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2014-B- Jn 21, 20-24- Samedi octave Noël- saint Jean, l'écrivain de l'Incarnation

Année B: Samedi octave de NOEL  (litbno00s.14)

Jean 21, 20-24 : saint Jean, l'écrivain de l'Incarnation

Si nous avions vraiment la foi dans le mystère de l’Incarnation, disait une musulmane, médecin convertie au christianisme, nous en aurions le vertige !  En ce surlendemain de Noël, si nous entrons dans les mots de Jean de la première lecture, nous aussi, nous aurions le vertige.

 Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous (Jn 1, 14). La Vie s'est manifestée. Y-a-t-il plus vertigineuse annonce que celle-là ? Plus choquant que cela ? Désormais la Vie, c'est-à-dire Dieu lui-même, peut être rejointe, vue, touchée. Un psaume (77, 25) ajoute que l'homme a mangé le pain des anges. Tout le christianisme se retrouve dans ces premiers mots de l'évangéliste Jean. Quelle merveilleuse façon de se montrer, mais aussi quelle redoutable façon de se cacher ! Désormais, l'homme=Dieu, pour citer Maurice Zundel. Tout ce que vous ferez ici-bas au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le ferez (Mt 25, 31).

L'écrivain de l'Incarnation qu'est l'évangéliste Jean nous offre des paroles, et le mot n'est pas trop fort, choquantes, scandaleuses. Dans sa lettre de Noël, votre frère Michael Perry, ofm, confirme cela quand il écrit du degré le plus élevé de divinité, le Verbe, Fils aimé, s'humilie pour assumer la chair de notre humanité et fragilité....N'est-ce pas scandaleux? Il s'est courbé (saint Bonaventure), il a baissé les yeux (Zundel) pour nous éviter de nous écraser devant sa grandeur.  Ayant vu que sa grandeur provoquait chez l'homme une résistance... Dieu a choisi une voie nouvelle. Il est devenu enfant. Il s'est rendu faible, nécessiteux de notre amour. Aujourd'hui, vous ne pouvez plus avoir peur de moi, désormais vous pouvez seulement m'aimer (Guillaume de Saint Thierry)

Des questions surgissent, aujourd'hui, deux millénaires plus tard, comment nous préparer à poser notre regard sur une telle merveille, sur un tel anéantissement ?  Comment réussir à fixer notre attention sur ce frère mineur, ce moins que les autres ?  Comment laisser entrer dans nos profondeurs cette joie que nous apporte cet enfant qui est aussi un Dieu ? 

Un chemin de réponse se trouve dans la lettre Réjouissez-vous : La fraternité est le premier évangile et le plus crédible que nous puissions raconter... le monastère est une famille, non un purgatoire.  Une fraternité sans joie est une fraternité qui s'éteint. Également la lettre de votre frère Michael Perry appelle à vivre une authentique fraternité. De communion, pour citer l'évangéliste Jean. Il nous faut garder le cap d'une joie authentique au milieu des ombres, des tribulations (2 Co 7, 4), répète sans cesse le pape François.

Avoir des yeux pour voir que fraternité et joie sont des chemins connexes qui confirment que malgré les défis (la lettre mentionne la qualité des relations, l'isolement, travail excessif pour éviter une vie fraternelle authentique) la lumière de l'incarnation continue à resplendir. Prendre ce chemin de fraternité et de joie, c'est ne pas connaître la mort. Le bruit a couru qu'il ne mourrait pas.

 C'est par ce chemin de la fraternité et de la joie que nous incarnons Noël. Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres  (Jn 13, 35). Ce chemin donne du vertige tant il élève très haut la marche pour vivre une authentique vie évangélique. Un chrétien qui oublie les autres est un chrétien malade. Un chrétien seul est un chrétien en danger (Jean -Marie Élie Setbon, de la Kippa à la croix, conversion d'un Juif au catholicisme, Salvator, 2013, p.188).

En s'adressant à la Curie la veille de Noël, dans une allocution qui donne vertige, le pape énumérait une liste de quinze maladies qui affecte l'incarnation de Jésus : rivalité, jalousie, gloire, couleur des vêtements, se sentir indispensable, bavardage, commérage, l'indifférence aux autres, accumulation de biens, tout cela empêche les membres à ne plus coopérer et ne plus vivent l'esprit de communion.  

Nous ne voulons pas connaître la mort, prenons ce chemin d'un vivre ensemble dans la joie, dans la vérité de l'amour et de la charité. Ce chemin nourrissant et vertigineux nous évite ce que le pape appelle l'Alzheimer spirituel ou l'oubli de notre premier amour. AMEN.

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Date: 
décembre, 2014

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