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2010-C-Jn 21, 1-19-Dimanche 3e semaine Pâques - T’es sûre que c’est Jésus ?

Année C : Dimanche 3e semaine de Pâques (litcp03d.10)
Jn 21, 1-19 –  T’es sûre que c’est Jésus ?

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Une grand-mère emmène sa petite fille à la messe. Au moment de la « consécration », elle l’invite à voir Jésus. Regarde. Tu vas voir Jésus. Réaction : t’es sûre que c’est Jésus ? Et les apôtres n’étaient pas sûrs d’avoir vu Jésus.  Et nous ?

La fin de l’évangile de la veillée pascale rapporte les propos des saintes femmes. Les apôtres  ont jugés qu’elles étaient « délirantes». Ils ne les croyaient pas. Jean vit et cru et non Pierre. Dans une même famille, des membres croient et d’autres pas.  La foi n’est pas à confondre avec un dépôt qui se transmet. Elle n’est pas une répétition de croyances que nous présente la religion.  Alors qu’est-ce qui permet de croire ? En ouvrant cette célébration où Jésus se montre à nous dans ce pain, la question de l’enfant est la nôtre : t’es sûre que c’est Jésus ? Les textes de ce soir nous offre un chemin de réponse.

HOMÉLIE :

C’est le Seigneur vient de nous dire Jean. Mon Seigneur et mon Dieu  s’écriait Thomas dimanche dernier. Ce sont des cris d’admiration, des cris de joie et d’adoration qui expriment le revirement profond, le changement radical qu’entraîne la reconnaissance de Jésus ressuscité. Un cri qui les fait passer de la peur à l’audace et au courage, du doute à la foi. De la désespérance à l’enthousiasme du 8e jour.  Cesse d’être incrédule ; deviens croyant (Jn 20, 27) dit Jésus à Thomas qui est la vrai figure du disciple.

T’es sûre que c’est Jésus ?  Les apôtres doutaient. Cela ne signifie pas qu’ils étaient des incroyants.  Dans la joie, ils n’osaient pas y croire et restaient saisis d’étonnement. Venez déjeuner. Aucun n’osait demander : qui es-tu? Ils intuitionaient que c’était le Seigneur (Jn 21, 12).  

Ce qu’il faut comprendre,  c’est que cette page de Jean confirme que celui qui croit au Christ ressuscité, vit de la vie même de la Trinité.  Elle démontre qui reconnaître ce mystère de la résurrection est déjà ressuscité (Préface). Et voilà ce qu’est croire : ressusciter comme les apôtres. Que ce soit Marie-Madeleine s’en allant tout triste au tombeau et qui a entendu Jésus lui dire : Marie; que ce soient les disciples d’Emmaüs qui retournaient déçus chez eux et qui ont été réchauffés, presque réanimés; en voyant, leurs yeux s’ouvrirent à la  fraction du pain; que ce soit Thomas qui a refusé de croire ce que les autres disciples lui disaient et qui a reçu l’invitation de Jésus à placer ses doigts et ses mains dans le coté ouvert et, précise Antoine de Padoue, pour y établir son nid dans ces plaies comme au creux du rocher (Ct 2, 14),nous sommes en présence de disciples transfigurés, qui ressuscitent eux aussi.

À quoi servirait de croire en la résurrection, de reconnaître Jésus sur nos rivages, s’il ne se produisait pas en nous une résurrection? Dans une homélie pascale ancienne, il est dit que nous portons en nous l’image de celui [Adam] qui est pétri de la terre, mais nous portons aussi l’image de celui qui vient du ciel. Et c’est bien là le défi de ce temps pascal : renaître de celui qui vient du ciel alors que spontanément nous sommes collés à l’image de celui qui est pétri de la terre, comme l’exprimait Paul dans l’épitre du dimanche de Pâques (Col 3, 1-4).

Pour affirmer oui, je suis sûre que c’est Jésus, il faut nous détacher d’un regard d’en bas, pétri de la terre  pour celui d’en-haut.  Personne ne peut dire que Jésus est Seigneur (ressuscité) sans le Saint Esprit (1 Co 12. 3).  Il faut beaucoup le méditer, le regarder, le contempler.

Mais qu’est-ce que vivre en ressuscité ? C’est être sûr que c’est Jésus que nous rencontrons dans nos Galilée. Le défi pascal est de reconnaître que Jésus n’a laissé aucun écrit à ses apôtres pour perpétuer sa présence. Il n’a pas ordonné de faire entrer tous les humains dans son Église. Il a simplement donné aux apôtres la mission de communiquer de dire ce qu’ils ont vu de leurs yeux. De dire leur foi. Mission de communiquer ce qui n’est pas communicable. Transmettre se fait de haut en bas.

Les parents transmettre à leurs enfants. Quand un parent me dit je n’ai pas réussi à transmettre ma foi à mes enfants,  il exprime sa déception de voir que leurs enfants n’ont pas la même foi qu’eux.Mais il ne voit pas qu’ils peuvent vivre autrement leur foi. Communiquer se fait horizontalement, d’égal à égal. Une précision : communiquer n’est pas communiquer des sacrements qui n’apparaissent dans l’évangile qu’au bout d’un long cheminement. Dans l’esprit de Jésus allez enseigneur toutes les nations est à comprendre par : allez apprendre, allez informer de le Bonne nouvelle. Jésus n’a pas envoyé ses apôtres transmettre un dépôt, mais une bonne nouvelle.

Vivre en ressuscité, c’est plus que de faire des prières. Nous pouvons faire des prières sans prier. C’est plus que de pratiquer une foi culturelle.  Vivre en ressuscité sera toujours une rencontre intime, personnelle, incommunicable avec Jésus. Rencontre personnelle dans une communauté de croyants. C’est vivre en forme de Dieu.  Quand nous méditons, contemplons l’Évangile, nous comprenons que vivre en ressuscité, c’est entrer dans une union indissoluble, mystique avec celui qui vient du Ciel.  C’est vivre dans un tel état de paix, de sérénité, de recueillement que nous apprenons à goûter jusqu’à l’extase, au milieu des flots de l’histoire, la joie de toucher dans la foi, le Seigneur jusqu’à nous établir dans ses plaies ouvertes comme au creux du rocher (Ct2,14) (Antoine de Padoue)..
  
Vivre en ressuscité, c’est être comme l’exprime le nom de votre institut PRÉSENCE ETVIE.  C’est peut-être un peu facile de dire cela, mais essayons d’en vivre et nous verrons que ce n’est pas aussi facile que de le dire.  Nous n’avons pas mission de convertir mais de vivre en ressuscité.  Il s’agit moins d’enseigner que de réapprendre chaque jour à trouver et à vivre le mystique Jésus qui est en nous.

Plus que jamais, il nous est demandé comme Jésus l’a demandé à Pierre, de jeter à nouveau les filets de la Parole. Et c’est après l’échec d’une nuit que l’abondance fut au rendez-vous. Nous ne sommes pas des défavorisés parce que nous n’avons pas vu Jésus sur le rivage. Nous sommes des privilégiés parce que nous le rencontrons dans cette eucharistie. Mais la question demeure : t’es-tu sûre que c’est Jésus. Il ne suffit pas de le dire mais d’en vivre. AMEN.

Signé Jésus-Christ.

 
 

Évangile: 
Année: 
Pérode: 
Date: 
Samedi, 1 mai, 2010

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