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2016-A-Lc 1, 67-79 - samedi 4e semaine Avent - Benedictus :Une parole à entendre

Année A: samedi  de la 4e semaine Avent (litaa04s.16)
Luc 1, 67-79 : Noël, une Parole à entendre. (Veille de Noël)

Dire quoi au juste ce soir ? Honnêtement, les participants aux célébrations ce soir, sont des non-initiés aux rites liturgiques. À la Parole aussi. Pour eux, le signe de la crèche est un conte provenant d’un passé folklorique. Il est loin d’être signifiant dans une société qui s’emprisonne dans la possession. Comment dire Noël, si  les héritiers ne sont même pas conscients de l’existence d’un testament conférant un héritage, et encore moins intéressés par son contenu ?  À quoi sert, se demandait le pape Paul VI, de dire ce qui est vrai, si les hommes de notre temps ne nous comprennent pas ?

Quoi transmettre au juste ? Ce n’est pas en énumérant les articles du catéchisme. Ce n’est pas à partir des sacrements qui ont presque complètement disparu ou qui ne signifient plus rien. Que nous reste-t-il pour dire Noël ? La liturgie de ce matin en indique un chemin : partir de la Parole d’un Dieu qui visite son peuple, partir de cette parole qui subsiste au-delà des Églises, au-delà des prêches, au-delà des religions, au-delà des modes sociologiques, au-delà de notre désintérêt actuel.

Il n’y a que la Parole-visite toujours vivante qui puisse défier le temps, nos manières de vivre. Elle seule   peut dire Noël. Il n’y a que la Parole-visite qui puisse encore parler aux humains, à sa manière très déroutante, en utilisant notre parole de chaque jour. Au commencement était la Parole. Comme il est beau de voir la Parole-visite utiliser nos paroles pour éviter de nous parler dans un langage inaudible. Dans les mots du poète Mac Leod (Habiter les mots, Solem, 2016), elle sème en nous des mots qui te disent. Il ajoute et c’est très beau : La Parole rejoindra notre semblable à ce même niveau de conscience où nous nous situons [...] face à elle.

Cette Parole-visite n’est pas à rechercher sur les hauteurs, dans les cathédrales et dans les spectacles à grande échelle. Elle est d’abord un murmure, un souffle léger, une proximité palpitante, infime comme le battement d’un cœur d’oiseau réfugié entre nos mains. Elle palpite au plus intime, au plus profond de mon être. Elle bat au rythme de mon sang. Cette parole sans fond, sans rive, c’est en l’entendant, en l’écoutant et en la contemplant qu’on entre dans son mystère. Plus nous sommes dedans, plus nous en sortons pour la dire. La joie de rencontrer Jésus est missionnaire (EG, no 21).

L’urgence, ce soir, n’est pas que nos églises soient remplies, que les célébrations soient bien faites, que la prédication touche les cœurs, même si cela est bon. L’urgence, c’est  d’entendre une voix nous dire: Dieu a visité son peuple. Je veux habiter chez toi. Je viens faire chez toi ma demeure.  Ignorer cette parole-visite, c’est ignorer le Christ (saint Jérôme).

Dieu a des façons plurielles de nous faire entendre sa Parole. Mais sachons qu’une relation amoureuse avec elle en est le premier signe. Cette relation ne se «transmet» pas, elle peut seulement se désirer. Personne ne peut contrôler, donner, garantir aux autres cette relation. Elle se laisse découvrir. Elle se vit sans autre mérite que l’émerveillement. Qui est capable de comprendre qu’un Dieu par sa Parole-visite souhaite entrer en contact personnalisé avec chacun de nous ?

En ouvrant la joie de l’évangile, le pape François écrit: j’exhorte tous les fidèles à refaire l’expérience de la ren-contre personnelle et communautaire avec le Christ, Verbe de Vie qui s’est rendu visible, et à s’en faire les mes-sagers pour que le don de la vie divine, la communion, s’étende toujours davantage dans le monde entier (no 3). 

Béni, soit le Seigneur qui visite son peuple, qui fait surgir une force qui nous sauve (Lc 1, 70). Contemplons, ce soir, l’acte ultime par lequel Dieu vient à notre rencontre (Visage de miséricorde, no 2). Goûtons ces mots de saint Bernard: au mouvement de mon cœur, j’ai compris que le Verbe était là.

Prions pour que Dieu rende sa parole audible et agissante, pour ceux qui se questionnent et manifestent un certain intérêt pour Dieu pour qu'ils puissent rencontrer la Parole et se mettre à son écoute.  Amen.
 

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Date: 
décembre, 2016

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