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2012-B-Mc 5, 21-43- Mardi 4e semaine ordinaire - : relever, signature quotidienne de Jésus

Année B : Mardi 4e semaine ORDINAIRE (Litbo04m.12).
Mc 5, 21-43 : relever, signature quotidienne de Jésus

Plus on est divin, plus on est humain. Jésus montre sa divinité par sa profonde connaissance de l'humain. Il connaît les secrets des cœurs. Il perçoit très tôt la profondeur de la foi des personnes qui s'approchent de lui pour toucher son vêtement ou  pour l'implorer pour que la vie [d'un enfant] se maintienne en état de vie.

Pour Jésus, il était facile d'offrir un regard non de jugement, genre pourquoi m'as-tu touché, mais un regard pénétrant (Nb 24, 3). C'était facile, naturel pour lui de voir l'invisible des cœurs. Tes péchés te sont remis (Mc 2, 1-12), disait-il, à la surprise générale, au paralysé. Aujourd'hui, il relève la femme démunie d'avoir été trahie, par un simple toucher de son vêtement. Il relève et redynamise un chef de synagogue, pas le moindre. Pour Jésus, relever était sa signature quotidienne. Il anticipait ainsi ce jour où il sortirait relevé de la mort.

Voilà où conduit un regard en profondeur. C'est un regard libérateur pour la femme, un regard salutaire pour la fille qui faisait semblant d'être morte. Un tel regard rendait inquiets, pour leur propre pouvoir, l'entourage de Jésus et les chefs religieux. Ils avaient peur, comme Hérode, qui, paniqué, donna ordre de tuer tous les enfants en bas âge. Comme lui aussi, ils maniganceront en permanence de le faire mourir. Cette femme, qui comme les enfants de Rachel, ne disait mot, comme ce chef de synagogue suppliant ouvre l'engrenage qui conduira demain Jésus à la mort.

Saintetés, aujourd'hui, nos yeux ne tarissent pas de voir l'éphémère. Ils ont peine à le défoncer pour admirer ce grand jour qui se lève, le grand soir, dirait Marx. Nos yeux ont besoin de profondeur, d'intériorité. Ils ont besoin d'un outil, l'intimité avec Jésus, pour lire dans les cœurs.

François de Sales écrivait, le 17 février 1622, dans un sermon à sa communauté naissante, qu'ils y a des gens qui disent: je garde les commandements de Dieu [...] je ne suis pas larron [...] je fais ce que je sais qu'il faut faire pour être sauvé [...] mais tu seras pourtant réputé d'être un serviteur inutile. La foi vaillante n'agit pas ainsi [...] elle emploie toute sa force et prudence [...] à faire à voir tout ce qu'elle sait.

Il y a sans doute plusieurs chemins pour suivre Jésus mais plus nous voyons ce que Jésus voit, plus notre regard prend de la profondeur, plus nous savons nous reposer en lui, plus il fait des miracles, plus il relève. La volonté de Dieu c'est de voir comme lui. Alors, nous nous rendrons disponibles à aller habiter dans toutes les maisons où la mort, non pas tellement physique mais celle qui tue à petit feu tous les «indignés», attend.

La fécondité de notre foi - et Jésus confirme cela dans sa manière d'agir - n'est pas dans le beaucoup parler, mais dans ce profond silence qui nous unit à sa volonté et nous offre de voir comme il voit. Le premier bien-être d'éprouver la paix - cette paix où tout devient silence et repos (Jacques Bertot, mystique du XVIIe)-  que nous vivons quand nos vies sont inspirées par nos temps de contemplation dégage un tel parfum de sérénité au milieu de tant d'agitations, que nous faisons des «miracles». Nous engendrons l'incroyable puissance de redonner espoir et vie.

Notre combat de chrétiens n'est pas de changer ce monde où pilule les forces des destructions de l'humain, nous n'y arriverons jamais. Il nous faut seulement changer nos cœurs et nos regards pour nous conformer aux attitudes de Jésus. Il faut, comme cette femme et ce chef de la synagogue, l'audace de la confiance en Jésus. Alors, nous sentirons une force sortir de nous et nous demanderons nous aussi avec surprise : qui m'a touché ?

À votre contemplation : Sa Majesté n'a pas coutume de mal payer la bonne hospitalité qu'on lui donne, dit Thérèse d'Avila. En le touchant dans cette eucharistie, en lui donnant notre foi, les gens seront saisis de frayeur et s'interrogeront : ' Qu'est-ce que cela veut dire ? '. AMEN.
   


   

Évangile: 
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Date: 
Mercredi, 1 février, 2012

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