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2008-A-Jn 21, 15-19 -Vendredi 7e semaine Pâques - « tu sais que je t’aime »

Année A : Vendredi 7e semaine PÂQUES (Litap07v.08)
Jn 21, 15-19  - « tu sais que je t’aime »

« Pierre m’aimes-tu? »  Nous pourrions comprendre aussi la question autrement : «  Pierre où étais-tu? » Différent que de dire « Pierre qu’as-tu fait ? ». Ce qui se dégage de cet interrogatoire de Jésus devrait nous élever jusqu’à l’extase.  Ces trois questions nous montrent « combien gros » l’offensé Jésus aime Pierre. Des questions qui laissent entendre que Jésus ne s’arrête pas à des comportements. Jésus préfère dépasser le côté « défaillance », « reniement » pour privilégier l’être profond qu’est Pierre.
 
  Au terme de son Évangile, dans ce texte ajouté, Jean nous montre que l’histoire de Dieu se répète. Au tout début du monde, Dieu est sorti avec douceur à la  recherche des premiers habitants de la terre. Dieu souffre tellement de voir que ce premier couple de terriens a désormais honte de leur nudité  qu’Il ne va pas ajouter à leur souffrance. Le texte dit que « qu’ils entendirent les pas du Seigneur Dieu qui se promenait dans le jardin à la brise du jour (GN3, 9)».   Au matin de premier jour, Dieu est sorti non pour écraser, non pour humilier, mais parce que son regard voyait la beauté de son œuvre « il vit que cela était bon ».Dieu voit au-delà des circonstances atténuantes.

Au matin du Nouveau Monde, Jésus pose le même geste. Projette le même regard. Il s’approche en douceur de Pierre. Il ne l’attaque pas, n’est pas courroucé par son comportement. Il sait comme dit le psaume « trouver ses délices parmi les hommes » (Ps8, 30).  Plus qu’un interrogatoire malveillant, la finale de Jean nous propose une « méditation » qui dépasse notre entendement humain. Jésus déclare que son amour pour Pierre ne repose pas sur la gravité de l’offense. Que son amour ne disparaîtra pas parce qu’Il a été renié. Une telle attitude de douceur, de compassion, de délicatesse, impressionne autant Pierre que les premiers habitants du Monde.

Jésus perce le mystère de la beauté de Pierre plutôt que de s’arrêter à l’extérieur passager. Jésus a tellement foi en lui, croit tellement que Pierre est capable de tout faire pour Lui, qu’il n’a jamais perdu de vue sa beauté. Il ne lui a pas retiré sa confiance. C’est justement là le message de cette finale ajoutée de Jean : Perdre de vue la beauté, c’est ne plus aimer.

L’amour est lié à la beauté que nous projetons sur l’autre. Il est lié à l’espérance qu’il peut redevenir beau. Il exige la patience, beaucoup de patience. Alors que l’impatience conduit au désespoir, la patience de Jésus montre que ce que Pierre n’a pas réussi aujourd’hui il le fera plus tard.

Jésus est tellement fasciné par le vrai Pierre, tellement assuré qu’il redeviendra lui-même, tellement certain que sa beauté initiale refera surface qu’il accepte son rythme d’avancement et de recul de sa foi. Jésus refuse de s’arrêter sur le faux Pierre. Au moment de son reniement, il y avait des circonstances atténuantes : le prétoire, le silence de Jésus, le froid de la nuit, la perte d’un ami qu’il voit bafoué etc.  Trois questions révélatrices davantage des sentiments de Jésus que de Pierre. 

Ce comportement de Jésus confirme ce qu’écrira Paul aux Corinthiens : « l’amour prend patience, ne s’irrite pas, n’entretient pas de rancune, ne se réjouit pas de l’injustice, mais trouve sa joie dans la vérité. L’amour excuse tout, espère tout, endure tout. Il ne disparaît jamais  (1 C or13, 4-8) ».

À votre contemplation : Par ces questions, Jésus n’a pas fait la morale à Pierre. Il ne se contente pas de prêcher l’amour. Il a opté pour être amour. C’est maintenant notre mission : être au nom de Jésus débordant de son regard de beauté sur l’autre. Regard qui remonte au premier matin du Monde. Un tel regard exige que nous soyons des « sacrements dépouillés de nous-mêmes » (Zundel).  Il est impossible à offrir sans être dépouillé de notre moi possessif et dévastateur qui nous sépare les uns des autres. Que cette eucharistie ouvre nos regards sur la beauté de ce Pain livré pour nous. AMEN

Évangile: 
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Date: 
avril, 2008

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