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2018-B-Mc 11, 27-33 -samedi 8e semaine ordinaire - autorité qui fait grandir

Année B: Samedi de la 8e semaine ordinaire (litbo08s.15)   

Marc 11, 27-33 : une autorité qui fait grandir   

Jésus impressionne non pas en imposant, mais en s’exposant. Jésus n’est pas un législateur, mais un modèle. Marc nous met en présence de deux systèmes de pensée. Jésus rejette ce système de pensée où tout est blanc ou noir qui caractérisait les gardiens du temple. Si nous disons du ciel […] si nous disons des hommes. Pour les docteurs de la loi, tout est clair, prédéterminé d’avance. Ce qui a été écrit ou dit l’est pour toujours.  Ils interrogent Jésus sur son droit d’agir autrement. 

Jésus ne donne aucune réponse sur qui lui a donné ce droit d’agir comme personne auparavant ne l’a fait. Il conteste l’illusion de leur toute-puissance, l’illusion de leur «mieux savoir», de leur «mieux accomplissement», l’illusion de leur suprématie, de leur autorité sur les autres.

Ceux qui détiennent une quelconque autorité tombent souvent dans ce piège de l’illusion de pouvoir tout contrôler. Cela entrave leur autorité, l’affaiblit même parce qu’elle détruit toute relation vraie avec l’autre. Jésus refuse la tentation gnostique favorisant une superficialité vaniteuse […] où la profondeur de la pensée ne se meut ni s’émeut (GE, no 37). Ce qui impressionne chez Jésus, c’est qu’il n’est aucunement préoccupé de sa réputation (cf. Ph 2, 8).  De ce que les autres pensent de lui.

La force de Jésus repose sur sa capacité de désillusionner ses interlocuteurs. Il préfère une autorité qui crée  des espaces qui font grandir[1]. Son autorité n’est pas un ajout à ce qu’il est. Elle vient du tréfonds de l’humain qu’il est. C’est en tenant compte à la fois de la vie réelle, personnelle et sociale que Jésus offre une parole qui fait du bien. Une parole qui évangélise les cœurs. Toute autre manière d’agir est une déformation de l’autorité.

Ce qui choque et soulève de vives oppositions, c’est un Jésus qui vit et parle, les yeux ouverts, et non à partir d’un siège d’un tribun ou d'un universitaire. Il se démarque des scribes, ces connaisseurs de la loi, par son souci de rejoindre chaque personne et tout l’humain aussi. Ce qu’il dit touche les cœurs, fait sens. Il porte attention à chaque situation tant personnelle que sociale. Sa bonne nouvelle ne se transmet pas dans des formules déterminées, figées ou avec des paroles précises qui expriment un contenu absolument invariable (cf. Joie de l’évangile, no 129). Jésus s’exprime simplement et avec un gros bon sens. Cela fait autorité.

Au temps de Jésus, la miséricorde est dans la loi, mais elle passe sous silence par les leaders spirituels. Jésus la «ressuscite» en offrant une parole vivante (cf. He 4, 12) qui fait sortir des tombeaux (cf. Jn 11,43). Il ouvre à la vie des cœurs enfermés, écrasés. Sa voix entendue par l’intérieur, par le cœur, fait revivre et dégage une douce fraicheur parce qu'elle résonne comme authentique, vraie. Jésus ne pense pas loi. Il priorise la personne devant lui.

Saint Vincent de Paul écrit : je ne suis pas de l’avis d’une personne qui me disait que pour maintenir son autorité, il fallait prouver que l’on était supérieur. Jésus ne dégage aucun désir de supériorité parce que sa proximité avec les gens de la rue est évidente. Il n’est pas tendre envers les personnes qui écrasent les autres au nom de leur responsabilité.

À votre contemplation : l’autorité de Jésus, aujourd’hui encore, ici encore, si loin pourtant, si longtemps après lui, nous la ressentons. Jésus nous parle, il nous enseigne. Et même si nous ne l’entendons pas en direct, nous l’entendons en notre cœur, au point le plus intime qui soit. Sa parole fait vibrer en nous quelque chose parce que nous savons qu’il dit vrai. Comme la sienne, notre parole peut faire vibrer à notre insu souvent ceux et celles qui nous écoutent parce qu’elle dégage un espace qui fait grandir l’autre. Que l'Esprit de Jésus nous communique ce type d'autorité ! AMEN.

 

[1]  Ambrogetti et Rubin, Je crois en l’homme : conversations avec Jorge Bergoglio, Flammarion, 2013, p. 67

 

 

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Date: 
mai, 2018

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