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2020-B-Mt 17, 10-13 - samedi 2e semaine AVENT- Élie n'est pas Jésus

Année B : samedi de la 2ière semaine Avent (litba02s.20)   

Mt 17, 10-13 ;  Si 48, 1-4.9-11 : Élie n’est pas Jésus.

Comment Jésus se percevait-il ? Avait-il conscience qu’il était fils de Dieu ? Et puis que signifie l’expression fils de Dieu ? Même les évangélistes ne répondent pas avec clarté à cette question. Il est certain que Jésus ne se voit pas comme le Messie attendu. Son comportement présente un Messie inattendu[1].

La référence à Élie est-elle une allusion, une référence, un simple parallèle, un rapprochement, une ressemblance, une identification ou simple comparaison ?[2] Il est certain que Jésus ne se voit pas comme Élie ni comme Jean-Baptiste. 

À bien y réfléchir, n’y a-t-il pas un peu de curiosité à chercher à savoir qui est Jésus alors que lui-même ne s’arrête pas à se définir, ne se donne aucun titre. Jésus accepte de parler de lui comme un fils de l’homme (cf. Mc 2,10; Mc 2, 28; Mt 8, 20; Mt 16, 13, etc.). L’expression laisse entendre que Jésus se voit un humain comme les autres. Le mot «fils» signifie une relation particulière avec quelqu’un. Est fils d’Abraham la personne qui vit dans le sillon d’Abraham. Est fils du royaume la personne qui est membre d’une royauté. Est fils de l’Église celui qui appartient à l’Église. Est fils de ténèbres qui mènent une vie de hors-la-loi.

À plusieurs occasions, Jésus se fait questionner sur son identité. Il ne donne jamais des réponses claires. Il dégage seulement qu’il est un croyant qui vit ses moments de prière avec grande intensité. Nous voulons savoir qui est Jésus dont nous allons célébrer la mémoire. N’arrêtons pas nos regards sur des titres qui sont post pascals. Ne nous attardons pas aux différentes manières dont Jésus se présente : je suis berger, je suis pasteur, je suis la porte, le chemin, etc. Jésus ne dit jamais qui il est. Il fait ce qu’il est.

C’est en regardant comment agit Jésus que nous perçons son identité. Jésus a pratiqué Dieu[3]. Il a conscience qu’il inaugure un temps nouveau, celui d’exister pour les autres, celui où les derniers, les exclus, seront les premiers, celui d’un appel à vivre ensemble tous en frères. En 2004, le directeur général de l’UNESCO parlait d’apprendre à vivre ensemble.

Ce qui exprime le mieux la manière d’agir et de vivre de Jésus, c’est qu’il tombe dans une transe indescriptible devant les exclus. Son option préférentielle pour les pauvres (cf. Evangelii gaudium, no 195) n’est pas une option politique, idéologique ou de parti. Elle est humanitaire. Jésus ne déclare pas les exclus plus vertueux que les autres. Il se fait le défenseur des sans voix.

Il est devenu l’un de nous pour nous. Il s’est dépouillé, a choisi la condition de serviteur (cf. Ph 2, 6-7) pour nous dire cela. Sa vie montre qu’il est à ceux qui n’ont rien, qui ne vivent avec rien ou presque rien, qu’il vit une grande proximité selon la belle expression d’un anthropologue, Gerhard Lenski, avec ceux dont on peut se passer, ceux qui sont en trop[4]. Jésus veut une égalité en acte et non une égalité uniquement prêchée. Sa vie est solidarité qui est autre chose que la générosité exprimée en temps de crise. Il pense en matière de justice, d’interdépendance, d’égalité[5].

Jésus se fait fraternité, solidaire de ceux dont on ne peut se passer pour leur redonner leur dignité humaine. Il se refuse d’être prisonnier d’un certificat de conformité. Il vit comme un insignifiant, observe le théologien méthodiste américain, Stanley Hauerwas. Il semble «obliger» les chefs religieux à le rejeter tant son comportement envers les impurs leur est inacceptable,  tant il vit, dit un rabbin à côté du chemin.

Plus scandalisant encore, Jésus place ceux qui sont en trop en position de tête, leur offre la première place et réserve la dernière aux «puissants». Il met fin aux clivages juifs-païens, purs-impurs. Il a voulu à partir du juif et du païen, créer en lui un seul homme nouveau [….], un seul corps au moyen de sa croix (Ep 2, 13-16).

Des questions à votre contemplation : qu’avons-nous fait de cette option ? Notre comportement recevrait-il aujourd’hui l’imprimatur Jésus ? Sommes-nous des «Jésus» pour les autres et comment le sommes-nous ? AMEN.

Autres réflexions sur le même passage:

C:\Users\Proprietaire\Documents\Textes de Gérald\Textes non corrigés\Année B : samedi 2ière semaine Avent (litba02s.20)  presque complet- sauf final https://www.diocesevalleyfield.org/fr/a-lire-pour-vivre/2019-mt-17-10-13-samedi-2e-semaine-avent-se-lever-pour-ressusciter

https://www.diocesevalleyfield.org/fr/a-lire-pour-vivre/2018-c-mt-1710-13-samedi-2e-semaine-avent-debloquer-lavenir-0

https://www.diocesevalleyfield.org/fr/a-lire-pour-vivre/2017-b-mt-5-17-10-13-samedi-2ieme-semaine-avent-regarder-jusqua-entendre

https://www.diocesevalleyfield.org/fr/a-lire-pour-vivre/2016-mtt-17-10-13-samedi-2e-semaine-avent-veux-tu-etre-noel

https://www.diocesevalleyfield.org/fr/a-lire-pour-vivre/2014-b-mt17-10-13-samedi-2e-semaine-avent-veux-tu-etre-prophete

 


[1] Lauraire, Gui, On n’enterre pas la lumière,  Éd. Temps Présent, 2015. 

[3] Marguerat, Daniel, Vie et destin de Jésus de Nazareth, Éd. Seuil 2019.  (Voir le chapitre 8, Jésus et sa vocation, p. 201s)

[4] Pagola, Jose Antonio, Jésus approche historique, Éd. Cerf, 2019, p.190

 

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Date: 
Jeudi, 26 novembre, 2020

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