Vous êtes ici

Ajouter un commentaire

2019-C-Jn 16, 12-15- mercredi 6e semaine de Pâques- Impossible de penser Dieu sans l'humain

Année C : mercredi de la 6e semaine de Pâques (litcp06me.19)  

Jn 16, 12-15 ; Actes 17, 15,22-18,1 : Dieu n’est pas pensable sans nous. 

 J’ai encore beaucoup  de choses à vous dire. En quelques mots, Jésus exprime que nous n’aurons jamais fini de saisir Dieu. À l’heure où Jésus passe de ce monde à son Père, il aborde un aspect de son identité qui ne sera jamais complètement saisissable. Il parle de sa relation avec son Père. Relation, ce mot cache une intensité indéfrichable.  Pour nous en approcher, Jésus s’engage à nous assurer de l’Esprit qui nous introduit dans le mystère de cette relation.

Tout au long de consultations thérapeutiques, il est facile d’observer que ce qui fait le plus mal, ce pour quoi la personne consulte d’ailleurs, c’est l’incapacité de vivre une relation vraie avec l’autre, une relation authentique après une chicane. Elle ressent une lourde distance avec ses semblables, ses proches, et souffre de ne pas vraiment s’ouvrir aux autres.

Sans relation, la personne réalise avec tristesse qu’elle est confinée à mener une vie de solitude qu’elle ne peut briser. Elle se sent emprisonnée, enfermée dans un univers clos. Sans relation, il n’y a personne à qui se confier, exprimer son mal intérieur, ses soucis, ses joies, ses attentes. Elle est seule. Personne n’est une ile, dit un dicton.

  Une vie sans relation est une vie sans avenir. Sans fondation solide. Ce qui a «sauvé» Jésus de la déprime, c’est justement sa relation indéracinable avec le Père. Jésus ne parle pas à son Père. Il parle avec son Père. L’un n’est pas l’écoutant et l’autre parlant. Ils sont l’un avec l’autre et non pas l’un à côté de l’autre. Tour à tour l'un  parlant et l'autre écoutant. Tout ce qui possède le Père est à moi. Entre Jésus et le Père, il n’y a pas la primauté du moi qui parle, ni primauté de l’autre qui écoute, mais réciprocité et interpénétration, imprégnation mutuelle. La pensée de l’un construit celle de l’autre. La volonté de l’un s’exprime dans celle de l’autre.

L’évangéliste Jean montre avec clarté que Jésus est connecté au Père. C’est ce qui lui a permis de passer au travers de durs moments, de ne pas se sentir seul aux heures les plus difficiles. Son cri  pourquoi m’as-tu abandonné atteste sa grande proximité avec son Père. Ce n’est pas un cri de distance, mais bien la révélation de sa proximité avec son Père. Jésus dit tout à son Père.

À  la fin de son séjour sur terre, Jésus nous dit qu’il s’est incarné, qu'il est un lien pour nous inviter à n’être que relation avec son Père et le Père avec nous. Tout ce qui appartient au Père lui appartient aussi;  et est aussi à nous, parce que nous sommes de la descendance de Dieu (Ac 17, 28), de la race Dieu, traduit la bible de Jérusalem, et que nous participons à sa vie, à son être divin (Ac 17, 27). 

Quel message d’adieu que celui-là ! Dieu est trop réservé, trop pudique sur sa personne pour nous imposer à reconnaître que nous sommes de sa race. C’est à nous de découvrir la présence de ce Dieu inconnu, dont parle Paul dans son discours devant l’Aréopage, de découvrir qu’il refuse de passer sa vie dans son «lazy-boy» divin, prisonnier du luxe. Dieu est un Dieu en sortie de lui-même. Aucun autre «dieu» n’agit de la sorte. Si quelqu’un m’aime […]  mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure (Jn 14, 23).  

Et nous, aujourd’hui, nous sommes connectés à nos appareils sans fils, sans lien véritable avec les autres. Cette vie déconnectée accroît la tendance du chacun pour soi.  Je ne deviens conscient de moi, dit le philosophe Bakhtine, je ne deviens moi-même qu'en me révélant pour autrui, à travers autrui et à l'aide d'autrui […]. Être signifie communiquer […]. Je ne puis me passer d'autrui, je ne puis devenir moi-même sans autrui. 

À votre contemplation : Dieu ne supporte pas la solitude. Faisons l'homme à notre image. Comprenons-nous bien cette affirmation qui ouvre le livre de la Genèse? Cela signifie que tous les humains deviennent lui,  sont en lui. En disant cela, nous rejoignons les paroles de Jésus dans l'évangile de Jean : que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et que je suis en toi, qu'ils soient en nous eux aussi (Jn 17,21). Dieu ne vit que pour nous et nous pour lui. Devenons un avec lui. AMEN.

 

Évangile: 
Année: 
Pérode: 
Date: 
mai, 2019

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.