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2017-A-Jn 15, 18-21- samedi 5e semaine de Pâques- faire vibrer le mot paix

Année A : samedi de la 5e semaine de Pâques (litbp05s.17)

Jean 15, 18-21 : faire vibrer le mot paix entre nous

Si le monde a de la haine contre vous. Si l'on regarde le meurtre gratuit du Père Hamel, si l'on observe ces chrétiens exécutés au nom de leur foi, si l'on s'arrête à faire la liste des martyrs de la foi depuis le commencement de ce millénaire, une évidence se dégage: la foi, quand elle se transmet avant tout avec la vie et parle le langage de l'amour gratuit et concret (François en Égypte, le 28 avril, en présence du pape Tawadros II), soulève antipathie et haine gratuite.

Parler de Jésus n’est pas un risque, même si cela peut soulever de l'incrédulité, de la moquerie, de la raillerie, du mépris, même du harcèlement. Quand ma vie, c'est Jésus, voilà ce qui est plus risqué, très risqué, pour citer le père Simoni, o.f.m.; il a passé trente ans de sa vie, sous le régime communiste, condamné aux travaux forcés et à la mort ; le pape l’a fait cardinal à l'âge de 88 ans, en novembre dernier.

Parler comme personne n'a jamais parlé (Jn 7, 46) est plus risqué. C'est tendre de toutes nos forces à faire vibrer le mot fraternité, un mot plein de gros bon sens humain. Mot dangereux parce qu'il élimine la suprématie du moi. En ces temps obscurs et troublants, ce mot dangereux doit s'arrimer à notre vie. Si notre vie n'est pas tout orientée vers l'arrivée d'une vie ensemble en harmonie, fraternelle, entre culture, religion, peuple, nous ne sommes pas «dangereux». Nous ne sommes pas chrétiens non plus parce que nous appartiendrons au monde.

À la fin de son homélie au Caire, le pape François à des mots très forts quand il dit que  ça ne vaut pas la peine de prier si notre prière adressée à Dieu ne se transforme pas en amour du frère. L'histoire, a-t-il déclaré dans son discours d'accueil en Égypte (28/4/17), ne pardonne pas à ceux qui proclament la justice et pratiquent l'injustice, qui parlent d'égalité et rejettent l'autre qui est différent de lui.  

Jésus soulève la haine contre lui parce qu'il est un homme «dangereux» et qu'il fait espérer dans les cœurs, un monde radicalement nouveau. Parce qu'il ne respecte pas la lettre de la loi pour privilégier la miséricorde,  parce qu'il «travaille » le jour du Shabbat, qu'il critique les bien-pensants, on l'accuse d'être un ivrogne et un glouton (Mt 11,19). Quand il ébranle par ses attitudes, les détenteurs du savoir, des gens sérieux, mais prônant l'exclusion, qu'il s'oppose à l'hégémonie du pouvoir, Jésus devient le seul anarchiste qui ait réussi (A. Malraux)

Il est dangereux, montré du doigt, dérangeant, celui qui vit de et dans l'esprit de cette terre neuve, refusant de donner souffle et longue vie aux drames insupportables, aux souffrances inouïes, aux catastrophes vues sur nos écrans et inimaginables pour l’humanité.

Ce matin, comme antidote aux rivalités de toutes sortes, même celles  d'ici qui sont subtiles, faisons la promotion d'un autre extrémisme, celui de la charité. C'est l'unique extrémisme acceptable pour les croyants (homélie du Caire, 29/4/17). Pour nous dire que la foi nous rend humains, miséricordieux, révolutionnaires d'une terre fraternelle, l'évangile traduit cela ainsi : vous n'appartenez pas à ce monde puisque je vous ai choisi en vous prenant dans le monde (Jn 15, 19). L'esprit du monde n'est pas celui de l'évangile.

La vision qui a fait bouger Paul pour l'envoyer en terre étrangère, en Macédoine, doit aussi nous faire tenir debout. Une pierre nommée Jésus a été rejetée,  et elle est le fondement de toute notre vie.  Et nous aussi, petits cailloux par terre, sur cette terre de douleur, de tragédies, avec la foi dans le Christ ressuscité, nous avons un sens, au milieu de tant de catastrophes. Nous pouvons voir au-delà, et dire: regarde, il n’y a pas de mur, il y a l’horizon, il y a la vie, il y a la joie, il y a la croix avec cette ambivalence. Regarde en avant, ne te referme pas! Toi, petit caillou, tu as un sens dans la vie, parce que tu es un petit caillou près de ce grand rocher, cette pierre qui a été rejetée par la méchanceté du péché (Homélie pascale du pape François). AMEN.

 

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Date: 
mai, 2017

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