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2017-A-Jn 6, 30-35 -mardi 3e semaine de Pâques-soyons des hôpitaux de campagne

Année A : mardi de la 3e semaine Pâques  (Litap03m.17)

Jean 6, 30-35 : soyons des hôpitaux de campagne

Il est impossible de comprendre le signe de la plus belle œuvre de Jésus (Jean de la Croix) qu'est le pain de vie, sans que, comme l'exprime Saint Paul, l'esprit de Dieu, qui a ressuscité Jésus d'entre les morts, habite en nous (Rm 8, 11). Sans cet Esprit  nous serions, pour citer le prophète Ézéchiel, des ossements desséchés (Ez 37, 4). 

Il ne s'agit pas seulement d'affirmer que moi, je suis le pain de vie, déclaration toujours étonnante, voire inacceptable, à toute raison humaine, nous vient de l'Esprit de Dieu en nous. Il faut que nous soyons nous-mêmes dans l'Esprit de Dieu pour attester cela. Plus que parler « de » l’Esprit saint [...] il faut parler « dans » l’Esprit saint, avec tout ce que ce simple changement de préposition comporte, disait le Père Cantalamessa dans l'une des méditations du carême à la curie romaine en mars dernier (31/03/17).

Ce pain, né d'un geste historique, incontestable, au soir de son arrivée à Gethsémani, est un geste-signe dont nous sommes incapables, avec nos mots humains, d'en définir le contour. D'en goûter la profondeur. C'est seulement dans l'Esprit de Dieu que nous pouvons «goûter» Jésus dans ce pain. Aujourd'hui, faire goûter ce pain est une entreprise colossale tant nous bavardons sur ce pain plutôt que d'offrir une «parole réelle», une «parole-vie», une parole qui pèse et qui porte.  Ce pain nous est parvenu parce que les disciples, avec une foi inattaquable, se sont tenus dans l'Esprit de Jésus.

Si la liturgie nous fait entendre ce chapitre six de saint Jean durant ce temps pascal, c'est pour introduire nos vies dans l'Esprit de Jésus.  Quel est l'impact de cet esprit de Jésus que nous donne ce pain? Voyons notre identité transformée jusqu'à mener une vie de solidarité et de communion avec les autres. Ce pain nous fait «être avec», nous fait hôpital de campagne, capables de panser les blessures plutôt que de vivre retranchés dans des enclaves sécurisantes. Ce pain ne nous permet pas de nous cacher derrière le «moi, moi, moi», ni de nous perdre dans l'anonyme «on» pour rester inactif.

Au tombeau, Marie-Madeleine cherchait celui qu'elle aimait et Jésus lui a dit : Marie. C'était un mot-présence débordant de tendresse. Pain, nous dit Jésus aujourd'hui. Mot bref, très fort, indiquant une présence, la sienne, confirmant qu'il est de notre côté, de notre bord, mot engageant la tendresse de Dieu à notre endroit.

Personne ne devrait manger ce pain, cet «Ave verum», ce salut, vrai pain, comme le chante un hymne liturgique, puis retourner à la maison sans se sentir engendré par la résurrection de Jésus Christ pour une vivante espérance (1 Pi 1, 3). Le plus grand danger des chrétiens est l'accoutumance à ce Dieu, vrai pain, ce Dieu «Ave verum», ce Dieu-avec-nous. 

Notre monde a besoin de ce pain, «inventé» par Dieu, pour être à jamais ce Dieu-avec-nous, ce Dieu toujours de notre côté, qui fait Pâques, transforme, ressuscite. Loin de nous réduire à une vie «entre-nous», ce pain est une rampe de lancement sur une aventure qui nous fait vivre autrement notre quotidien.

Soyons ce pain et nous serons de vrais «hôpitaux de compagne». C'est plus puissant que de nous inquiéter  de la perte de foi, de la perte de la mémoire de Jésus. Il nous fait et fait «goûter» en acte ce Jésus en qui nous proclamons notre foi quand nous agissons dans l'esprit de ce pain. Dans l'Esprit de Jésus.   

 C’est néfaste de manger ce pain comme un geste ponctuel, voire quotidien, sans que nos vies ressuscitent. Ce pain est résurrection quand il fait fondre nos égoïsmes. Il est une nourriture saine qui nous motive de nous engager, dans l'esprit de Jésus, les uns envers les autres.

N'ayons pas la nuque raide, ni le cœur et les oreilles fermés, ne résistons pas à l'Esprit [...] Fixons le ciel, ce pain,  du regard et nous verrons la gloire de Dieu (Ac 7, 51, 55). Amen.

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Date: 
avril, 2017

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