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2009-B-Mtt 7, 1-5- Lundi 12e semaine ordinaire - la paille et la poutre.

Année B : Lundi 12e semaine ordinaire (litbo12L.09)
Mtt7, 1-5  la paille et la poutre.
 
Nous avons pensé, disait Jean XX111 ouvrant le Concile, que c’était un grave devoir…que l’Église renouvelle sa beauté, qu’elle brille d’une nouvelle splendeur.  Ce grave devoir de rafraichir notre vision ne s’adresse pas seulement à l’Église mais – nous venons de l’entendre dans l’évangile – s’adresse à chacune de nous. C’est un grave devoir que de privilégier un regard nu, sans poutres, un regard dénudé de nos « moi », un regard qui sauve, qui fait exister, rend l’autre meilleur, qui révèle et suscite la beauté des êtres.

Nous possédons un regard qui abaisse, détruit, donne la mort, condamne parce que trop coller à nos « moi », à nos perceptions, à nos désirs d’avoir le dernier mot sur tout. Nous vivons à une époque où chacun veut être la dernière instance des jugements définitifs, péremptoires et irrévocables. Ce regard-là cache pour citer l’Évangile nos poutres. Il est destruction. Avoir un humour, saint Jean Climaque fait observer que si c’est par charité et sollicitude que nous parlons ainsi … alors cesse de pratiquer une pareille charité…  Qu’il est vrai ce proverbe qui dit que tout ce qui est interdit est désiré. Quelle est triste la vie de ceux et celles qui se chérissent eux-mêmes, qui ne recherchent que leur propre gloire!

Quelle est belle la vie de ceux et celles qui développent cette capacité enfouie en nous de s’extasier devant  tout ce qui se cache sous les faiblesses des autres !  Nous possédons en nous – et c’est le sens de l’appel de Jean XX111 – la capacité de renouveler la beauté de nos regards en développant la dimension contemplative  de nos vies. Nous pouvons aussi donner de la dignité à nos yeux. La beauté est dans nos yeux si nous savons arracher de nos regards ce qui nous entraîne à ne voir que la faiblesse chez l’autre. Si ton œil entraîne ta chute, arrache-le (Mt7, 29). La beauté de nos yeux naît de la contemplation non seulement de Dieu mais de l’autre.  Si l'oeil ne contemple pas, l'oeil ne verra pas (Proverbe oubykn). Un mystique soufi affirme que la vision est en toi la seule chose qui compte; transforme ton corps tout entier en vision; deviens regard, deviens regard. […]  seul l'œil connaît l'union.

Le Curé  d’Ars dont on célèbre le centenaire de sa mort disait L'oeil du monde ne voit pas plus loin que la vie, l'oeil du chrétien voit jusqu'au fond de l'Eternité. Un incroyant disait que Le Curé d'Ars n'a pas les yeux faits comme les autres. Quelqu’un d’autre ajoutait: Jusque dans la conversation, on était frappé de son regard qui vous transperçait et semblait voir les choses de l'autre monde. Un tel regard prend forme en nous dans la contemplation.

Déjà le livre des Proverbes disait fort bien que celui qui regarde avec douceur obtiendra miséricorde (12,13) mais s’empressait d’ajouter qu’à l’homme insensé, toutes choses sont contraires (14,1). Nous observons facilement que certaines personnes convertissent en humeur mauvaise tout ce qu’elles voient alors que d’autres ont un tempérament qui transforment toutes choses en humeur agréable (Dorothée Caza).  

Avec subtilité, cette page se veut une très belle photographie de nos états de sainteté. Elle est un appel à beaucoup de lucidité sur nous-mêmes.  Jésus ne nous dit pas de ne pas voir. Il nous dit d’opter pour son regard divin. Pour Jésus, regarder, c’est aimer (Jean de la Croix).  Écoutons l’Évangile nous dire : si nous marchons dans la lumière, comme lui-même est dans la lumière, nous sommes en communion les uns avec les autres (1.7). C’est, en effet, de l'intérieur, c'est du cœur de l'être humain, que sortent les intentions mauvaises (Mc 7.21). Il y a dans nos yeux  dit Christian Bobin plus de mots que dans les livres.

Cette page reflète la vie même de Dieu. Dieu n’a d’autre regard sur nous que la contemplation de notre beauté originel. O Dieu, si tu me regardes, je deviens belle (Gabriela Mistral, ofs).  Pour Jésus, l’amour n’est pas l’amour si nous passons notre temps à toujours remarquer les pailles chez les autres. Chaque arbre dit Jésus se reconnaît à son propre fruit (Lc 6,44). C’est la beauté de nos yeux qui atteste le mieux notre identification à Jésus. Notre capacité d’être des créatures nouvelles. 

Regardons avec le regard de Jésus ce pain que nous lui offrons parce que si nous n’avons pas croisé ce regard, ce pain ne nous dira rien et comme l’exprimait Benoît XV1 lors de la fête du Corps et du sang du Christ, notre eucharistie sera pure formalisme et vidé de tout sens. AMEN

Accueil : OUVRE MES YEUX SEIGNEUR AU MERVEILLE DE TON AMOUR, JE SUIS L'AVEUGLE SUR LE CHEMIN, GUÉRIE MOI JE VEUX TE VOIR (hymne vêpres 2e semaine ordinaire)

 



 

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Mercredi, 1 juillet, 2009

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