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2018-B-Lc 18, 9-14- samedi 3e semaine carême : être avec Dieu ou être avec soi

Année B: samedi de la 3e semaine du carême (litbc03s.18)

Luc 18, 9-14 : affrontement brutal : être avec Dieu ou avec soi

Une certitude, on ne peut pas tricher avec Dieu. Il est essentiel de ne pas se présenter en vertueux; ici, on  s’efforce de ne pas tricher avec les us et coutumes de la communauté. L’essentiel n’est pas de se sentir coupable ou indigne non plus. Il est essentiel de nous demander : quel regard portons-nous sur Dieu ? 

Le pharisien et le publicain sont venus tous les deux au temple pour prier.  Nous sommes, ici, dans cette église abbatiale pour prier. Autant le pharisien, le publicain que nous, nous nous adressons à Dieu. Mon Dieu, je te rends grâce, dit le premier. Mon Dieu, montre-toi favorable, dit le second. Mon Dieu, je suis ici pour te prier, pouvons-nous dire.

Mais une question surgit à l’écoute de la prière du pharisien, du publicain et de la nôtre. Qui est Dieu pour le pharisien ? Qui est Dieu pour le publicain ? Qui est le Dieu que nous prions ? Nos réponses dessineront nos manières de nous tenir devant Dieu, devant ce quelqu’un, ce vivant, ce souffle ou tout autre nom qu’on peut lui donner.

Cette parabole appelle à se débarrasser de nos fausses images de Dieu, de nos fausses croyances qui dorment encore dans nos mémoires. Elle appelle à démaquiller notre foi en ce Dieu. À démaquiller nos manières de prier aussi. Démaquiller nos images de Dieu et nos manières de nous adresser à ce «Je suis»  de nos vies est  un chantier considérable, toujours inachevé. Se démaquiller est  un chemin pour aller vers lui avec des chants de joie.

Le pharisien n’est aucunement en relation avec Dieu. Il se gonfle d’orgueil de réussir à pratiquer la loi. Le publicain est découragé et glisse vers la désespérance. Il se vante de son humilité et cela le paralyse. L’un se vante de ce qu’il fait et l’autre de ce qu’il est. Celui qui attend quelque  chose de soi ne sait pas prier. Celui qui désespère de vraiment prier, ne sait pas qui est ce Dieu qu’il prie. Quelle tristesse  de défigurer ainsi ces instants passés devant Dieu et de ne pas ressentir la joie d’être regardé sans maquillage, d’être des serviteurs inutiles (Lc 17, 10). 

Dans la prière, la seule attitude envisageable est de se demander si notre cœur est avec Dieu, et non pas de se présenter comme un pauvre type ou un parfait obéissant de la loi. Et ce Dieu est-il un Dieu hautain, lointain qui n’entre pas en nos cœurs quand nos vies sont peu évangéliques ? Si Dieu n’entre pas dans nos cœurs, toute manière de prier reste stérile.

Il s’agit de toute autre chose que de penser à Dieu. Il s’agit d’être avec Dieu. La prière ouvre sur un  affrontement brutal : être avec Dieu ou être avec soi (Gui Lauraire). Cela risque de faire sursauter nos oreilles. Mais croyez-moi, dit Jean Crasset, un grand pédagogue de la vie intérieure, vous travaillez pour vous quand vous travaillez pour Dieu ; vous faites tout pour vous, quand vous faites tout pour Dieu (cf. Jean Crasset, oraison no 224).  Point.

Le pharisien et le publicain développent dans leur prière la spiritualité du miroir (Pape François). Ni se voir impeccable, endimanché comme l’ainé de l’évangile du père prodigue, ni se voir que misérable, fragile – Jésus ne le sait que trop !- pour  laisser le «Je suis» me regarder à nu. Sans mur protectionniste. Cela s’appelle le radicalisme évangélique. Dit autrement, le vrai priant se permet une pause-santé de soi. Bienfaisant n’est-ce pas ? Quelle joie que de vibrer à une présence, à une Parole plutôt qu’à nous-mêmes !

À votre contemplation. Cette parabole met en lumière, dans le cœur du vrai priant, son imperfection martyrisante, celle de se voir si fort éloigné de Dieu.  Ne réduisons pas notre prière à nos manières de nous tenir devant Dieu. Ayons cette foi de reconnaître que c’est par la grâce de Dieu que nous sommes ce que nous sommes (cf. 1 Co 15, 10). Que tout est grâce. Ne soyons pas des recroquevillés sur nous-mêmes. Vibrons, comme Marie, à une Parole, une présence, alors que sa prière la sort d’elle-même et dégage une perception de foi très forte; ainsi  sa vie, sa manière d’être, attire Dieu à la regarder. AMEN.

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Date: 
février, 2018

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