Vous êtes ici

Ajouter un commentaire

2019-C-Mt 4, 18-22 - saint André, apôtre

Année C : samedi de la 34e semaine ordinaire (litco34s.19)   

Mt 4, 18-22 ; Rm 10, 1-9 : Saint André, apôtre.   

Ce matin, les lectures nous appellent à un exercice de lucidité. Être lucide, c’est plus qu’être informé. C’est faire preuve de clairvoyance, de voir clairement les choses. C’est être éveillé, voir et comprendre les choses non seulement de l’extérieur, mais de l’intérieur ; non seulement à partir d’une logique rationnelle, mais de la logique du cœur.

Admirablement, l’apôtre André, honoré comme le premier des appelés par l'Église byzantine, a saisi avec  lucidité et vivacité la profondeur de l’appel de Jésus. Assoiffé de Dieu, il a vite compris qu’il lui fallait tout quitter pour donner à sa vie un tournant missionnaire. Jésus lui confirme cela : tu seras pécheur d’homme.

Jamais, il n’a pensé   laisser ses filets de pêche et suivre quelqu’un qu’il ne connaissait pas. Sa lucidité, sa perspicacité lui a fait entrevoir qu’il gagnerait plus à quitter  jusqu’à sa  personne  plus qu’à  préserver ce qu’il possédait.

Quelqu’un, Jésus, l’ayant regardé en profondeur, il fut vraiment lucide et clairvoyant de ce qu’il lui arrivait; l’appel de Jésus fut un véritable coup de foudre qui le poussa à partager son enthousiasme avec son frère Pierre  (cf. Jn 1, 40-43). Il fut le premier à donner à sa vie un tournant missionnaire. Le premier aussi à donner sa vie pour Jésus.  André ne voulait pas convertir Pierre à sa cause, il ne voulait pas sauver son frère, être son sauveur. Il voulait seulement lui exprimer la joie de ce qu’il vivait. On appelle cela, une foi par attraction. La foi grandit quand on la donne. Ainsi s’accroissent les effectifs autour de Jésus.  

L’appel de Jésus l’a fait culbuter dans un autre monde. Il ne se demandait plus comment mieux se positionner   pour impressionner les autres pêcheurs de sa connaissance de la mer. Il n’avait qu’un seul empressement,   éveiller ses amis à voir ce qu’il voyait, à entendre ce qu’il avait entendu. Ce qu’il a fait est tout simple, anodin, presque insignifiant : partager avec ses amis les plus proches, parler avec eux, partager son enthousiasme, sa fascination pour Jésus. Les évangélistes Matthieu et Marc confirment cela quand ils disent qu’il s’est mis à marcher avec Jésus sur une autre mer, celle des turbulences humaines.

Je pose la question que posait saint Bernard dans une homélie sur André. D'où proviennent  en cet homme cette exultation nouvelle et cette allégresse jusque-là inconnue ? D'où provient une telle fermeté cachée dans une si grande fragilité humaine ? D'où proviennent […]  une charité si brûlante, un esprit si robuste ? Et saint Bernard donne cette réponse : l’esprit est venu au secours de sa faiblesse.

Observons la lucidité de Jésus qui appelle André là où il est dans son lieu de travail, là où il passe ses journées sur le bord de la mer, dans une barque, là où il gagne son pain quotidien. Jésus a reconnu en lui le type de personnalité qu’il recherchait : non un érudit,  mais quelqu’un de simple,  quelqu’un qui n’avait aucune prétention de pouvoir, qui cherchait à donner un sens à sa vie, lui qui était déjà un disciple de Jean-Baptiste.

La liturgie de l’Avent nous le redira, Jésus vient pour nous appeler à notre tour à vivre le même enthousiasme, le même empressement qu’a vécu André. Jésus vient nous rejoindre comme il l’a fait pour André à partir du lieu de notre gagne-pain, là où nous passons nos journées, pour donner à nos vies un tournant missionnaire. À nous aussi il dit : tu seras pécheur d’homme, promoteur d’espérance.

Il vient, dit admirablement Charles de Foucauld, choisir lui-même ses adorateurs, pour éveiller des André, des Pierre, des Paul qui n’ont pas nécessairement songé à une telle carrière, celle de tout quitter. Il vient appeler; en effet, comment croire en lui, sans l’avoir entendu? Comment entendre sans personne pour proclamerComment proclamer sans être envoyé? (cf. Rm 10, 14-15).

Cette fête met en évidence notre réenchantement d’être avec lui (Mc 3, 14) qui, le premier, a tout quitté pour être ce Dieu avec nous. AMEN.

Autres réflexions sur ce même passage :

https://www.diocesevalleyfield.org/fr/a-lire-pour-vivre/2007-c-mtt-4-18-22-apotre-andre

https://www.diocesevalleyfield.org/fr/a-lire-pour-vivre/2009-c-mtt-4-18-22-saint-andre-apotre

 https://www.diocesevalleyfield.org/fr/a-lire-pour-vivre/2011-b-mtt-418-22-andre-apotre-ne-rien-direte-regarder

 

Évangile: 
Année: 
Épitres: 
Pérode: 
Date: 
novembre, 2019

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.