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Textes récents

2018-B-Lc 5, 27-32 - samedi des Cendres- sortir du chaos

Avant que Jésus ne se présente dans sa vie, Lévi vit dans le chaos et la confusion. Tout est confus en lui, ses idées, ses relations, son agir. Lévi se cherche; comme se cherchent la samaritaine, les désorientés disciples d’Emmaüs, les ambitieux apôtres soucieux d’être assis l’un à droite, l’autre à gauche dans le royaume (cf. Mt 20, 20). Songeons à la déception et à la confusion des apôtres après une nuit de pêche non fructueuse (cf. Jn 21,3).

2018-B- Mt 5, 43-48 samedi 1e semaine carême- une bonne affaire ?

Premier étonnement. Je comprends pour la première fois que Jésus ne nous défend pas de nous faire des ennemis. Il nous demande d’aimer les ennemis que nos comportements peuvent engendrer, jusqu’à leur pardonner de ne pas comprendre. Jésus s’est fait des ennemis qui s’opposaient à sa personne.

Comment ? Par des déclarations incendiaires qui provoquent de vives polémiques : rendez à César ce qui est a César (Lc 20, 25), mon royaume n’est pas de ce monde (Jn 18, 36), tes péchés sont pardonnés (Lc 7, 49), vous ne pouvez servir Dieu et l’argent (Mt 6, 24), heureux les assoiffés de justice (Mt 5, 6).

2018-B-Mt 20, 17-28 - mercredi 2e semaine carême-maladie de la rivalité

Il y a la coupe de la gloire, celle que demandait pour ses fils une mère qui a cet égard ressemble à toutes les mères. On peut trouver étonnante cette demande de la mère. On ne sait rien de la réaction des deux fils. Peut-être se réjouissent-ils dans leur for intérieur de l’initiative de leur mère ? Peut-être se sont-ils servis de leur mère pour faire une telle demande ? À lire attentivement ce texte, on comprend que les deux fils ont quitté leur père et sa barque et qu’ils sont demeurés sous l’influence de leur mère.

2018-B-Lc 11, 29-32 - mercredi 1e semaine carême - Jonas ou avoir le goût des autres

Jonas se met en route pour fuir à Tarsis (Jonas 1, 2). Ainsi débute le livre de Jonas. Fuir. De toute évidence, Jonas a peur de cette grande ville. S’y aventurer signifie un échec certain: cette ville est peu hospitalière et elle reconnue comme une cité interdite aux intrus venus d’ailleurs. Elle n’a pas bonne réputation. Ninive est une terre si rebelle que les politiciens de l’époque n’ont pas réussi à mettre la main dessus.

2018-B-Mt 5, 17-19 - mercredi 3e semaine carême- «ordonné» à un projet d'humanisation

En écoutant ce passage du sermon sur la montagne qui circonscrit le projet Jésus, un premier réflexe est de faire du zapping, de changer de poste parce que l’appel à un dépassement de l’ordinaire nous rebute. Parce que l’appel à éviter un comportement inapproprié semble dépasser nos forces. Peut-être aurions-nous mieux préféré voir Jésus abolir la loi plutôt que de l’accomplir ? Comme dans tous les films, le meilleur se trouve à la fin, comme au dernier verset : soyez parfait comme votre Père du ciel est parfait (Mt 5, 48). Prenons-nous au sérieux ce verset ? Comment ?

2018-B-Lc 15, 1-3,11-32-samedi 2e semaine carême : histoire d'une hospitalité mutuelle

Quelle est cette vérité profonde à extraire de cette très belle histoire racontée par Jésus? Je risque une réponse: Jésus parle d'une double hospitalité, celle du Père qui, dans un mouvement généreux, s’élance vers son fils, et celle du fils qui, rentré en lui-même, ce qui signifie après longue réflexion, a pris la décision de se lever, de s’en remettre, comme un étranger, à l’hospitalité de son Père. Les deux ignorent comment ils s’accueilleront mutuellement.

2018-B-Mc 6, 30-34 samedi 4e semaine ordinaire- c'est le difficile qui est chemin

Il y a la joie de partir comme envoyés de Jésus. Il y a en parallèle à cette joie, la découverte d’une mission impossible à vue humaine. L’empressement des disciples à raconter au retour ce qu’ils ont accompli se confronte à une dure réalité : Jésus ne leur a jamais donné un message précis à annoncer ni énoncé quoi dire ou ne pas dire. Il ne les a pas envoyés en docteurs de la loi; il leur a seulement demandé d’aller de l’avant, peu importe le chemin.

2018- B- Mc 8, 1-10 - samedi 5e semaine ordinaire - nourrissez-les

Avons-nous soupçonné un seul instant en écoutant ce récit du pain multiplié que nous sommes en présence d’un geste révolutionnaire ? Jésus s’occupe des autres. Véritable révolution à l’époque. Le système religieux favorisait la logique de l’exclusion. Par son geste, Jésus ouvre sur une autre logique, celle de l’inclusion. Il offre à tous, peu importe sa religion, sa nationalité, sa culture, sa situation sociale, de quoi manger. C’est toute une révolution.

2018-B-Mc 3, 20-21- samedi 2e semaine ordinaire- une vie «carambolage»

Vous connaissez le mot carambolage. Il peut signifier télescopage, échauffourée, commotion, secousse, ébranlement ou encore collusion. En ouvrant son évangile, Marc profile à travers l’exemple des gens de chez lui qui s’inquiétaient déjà des comportements de Jésus, une vie «carambolage».

2018-B-Mc 4, 35-41- samedi 3e semaine ordinaire- avis de tempête

L’évangile parle de tempêtes. Aujourd’hui, nous parlons d’ouragan, de cyclone, de typhon, de catastrophe écologique. Mots différents, même réalité. Ça secoue. Ça brasse. Ça laisse décombres, destructions, désolations, effondrements. Ce matin, l’évangile décrit notre chemin quotidien. Notre vie se déroule en haute mer, non à l’abri de ports sûrs. Baptisés, nous recevons cette invitation à demeurer des rameurs experts et valeureux pour traverser vers une autre rive, malgré des vents contraires. Je te guide sur le chemin où tu marches, si tu y portes attention […], ta paix sera comme un fleuve (Is 47,18).

2017-B-Lc 2, 36-40 -samedi octave Noël- éloge de la patience

Nous ne sommes pas créés pour rendre service à Dieu. Nous sommes créés pour le contempler. Et Luc nous présente la couleur de sa contemplation. Elle passe par un langage inclusif. Il associe toujours une femme à sa contemplation de la bonne nouvelle. Ce matin, c’est Anne, âgée de 84 ans. Au terme de son évangile, il associera une autre femme, Marie-Madeleine, celle à qui Jésus s’est révélé comme une source d’eau vive. Ces deux femmes sont sur leur terrain, des grands-mères qui nous tracent un chemin de rencontre avec Jésus.

Fragilité interdite ?

Le philosophe et psychanalyste Miguel Benasayag écrit que nous vivons dans une société fâchée avec la fragilité. Aujourd'hui, il est urgent comme réponse à la technolâtrie de réfléchir à la puissance du vulnérable[1]. La vulnérabilité et la fragilité peuvent s’appliquer à l'enfant, à la personne en souffrance, à l'exclu, à la personne âgée, mais aussi à tout humain dans ses limites naturelles et sa finitude.

2018-B-Mc 1, 7-11 -samedi 1ere semaine Noël- prendre soin de nos yeux

Jésus peut bien se cacher sous les traits humains, sous ceux de l’enfant de la crèche; il peut bien se présenter sans escorte, comme un quémandeur du baptême parmi tant d’autres, soumis au péché comme tout humain; il peut n’être que le fils du charpentier, n’être qu’un visage parmi tant d’autres au milieu de la foule de chercheurs de sens, avoir passé incognito la plus grande partie de sa vie dans un village jusque là sans histoire, il ne peut se cacher de Jean qui l’a reconnu avant même sa naissance quand sa mère Élisabeth salua Marie, la visiteuse.

2018-B-Mc 2, 13-17 -samedi 1ière semaine ordinaire - Lévi ou l'appel d'aller vers le vide

Lévi était expert en détournement de fonds public; c’était son seul diplôme universitaire, son seul doctorat. Sa réponse rapide à l’invitation de Jésus semble indiquer qu’il éprouvait, malgré sa renommée, un grand vide intérieur. Un vide existentiel. Ce sentiment de vide fut le point de départ d’une «carrière» d’imitation de Jésus qu’il n’avait pas prévue. Dieu ne se glisse pas dans une âme encombrée et déchirée par une multitude de possessions (Clément d’Alexandrie).