-cela-suffit/  première causerie, Avent 2018, du Père Cantalamassa

 

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Date: 
Mardi, 1 janvier, 2019

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