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2014-A- Jn 6, 60-69-samedi 3e semaine pascale - manger sa chair- incroyable

Année A: Samedi 3e semaine de Pâques (litap03s.14)

Jean 6 60-69 : manger sa chair- incroyable

  Le Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité. Voilà bien le cri quotidien de la liturgie depuis Pâques. Mais où le Vivant se laisse-t-il pressentir ? Où se laisse-t-il toucher ? Se laisse-t-il-voir ? Jean-Paul II répond pour l'Église dans son encyclique sur l'eucharistie (Mane nobiscum Domine, #19): dans l'hospitalité que nous lui offrons. Aux disciples d'Emmaüs qui demandaient à Jésus de rester « avec » eux, ce dernier a répondu par un don beaucoup plus grand : il a trouvé le moyen de demeurer « en » eux par le sacrement de l'eucharistie. Jésus a trouvé le moyen de poursuivre par eux sa visibilité dans l'histoire.    

Mais ce qui risque d'être trop dur à entendre, d'être inacceptable, ce n'est pas tant de donner l'hospitalité à Dieu en l'accueillant en nous. Ce que les auditeurs de Jésus ont très bien compris, mais nous y portons moins attention, c'est qu'en recevant ce pain, nous devenons, nous avec nos misères misérables, pain de vie jusqu'à nous transformer en Lui. Jusqu'à devenir Lui. C'était trop demander pour les auditeurs de Jésus. Ne plus exister pour lui laisser toute la place, c'était même trop beau à entendre.

Ce pain fait plus que de nous nourrir, il nous ressuscite; il nous fait Vivant comme Lui.  Qui mange de ce pain, vivra. Il sera un Vivant, un« sorteux» comme Jésus. Jésus nous a dit cela avant d'entrer dans sa passion. Il voulait ainsi nous en montrer le chemin. Celui de sortir de nos vies sans sens, de nous dévêtir de nous-mêmes pour nous habiller de Lui. Ce pain nous fait des incarnations de Jésus aujourd'hui. L'œil ne peut voir cela. L'oreille ne peut entendre cela. Cette réalité de foi n'est pas venue non plus du cœur de l'homme (cf. 2 Co 6, 13-14). Cette lumière pascale, mieux cette étincelle pascale, peut vaciller par des vents contraires, elle ne s'éteindra jamais. L'aspect le plus sublime de la condition humaine, [c'est] la vocation à la communion (GS 19, 1). Nous avons vocation à sortir vers les autres. C'est notre être profond d'être.

Voilà une œuvre plus belle encore, nous sommes ce pain de vie. Par nous et grâce à nous, Jésus demeure nourriture. Peut-être que cette réalité, qui était trop dure hier, l'est encore plus aujourd'hui alors que nous voulons nous en éloigner nous aussi ! Peut-être que c'est intolérable [et] qu'on ne peut pas continuer à écouter cela ! Peut-être que certains sont tentés de refuser ce testament, ce trésor testamentaire sans prix, parce que trop engageant ! Peut-être que nos cœurs sont-ils trop étroits pour recevoir ce que Jésus nous offre, pour rejoindre tous ces marcheurs d'Emmaüs déçus par des  chrétiens trop peu nourrissants.  

Question: si aujourd'hui le Vivant de Pâques est si peu nourriture, si peu visible à notre monde, serait-ce parce que nos yeux ne sont pas complètement ouverts à l'impact que toute communion à son pain nous fait pain de vie ?  Des «sorteux» nourrissants ? Ne serait-ce pas, s'interrogeait le cardinal Newman, et c'est un regard rafraichissant à porter sur l'absentéisme aux eucharisties, que la vraie raison pour laquelle on ne veut pas venir à l’Eucharistie [ c'est qu'] on ne désire pas mener une vie chrétienne et on se doute que ce sacrement y oblige.

Le pape François dans sa catéchèse récente sur l'eucharistie insistait pour nous réveiller à cette réalité. Le premier indice qui nous permet de comprendre si nous vivons bien l'eucharistie est dans notre manière de regarder et considérer l'autre. L'eucharistie n'est pas une parenthèse qui ne transformerait pas notre vie. Nous   allons à la messe parce que nous voulons agir comme Jésus à l'endroit des plus nécessiteux.

Ce pain de vie oblige. Nous y entraîne aussi. Odette Mainville, femme croyante et engagée de chez nous, écrivait avec lucidité : Alors que Jésus a demandé de s’engager, on l’a adoré. C’est beaucoup moins contraignant (Le repas aujourd’hui… en mémoire de Lui, Fides – Médiaspaul, 2003, p.51). Nous contenter du service par en haut, l'adoration, sans le service par en bas, figuré dans le lavement des pieds, c'est un outrage testamentaire.  La vocation chrétienne consiste à être véritablement pain rompu, disait le pape Benoît. 

À votre contemplation, je nous dis ces mots d'un père de l'Église naissante, Clément d'Alexandrie (150-215) : Reçois le Christ, reçois la capacité de voir, devenons des disciples du Seigneur. Que ce Pain de vie éternelle, rompu et distribué, nous donne de nous tenir en périphérie pour réchauffer les cœurs des affamés d'un Pain   nourrissant. AMEN.

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Jeudi, 1 mai, 2014

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