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2012-B- Mardi 3e semaine ordinaire-Mc 3, 31-35 : la beauté sauvera le monde

Année B: Mardi de la 3e semaine ORDINAIRE (litbo03m.12)
Mc 3, 31-35 : NOUS SOMMES DES BEAUTÉS... QUI SAUVERONT LE MONDE

Parcourant du regard ceux qui étaient assis en cercle devant lui. C'est à chacun d'entre nous, assis à son invitation autour de cette table, écoutant sa parole, que Jésus s'adresse. Selon l’expression populaire, il y a de quoi tomber de sa chaise en entendant Jésus répondre (enfin une réponse de Jésus !) : qui est ma mère ? Le regard de Dieu sur sa mère, comme sur nous, n'est pas en lien avec nos performances, mais au dire de Jésus lui-même, parce que nous nous sommes conformés à sa volonté. Il est plus glorieux pour Marie, dit saint Augustin, d’avoir été disciple du Christ que mère du Christ.

Pour nous mériter ce regard de Jésus sur nous, il faut écouter la parole de Dieu et la mettre en pratique. La parole de Dieu, c'est Jésus lui-même, le Verbe éternel fait chair (cf. Jn 1, 14), celui qui a les paroles de la vie éternelle (cf. Jn 6, 68). S'il appartient à Marie d'avoir donné naissance à Jésus, il nous appartient de le porter dans nos cœurs.

Heureux, vient de dire Jésus, celui qui veuille  le porter dans son cœur. La naissance de Jésus en Marie demeure la plus grande des merveilles, mais ce n'est pas une moindre merveille que de le porter en nous au quotidien.  Si quelqu'un entend ma voix et m'ouvre la porte, j'entrerai chez lui, et je souperai avec lui et lui avec moi (Ap 3,20).
Nous l'avons entendu durant le temps de Noël, si la création fut un instant admirable de la part de Dieu, sa descente en nous pour nous recréer à son image est plus admirable encore. C'est la merveille des merveilles de Dieu inaugurée en nous au jour de notre plongée dans les eaux baptismales.  À partir de rebuts, d'échecs, d'erreurs ou de fautes, Dieu fait de nous des œuvres d'art qui nous rendent «désirables» à ses yeux.

Saintetés, nous sommes le plus beau visage de Dieu dans notre monde quand nous ne voulons plus connaître que le Christ (2 Co 5, 16) et que nous nous tournons tout entier vers son Esprit qui nous vivifie (1 Co 15, 45). Nous sommes son chef d'œuvre admirable qu'il est venu restaurer à son image. Il nous faut entendre que c'est à chacun d'entre nous que s'adresse le Père quand il dit au sortir du baptême de Jésus : tu es mon fils bien-aimé. Dieu, dit saint Irénée, s'est fait fils d'homme pour habituer l'homme à recevoir Dieu et pour habituer Dieu à habiter en nous.

En nous regardant, le message de Jésus est étourdissant : même si nous ne l'avons pas connu selon la chair, vous me connaissez - et cette connaissance là est plus pénétrante qu'une simple connaissance selon la chair - selon l'Esprit que je vous ai laissé.

Ce qui fascine Jésus, c'est de voir que nous pratiquons comme sa mère sa manière de vivre. Sont beaux aux yeux de Jésus, ceux qui montrent qu'il est imitable, qu'il est un Dieu désirable et que sa parole n'est pas inabordable mais praticable. Sont beaux aux yeux de Jésus, ceux qui demeurent dans l'admiration devant sa parole jusqu'à ne plus exister pour eux-mêmes.À tous ceux qui l'ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu (Jn 1, 12).

Jésus ne voit pas le mal en nous, mais seulement notre état de beauté. Il ne nous voit pas sortis du paradis (Gn) mais nous considère comme son paradis aujourd'hui. Son regard nous fait miséricorde et jette tous nos péchés, (nos laideurs), dit le prophète Michée, au fond de la mer (Mi 7, 19). Voici votre Dieu, a fait retentir Isaïe durant le temps de Noël, qui exerce lui-même le jugement : il vient nous sauver, [nous rendre beaux] (Is 35, 3-4).

Saintetés, n'évacuons pas de nos vies ce regard de Jésus sur nous. Notre beauté, celle qui se voit au delà de nos visages ridés, de nos déplacements avec nos marchettes, est une beauté évangélisatrice, qui ressuscite autour de nous une joie qui dérange. Il existe, dit Jean-Paul II dans l'Église vit de l'eucharistie (# 55), une analogie entre la beauté du fiat de Marie qui est sa réponse à l'appel de l'ange et la beauté de notre Amen qui est notre réponse à devenir des pratiquants de sa volonté. À Marie, il est demandé de croire en la parole de l'ange. À nous, il est demandé de croire que nous sommes des beautés à ses yeux quand nos vies deviennent eucharisties vivantes, ce cinquième évangile que nos contemporains peuvent lire jusqu'en s'en délecter. AMEN.

 

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Date: 
février, 2012

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