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2011- A- Mt 25, 31-46 -Lundi 1e semaine carême - le médicament des riches

Année A: Lundi de la 1ière semaine du CARÊME (litac01l.11)
Mtt 25, 31-46 : LE MÉDICAMENT DES RICHES
  
En inaugurant cette première semaine du carême, mon regard se porte non pas sur le médicament des riches que sont les pauvres, les nus, les prisonniers (Saint Césaire d'Arles (470-543), moine et évêque), ni sur la beauté du Royaume qu'ils nous permettent de recevoir en héritage, mais sur le «Donateur».  Nous portons beaucoup attention à ce que Jésus nous promet, mais nous voyons peu qui nous le promet. Ce temps qui inaugure des temps nouveaux est appel à orienter, à poser nos regards sur le Christ et non sur ce qu'il nous offre. 

Grégoire de Narek écrit : ce n'est pas pour ses présents que je persévère ..., mais parce qu'il est la Vie véritable. Ce n'est pas des dons, mais du Donateur dont j'ai toujours la nostalgie. Ce n'est pas à la gloire que j'aspire, mais c'est le Seigneur glorifié que je veux embrasser. Ce n'est pas la soif de la vie qui toujours me consume, mais le souvenir de celui qui donne la vie. Ce n'est pas le repos que je cherche, mais c'est le visage de celui qui apaisera mon cœur suppliant. Ce n'est pas pour le festin nuptial que je languis, mais c'est du désir de l'Époux.

Saintetés, quoi de plus triste, de plus misérable que de nous arrêter à désirer nous asseoir à  sa droite sans voir celui qui nous l'offre! Comment pouvons-nous désirer cette place, à sa droite, sans le contempler ? Comment désirer être sauvé sans le voir ? Nous avons en nous, même ici-bas, une aptitude à voir Dieu, à le reconnaître.  Saint Macaire disait, et cela devrait être la finalité de notre carême, de notre conversion : L’homme tout entier doit devenir œil.
Au Xe siècle, Siméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022), moine grec, fait dire à Jésus: quand j'ai créé Adam, je lui ai donné de me voir. Il voyait tout ce que j'avais créé. Il voyait mon visage à moi, son Créateur. Il contemplait ma gloire, mais en goûtant à l'arbre il est devenu aveugle. Il ajoute : mais je l'ai pris en pitié, je suis venu d'en haut, j'ai été vu de tous. Pourquoi ai-je pu accepter ce chemin. Parce que la vraie raison pour laquelle j'ai créé Adam, c'est pour me voir(Hymne orthodoxe 53 (trad. SC 196, p. 221s rev.).
L'écoute dont l'appel retentit tout au long de ce carême n'est pas le sens chrétien par excellence pour nous ouvrir à la Parole de Dieu. Depuis le jour de l'Incarnation de Dieu, sa naissance, Dieu non seulement s'est fait Parole mais il a pris un visage. Il s'est fait chair. Écouter pour voir, dit un annonceur de notre radio d'État.
Avec un regard mystique sur cette page si souvent entendue, nous saisissons que Jésus ne supporte pas d'être seul dans sa gloire. Il est devenu humain, il s'est fait l'un de nous, il s'est caché en chacun de nous pour se faire reconnaître. Impossible d'affirmer désormais que Dieu se cache de nous alors qu'il se laisse voir dans les « moins que rien », image de ce que Jésus a été dans son abaissement. Si nous pouvions vibrer d'éton-nement à saisir que ces «moins que rien», ces pauvres, ces malades, ces prisonniers, que ces «poussières», pour reprendre l'image du mercredi des Cendres, sont envahis, habillés de la plénitude de Dieu. Depuis ce jour de l'Incarnation, la poussière humaine, chaque parcelle de poussière humaine, est devenue le corps du Christ. C'est à moi que vous l'avez fait. Qui donc est Dieu pour agir ainsi ?

Le Christ brille dans toute sa splendeur, mais nous ne voyons pas cela parce que tout part de l'oraison (Carême pour les Cancres 2011, p.12). Le Tentateur dont l'évangile nous présentait hier les capacités raffinées  de nous aveugler, sait très bien cela. Il sait très bien qu'une vie d'oraison, une vie de priant,  est une vie perdue pour lui.
               
                 À l'aurore de ce carême, moi je vous dis, béni soit Dieu dit David qui n'a pas retiré de moi ni ma prière ni sa miséricorde. Oui, si vous quittez l'oraison, Dieu vous retirera sa miséricorde (Jean Grasset, Carême des Cancres 2011, p 12).  

 

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Date: 
Mardi, 1 février, 2011

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