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2010 -C- Lc 10, 38-42 -Dimanche 16e ordinaire - Marthe et Marie

Seizième dimanche du Temps ordinaire (litco16d.10)
Luc 10, 38-42 : Marthe et Marie

Invitation nous est faite à nous élever au dessus de toute polémique entre action et contemplation. Invitation nous est faite d’entrer avec plaisir dans deux maisons :

D’abord la tente d’Abraham, tente ouverte et accueillante à des étrangers. Pressentant la noblesse et la grandeur de ses hôtes, Abraham ne ménage pas sa peine. Avec beaucoup de zèle, (il ressemble à notre Marthe de l’Évangile!), il courut à leur rencontre, se prosterna, se hâta d’aller demander à Sara de préparer des galettes, courut au troupeau chercher un veau gras et se hâta de le préparer (Gn 18, 1-10).Sans le savoir, il a accueilli Dieu dans sa maison (Heb 13, 2), ce Dieu qui lui annonce que Sara, ta femme, aura un fils.  

Puis dans celle de Marie et Marthe qui se font un point d’honneur de bien recevoir Jésus, qui fatigué de la route, a besoin de se sentir (enfin!) bien quelque part. Pour bien «recevoir» Jésus, Marthe s’empresse de lui offrir une table d’amitié.  Pour elle, l’essentiel c’était de ravigoter l’ami venu la visiter. La finesse de Marie lui fait percevoir que pour elle l’essentiel, c’était plutôt de savourer, d’adorer à ses pieds, ses paroles parce que sur route, il était un rejeté et que personne ou presque n’écoutait ses paroles. Pour les deux, c’est la personne de Jésus qui est leur unique centre d’intérêt. La bonne part de Marie (l’expression est plus conforme au texte original) ne diminue en rien la belle part de Marthe. L’une et l’autre «reçoivent» Jésus avec amour. L’une et l’autre se savent autant aimées par Jésus qui a simplement observé l’agitation de Marthe.   

Deux maisons. Deux histoires «saintes» d’hospitalité qui nous montrent qu’autant Abraham que Marie et Marthe ont une charité active. Ils ont le Ciel dans leur cœur et les deux pieds sur la terre. Tous les trois sont entièrement au service de leur hôte. Ils comblent, contemplent leur hôte en laissant tout ce qu’ils faisaient pour tout faire ce qu’il faut faire pour eux. Tous les trois vécurent leur accueil dans un état d’union mystique. Malgré l’heure la plus chaude du jour, Abraham a mis tout son cœurà courir avec joie vers ses visiteurs. Marthe est à l’écoute de Jésus en s’empressant de lui préparer avec amour, une bonne table, une table d’hôte; Marie, celle dont les exégètes identifient à Marie-Madeleine, est aussi à l’écoute de Jésus en s’attardant à «manger» avec amour ses paroles.

Jésus ne dévalorise pas l’action de Marthe. Dimanche dernier, il nous invitait d’agir en bon samaritain.  Il ne lui reproche pas d’agir, de bien le recevoir, mais de s’agiter. Et voilà bien une nuance à faire nôtre aujourd’hui. De même que ne rien faire n’est pas synonyme de prier, s’agiter ne sera jamais synonyme d’agir.

Dans la maison de nos cœurs, sommes-nous inquiets et agités pour Dieu plus ignoré qu’adoré, pour notre Église plus caricaturée que photographiée comme grain de sénevé, pour le dimanche en déroute comme l’exprime un titre d’un livre récent ? N’avons-nous pas les yeux rivés sur les statistiques, les sondages pour y trouver une lueur d’espoir ? Pour maintenir, comme je l’exprimais tantôt, le ciel dans nos cœurs et nos deux pieds bien incarnés dans notre terre d’ici, au sein de notre Église, de nos vies de croyants en ce temps de grands bouleversements, Jésus nous propose l’attitude de Marie : écouter sa Parole, nous tenir spécialement lorsque la tempête fait rage, à ses pieds. La question qui est au cœur de l’évangile de ce matin : cachons-nous notre inquiétude par l’activisme ou par le désengagement ?

Et c’est ici que Paul, dans la deuxième lecture, nous rejoint.  C'est parce qu'il vivait du mystère du Christ, qu'il en était tout imprégné, que tout ce qui lui arrivait a fini par tourner à son avantage. L'espérance de Paul n'était pas fondée sur ce qu'il faisait, accomplissait, mais sur l’accueil de la Parole de Jésus qui a dit à ses disciples: Je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde!

Entrons à notre tour dans le mystère du Christ que nous laisse voir cette eucharistie. Laissons-nous porter par ce mystère de lui donner hospitalité en le contemplant autant qu’en travaillant à son Évangile. AMEN.
 

 

 

 
 

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Date: 
Mercredi, 1 septembre, 2010

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