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2005- A: Vendredi 7e semaine Pâques -Jn 21 15-19 Pierre, m'aimes-tu ?

Année A: Vendredi de la 7ième semaine de Pâques A-

Jn 21 15-19 Pierre m'aimes-tu ?

Pour terminer ce long dimanche et comme pour nous lancer maintenant dans un quotidien périlleux, Jésus pose une question : M'aimes-tu? Question à entendre au quotidien, à se poser au quotidien particulièrement quand nos vies sont confrontées à la croix, celle de la charité, de la justice, de la fidélité à mettre tout en commun. M'aimes-tu ? Question à entendre et à nous poser aux heures où la croix de nos trahisons est lourde?

Question rédemptrice où Jésus nous fait saisir que lorsque la trahison nous habite, son amour pour nous se renforcie. Pierre, qui par trois fois a témoigné avec force qu'Il ne connaissait pas Jésus après avoir pourtant juré qu'il ne l'abandonnera jamais, qu'il le défendrait par tous les moyens; Pierre, l'homme aux paroles non tenues, aux échecs retentissants, c'est au moment où le poids de ses trahisons et échecs l'habitaient, au moment où il éprouvait un down paralysant, que Jésus intervient par sa question qui relève. Elle lui fait voir que ce n'est pas son comportement qui a de l'importance mais plutôt son désir de se reprendre. Pierre avait bien pressenti cela, quand il exprima non son regret, sa déception mais son amour. Il n'a pas dit " je suis déçu de moi" mais " Tu sais bien que je t'aime. " "En disant cela, Pierre savait que le Christ est la pierre angulaire sur laquelle, en dépit de toute faiblesse humaine, il peut croître et grandir " (Jean-Paul 11.Lisieux 30 mai 1980)

Par sa question, Jésus montre que le seul succès c'est de se reprendre. Confesser que nous sommes habités au quotidien par un virus de trahison, de gloire, est le seul chemin qui conduit au succès apostolique. Jésus ne sera jamais concerné par le nombre de fois que nous tombons mais plutôt par le nombre de fois où nous nous relevons. C'est la clé pour recevoir la mission d'évangéliser. Le Christ a préféré choisir ses "envoyés" parmi les pécheurs. Il n'a pas eu peur de nos fragilités. De nos reniements. En retour de notre amour confessé avec tremblement et confiance, Jésus nous renouvelle sa compassion jusqu'à nous offrir un très beau ministère : « Sois le berger de mes agneaux », « sois le pasteur de mes brebis. »

"Suis-moi". Pour suivre Jésus, il faut au préalable l'avoir trahi. Il faut les admettre ouvertement jusqu'à répéter à chaque instant de nos vies "Tu sais bien que je t'aime". Plus nous tombons bas, plus Jésus nous élève et nous appelle à porter son Église. L'appel de Jésus jaillit de sa miséricorde. Comme il est beau, rassurant de savoir que dans l'économie de Dieu les faibles, les traîtres, les humbles tiennent une place privilégiée! Ils sont pierre d'angle sur laquelle " je bâtis mon Église " .

Cette attitude de Jésus face à Pierre est devenue un appel à tout disciple : ne pas crainte comme Paul nous l'indique dans la 1 ière lecture de nous positionner "non puissant" face au pouvoir de ce monde ; ne pas crainte de " fouiller les coffrets du Saint-Esprit " (Grégoire le Grand) qui guidera ce que nous devons dire et faire. Contemplatives, contemplatifs, il nous faut être pauvre de ce qui n'est pas divin en nous. C'est cela, le privilège de la pauvreté.

" Suis-moi". Jésus a la même attitude envers nous qu'envers Pierre. Il nous envoie refléter à travers les siècles que nos échecs, nos maladresses sont et demeurent le plus puissant outil d'évangélisation. C'est la reconnaissance en acte de la puissance de nos inaptitudes à devenir Évangile qui devient une force capable de pénétrer même les cœurs les plus hermétiquement fermés à la Parole de Dieu. Paradoxe, cette force de reconnaître " nos lâchetés" est perçue par les mass-médias comme une grande faiblesse qui éloigne de l'Église.

À votre contemplation: Pour suivre Jésus, il n'y a qu'un chemin: accepter de réussir nos échecs jusqu'à nous reprendre. C'est un véritable martyr à l'heure où notre société ne promeut que la puissance. Pouvons-nous clamer que nous trouvons beaucoup de bonheur à agir ainsi ? Nous ouvrir à la grâce d'imiter Pierre en reconnaissant ce que nous sommes. Nous ouvrir jusqu'à ressentir ce violent coup de vent qui nous fera, je le répète - " fouiller les coffrets de l'Esprit saint". "Seigneur tu sais tout. Tu sais que je t'aime". Puissions-nous comme Marie de Fatima ne jamais dire NON aux plans de Dieu pour qui " la force ne rend pas vainqueur" (Ps) et qui élève les faibles jusqu'à ce qu'ils deviennent comme Lui, par Lui, avec Lui et en Lui eucharistie. AMEN.

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Date: 
mai, 2005

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