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2018-B-Lc 13,1-9- samedi 29e semaine ordinaire- Jésus n'a pas dit

Année B : samedi de la 29e semaine ordinaire (litbo29s.18)   

Lc 13,1-9 ; Ep 4,7-16 Ps 121,1-5 : Jésus n’a pas dit…   

Nous nous souvenons des attentats de Paris de janvier 2015, de ceux du 11 septembre 2011 et de tant d’autres qui hantent encore nos mémoires. Cette scène de l’évangile ressemble à celles dont nos mémoires sont remplies. Le tragique ne doit pas détourner notre regard pour ne plus voir le souffle de vie qui n’est pas tuable et que nous prêchons. 

Mais contrairement à nos regards remplis d’angoisse, celui de Jésus invite à autre chose que désolation et panique. Partout dans l’évangile, devant des scènes de malades venant à lui, devant cette foule le cherchant pour avoir  été nourrie dans le désert (cf. Jn 6, 1-11), en présence de ceux qui le poursuivent parce qu’il leur change la religion, les témoins rapportent un autre regard de Jésus, regard qui contraste, étonne et fascine à la fois. Jésus voit autre chose que nous.

Jésus ne dit pas : ils l’ont bien mérité !  Il dit : pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! (Lc 13, 2-3).

Sur la croix, scène plus horrible que celle dont nous sommes témoins, Jésus ne dit pas : tout est pardonné. Il dit : tout est accompli (Jn 19, 30). Il ne dit pas : tout est pardonnable. Il dit : tout péché, tout blasphème, sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera pas pardonné (Mt 12, 31).

Jésus ne rit pas de l’offense que l’on inflige aux autres ou à sa personne, il dit : père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font (Lc 23, 37). Jésus n’accuse jamais. Il ne dit pas : c’est la faute de ses parents comme pour l’aveugle-né (Jn 9,2). Il dit : pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés (Lc 11, 4).

Devant cette spirale de violence contre lui, Jésus ne s’offusque pas en la déplorant. Déplorer ne change pas la réalité; il dit : mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? (Mt 27,46), puis il ajoute : père, en tes mains, je remets mon esprit (Lc 23, 46).

Nulle part dans l’évangile, Jésus n’appelle à la vengeance. Il fait une demande : pardonner jusqu’à soixante-dix fois sept fois (Mt 18, 22). Nulle part, il ne souhaite que la riposte soit terrible. Il élève le regard en appelant à  souhaiter du bien à ceux qui vous maudissent;  priez pour ceux qui vous calomnient  (Lc 6, 27-28).

Jésus voit toujours en celui ou celle qu’il rencontre un lieu d’espérance, une promesse vivante, un extraordinaire possible, un être appelé, par-delà ses limites, ses failles, et ses crimes, à un avenir tout neuf. Il lui arrive même d’y discerner quelque merveille secrète dont la contemplation le plonge dans l’Action de grâce ! 

Au sortir de ses trente années à l’écart, Jésus ne prend pas la parole pour déclarer : écoutez-moi, je suis la vérité. Modestement, il reprend le relais de Jean-Baptiste. Il invite la foule à changer de regard. Il sort parce qu’il pressent qu’il y a urgence, que le monde est en attente d’un changement de regard. Son sens du devoir d’agir, de sa responsabilité sociale, le pousse à reprendre le collier de Jean-Baptiste.

Ce collier a un visage que Luc présente sous l’image de ces Galiléens. Le temps est venu de cesser d’accuser les autres plutôt que de s’accuser soi-même. Jésus refuse que ce soit parce que ses parents ont péché qu’il soit aveugle (Jn 9, 2).  Son regard est libérateur. Ce Jésus s’est donné un seul but dans sa courte vie : nous délivrer d’une vie écrasée par toutes sortes de jugement sur nous. Il sait passer sur la révolte de nos cœurs, s’obstine à nous voir dans notre beauté originelle jusqu’à ce que lui-même soit formé en nous (Ga 4, 19).  

Aujourd’hui retentit cet appel à changer nos regards, nos jugements, à dénoncer ces voix qui reprochent  à Dieu son silence. Nous avons besoin de crieurs, de prophètes, de dénonciateurs de fausses nouvelles, de paradis fiscaux. Ne nous laissons pas balloter et emporter à tout vent au gré de l’imposture des hommes et de leur astuce. AMEN.

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Date: 
octobre, 2018

Commentaires

Votre commentaire: 

Bonjour, votre texte dit:
Jésus voit toujours en celui ou celle qu’il rencontre un lieu d’espérance, une promesse vivante, un extraordinaire possible, un être appelé, par-delà ses limites, ses failles, et ses crimes, à un avenir tout neuf. Il lui arrive même d’y discerner quelque merveille secrète dont la contemplation le plonge dans l’Action de grâce !
Comment développer ce regard... de voir ainsi humain humaine ... comment développer ce regard qui relève, qui ouvert les prisons de notre jugement,. Je vais méditer là dessus

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