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2008-A -Jn 10, 11-16- Mgr de Laval, pasteur et mystique -

Année A : Mardi 7e semaine de Pâques A-
Jn 10, 11-16  2 Timothée, 4, 1-5    Mgr de Laval, pasteur et mystique

Nous sommes dans l’année jubilaire décrétée par l’archevêque de Québec pour souligner le 300e anniversaire de la mort de Mgr de Laval et le 350e de son ordination épiscopale. À 36 ans, ce jeune évêque nous laisse les traces de son audace apostolique et de sa mystique de désappropriation de lui-même.

Audace apostolique à l’heure où la mission chez nous semble « répétitive », « routinière », de « survie ». Alors que tout autour de nous sent la fatigue, l’ennuie, la perte d’énergie créatrice, Mgr de Laval nous redit que l’urgence de l’annonce de l’Évangile passe par une vie plus mystique qui ouvre sur des actions audacieuses.  Paul vient d’affirmer à Timothée : « Je te le demande solennellement.. Proclame la Parole de Dieu. » (2tm 4,1). Confidence testamentaire adressée à « Timothée mon enfant bien-aimé dans la foi ». Confidence précédée d’une autre: « Souviens-toi de Jésus-Christ. » (2tm2,8) Comme première mission, Paul « apôtre du Christ Jésus » confiait à son compagnon de «se souvenir de Jésus-Christ», «de lui rester fidèle» avant d'aller «proclamer avec patience et souci d'instruire ».

La manière de vivre de Paul se ramasse dans son fameux « ce n'est plus moi qui vis». Ce cri  atteste qu’il s’est d’abord configuré au Christ avant de L’annoncer. Jean-Paul 11 disait dans sa lettre ouvrant ce millénaire que « vivre le Christ est la première voie pour l'annonce de l'Évangile »(Rm 77, Tertio Millenio Advveniente no 42). Avant d’aller dans le « monde entier », le disciple doit « s’approprier » son Pasteur, jusqu’à « supporter sa souffrance ». Avant toute annonce, le disciple doit d’abord se «tenir par l’adoration à l’abri nous-même» (Marie de la Trinité).

La manière de vivre de ce jeune pasteur et premier évêque de ce pays naissant, fut d’être « comme une Parole de Dieu » avant de l’annoncer.  Sa vie fut de Le regarder comme chemin d’évangélisation. Lorsque nous nous mettons à nous regarder nous-mêmes, nous commençons à tout voir avec les yeux de la désespérance. Au lieu de voir la vie, nous voyons la mort. «Ça ne vaut pas la peine » d’entreprendre. Quand nous voyons avec les yeux de Dieu, tout devient espérance.

Comme Paul, Mgr de Laval fut  ingénieux, innovateur, ne reculant devant rien pour « enseigner »le nom de Jésus, le diffuser. Comme Paul, il a érigé des lieux d'enseignements de la foi qui sont aujourd'hui des lieux-piliers. (Grand séminaire de Québec) Des lieux pour « garder le dépôt » à l’heure de l’inter-religiosité. 

Nous fêtons un homme qui comme sa collaboratrice Marie de l'Incarnation, s'est toujours imposé à « sortir sans sortir du cœur de Dieu ». Le Père de la Colombière disait le voir « passer tous les jours plusieurs heures devant le Saint-Sacrement. C'était la manière dont ce premier évêque se délassait des fatigues que lui procurait son zèle ». Quelle belle description de tout évangélisateur: savoir se reposer en Dieu « des fatigues que lui procurait son zèle », après des "sorties" qui vident, épuisent, crucifient ! 

La vie de ce pasteur, de cet apôtre de nouveau monde nous redit que la dépossession est le chemin de tout disciple, de toute religieuse apostolique. Dépossession de soi, dépossession AUSSI des œuvres, d’une « maison mère ». Tout autre comportement peut laisser voir que nos « maisons » nos « œuvres » sont plus importante qu’une annonce « pauvre » de l’évangile.  C’est « la  puissance de Dieu » (1 Cor2,1-5) » qui évangélise. 

À votre contemplation, ces mots de Maître Eckhart : « Dieu prend plaisir à voir se dilater notre âme ».Dans nos mots, cela signifie que le plaisir de Dieu est de nous voir audacieux de créativité. Mgr de Laval nous invite à sortir de nos torpeurs, de l’acédie, cette maladie qui crée en nous un immense vide. Il nous appelle aujourd’hui encore à quitter nos barques et à marcher sur la mer agitée. Quelqu’un nous y appelle et si nous savons entendre sa Voix, elle nous assure que nous ne coulerons pas. «Par la «grâce» puissance de cette eucharistie affermis tes serviteurs dans la vérité de la foi et qu'ils témoignent de bouche et de cœur, par la prière et l'action, à faire connaître ton Évangile » (Oraison finale). AMEN

 

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Date: 
mai, 2008

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