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Retraites

QU'EST-CE QUE SERVIR ?

Pourquoi avons-nous été créés ? La réponse à cette question est toute prête chez les croyants. C’est celle du catéchisme de notre enfance. "Nous avons été créés pour Le connaître, L'aimer et Le servir." « Dieu appelle l’homme à le servir en esprit en en vérité ». (Vatican 11, dignitatis humanae 11) « Les croyants sont ceux qui ont servi le Seigneur en toutes choses ». (Lumen gentium 49)

L'ESPÉRANCE, C'EST QUELQU'UN

l y a très longtemps, au début du 2e siècle, un Père du désert écrivait dans ce que l’on appelle des écrits apophtegmes : « le moine ¬ -mais c’est également vrai pour tout chrétien – doit être comme les chérubins : « tout œil ». Avoir les yeux ouverts. Le poète Blaise Pascal écrivait dans ses Pensées : « j’ai découvert que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, ne pas savoir voir ». Nous sommes faits pour voir. Le cri de Bartimée est souvent le nôtre : « Seigneur, faites que je vois (Mc 10, 51) ». Mais que voyons-nous?

OSONS SEMER L'ESPÉRANCE

Nous ne réalisons pas assez comment l’espérance a deux pieds. Pour la plupart d’entre nous, notre espérance est tournée vers l’avenir. Un avenir meilleur. Nous oublions que l’espérance est tiraillée entre le passé et l’avenir. Entre se souvenir de la naissance de Jésus – « venu dans le monde qui fut fait par Lui (Jn 1, 10) » - et son retour dans la gloire, « Dieu viendra dans tout son éclat ! (Ps. 49) ». Les deux premières semaines orientent notre regard sur « Celui qui vient ». Plus nous nous approchons de Noël, plus la liturgie nous fait voir « la plénitude des temps ».

LA SIMPLICITÉ COMME ACCOMPLISSEMENT ÉVANGÉLIQUE

L'Évangile de la pauvreté ouvre sur la question du comment ? Comment au quotidien appliquer cet appel à avoir moins pour être plus ? Comment interpeller cette culture matérialiste qui donne naissance à un mysticisme sans Dieu? Ma réponse me vient d'un livre de Serge Mongeau : la simplicité volontaire. (Édition Québec-Amérique, Montréal, 1985. 152p) Notre société nous crée des besoins dont nous n'avons pas besoin. Nous devons lutter contre le harcèlement agressif et violent de la consommation.

REVÊTIR JÉSUS OU ÉCHANGE DE NOS VÊTEMENTS.

Le baptême est le sacrement de la transformation de nos vies en celle de Jésus. « En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ » (Gal 3, 27). « Revêtir le Christ ». Sur ce terrain, nos « ondes » affrontent de violentes tempêtes. Je note rapidement que dans Ep6, 10 et 17 Paul parle de revêtir l’armure du Christ et au v. 17 d’ « être revêtu de l’armure du Christ ». Celui qui vit « dans la dépendance du Christ » comme l’exprime la règle du Carmel doit lutter pour s’appliquer à revêtir le Christ et en même temps à être revêtu par le Christ.

TOUT QUITTER POUR TOUT RECEVOIR

Le B-A BA de la vie chrétienne –nous l’avons vu dans la causerie précédente – n’est pas que nous ressusciterons mais que nous sommes déjà ressuscités. Que nous sommes déjà revêtus du vêtement du Ressuscité. Le mystère d’être habillé de Pâques se poursuit en nous. Celui qui écoute la Parole de Dieu est « passé de la mort à la vie » (Jn5, 24).

L’attrait de nous revêtir de la beauté de ce vêtement nuptial risque fort de disparaître s’il n’a pas pour fondation cette « pierre angulaire » « cette pierre d’angle » qui lui permettra d’affronter avec sérénité et confiance les tempêtes inhérentes à toute vie. Tous les projets, humains ou spirituels, réclament des fondations solides

LES RICHESSES DE LA PAUVRETÉ

Jésus est venu nous annoncer une bonne nouvelle. Mais cette « bonne nouvelle », en sommes-nous conscients, est à l’inverse des valeurs de notre société. Nous sommes tellement attachés à ces « valeurs » (je les place entre guillemets) que de nous en détacher est tout un défit. Nous sommes attachés à des valeurs qui, aux yeux de l’Évangile, sont sans valeur pour le Royaume. Ainsi nos yeux humains voient tout naturellement la richesse comme un bien, la pauvreté comme un « mal », du « moins bien ». Des yeux évangéliques perçoivent que c’est le contraire qui nous situe dans la vérité. La pauvreté est un bien et la richesse du « moins bien ».

DIEU A FAIM DE NOUS

Pour la plupart d’entre nous, l’eucharistie est née au soir du Jeudi saint. Ce qui est né, ce soir-là, c’est l’actualisation de ce grand projet de Dieu de nous voir, de nous avoir à nouveau près de Lui autour de sa Table nuptiale. Ce rêve de Dieu de nous inviter à sa Table remonte à nos origines. Dès le début du monde, relate la genèse, Dieu a voulu créer une relation d’amitié avec nous. Celui qui est le commencement et la fin de toute chose est aussi le Dieu qui est venu dans notre humanité.

NOUS LAISSER CÉLÉBRER PAR DIEU

Je vous invitais, au début de ces journées de resourcement, d’aller «d’éblouissement en éblouissement» (S. Grégoire de Nysse) devant ce grand mystère de foi. Premier « éblouissement » : Dieu a « daigné » se laisser nourrir par notre présence. Pour plusieurs, ce fut une « découverte » stupéfiante : la stupeur de saisir que nous pouvons empêcher Dieu de mourir de faim, que nous pouvons – nous humains- nourrir la faim de Dieu. Découvrir qu’en recevant l’eucharistie, nous lui évitons de mourir de faim. Il est stupéfiant d’affirmer que Jésus est mort parce que nous avons refusé toute l’attention divine, toute la délicatesse trinitaire qu’il nous apportait.

CRESCENDO D'UNE FÊTE

Dans toute fête ou rassemblement, il y a un mouvement « crescendo » qui aboutit à un summum. L’entrée d’un chef politique est longuement préparée par des « bâtisseurs » de foule. Dans une noce, tout est centré sur l’entrée de la mariée. Quand Dieu nous célèbre, il a le souci de nous amener lentement au sommet de la fête. C’est ce que nous appelons le rituel : accueil, Seigneur, aie pitié de nous, la Parole de Dieu, la consécration « Prenez et mangez » pour se terminer par un envoi « dehors » qui est « comme une grande école de paix » (Jean-Paul II, lette annonçant l’année eucharistique, Mane nobiscum domine).

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