Année A: Mc 7, 31-37- vendredi de la 5e semaine ORDINAIRE- effata
Année A : vendredi de la 5e semaine ORDINAIRE (litao05v.26)
Mc 7, 31-37 : Effata
On amène à Jésus quelqu’un qui a de la difficulté à parler. Qui est ce quelqu’un ? C’est chacun d’entre nous qui avons de la difficulté à dire Jésus. Est muet celui qui n’entend pas. C’est l’oreille qui commande la langue. On ne s’aperçoit pas qu’on a besoin de s’entendre dire effata.
Jésus a fait des choses merveilleuses, qui sont racontées dans les neuf dixièmes de l’Évangile. Pour avoir la vie en abondance (Jn 10,10) il faut écouter en profondeur les paroles de Jésus. Il faut écouter par le cœur. N’ayez pas votre cœur dans vos oreilles, mais vos oreilles dans le cœur (Augustin).
Effata, est l’un de ces mots à entendre. Ce n’est pas une technique pour s’approcher de nous ni un moyen de faire semblant de nous porter attention. Il résume ce que Jésus accomplit en nous : ouvrir ce qui est fermé, dégager ce qui est bouché, creuser ce qui fait obstacle à son message.
C’est plus qu’un bonjour matinal pour souhaiter à quelqu’un de passer une bonne journée. C’est plus qu’une parole de politesse. Il ne suffit pas de demander ‘comment vas-tu ?’ pour réellement montrer qu’on s’intéresse à l’autre. Quand la caissière me dit ‘bonjour, com-ment ça va’, c’est une formule de simple politesse, un rite. Honorer Jésus des lèvres (Mc 7,6), se laver les mains (Mc 7, 1-13), prononcer son nom, ne fait pas de nous des croyants, encore moins des paroles de Dieu.
Effata est tellement un mot merveilleux que les évangélistes ne l’ont pas traduit pour éviter de lui enlever toute sa saveur. Chaque matin [il] éveille mon oreille – qu’on peut traduire aussi par « Dieu creuse » ou « ouvre » – pour que j’écoute comme un disciple ; le Seigneur Yahvé m’a ouvert l’oreille (Is 50, 4). Saint Augustin, dans ses homélies, dit que J'ai frappé plusieurs fois à la porte de cette parole, jusqu'à ce que je puisse entendre ce que Dieu me disait.
Jésus a plus que redonné la parole en faisant entendre un sourd. Il a plus qu’enlevé sa surdité. Il lui a exprimé la beauté de sa foi. Ce n’est pas les faveurs que nous obtenons de Jésus qui nous rapprochent de lui, mais notre foi (Laurent de la Résurrection). Il ne pouvait plus se taire tant il était devenu dans sa personne un sacrement qui montre Jésus. Sa vie faisait entendre la parole : Effata. Je fais de toi la lumière des nations pour que ma vie parvienne jusqu’aux ex-trémités de la terre (Is 49,6).
Pour nous, sortir de notre surdité, c’est chercher Jésus non parce qu’il nous donne à manger. Souvent nous recherchons Jésus, nous le prions, parce que nous cherchons notre propre intérêt (Ph 2,4). Nous sommes sourds à l’entendre nous parler de lui et préférons porter attention à ce qu’il nous donne. Nous honorons Jésus des lèvres (Mc 7,6), pour ce qu’il nous donne.
Honorer par le cœur, c’est le reconnaître, Lui, dans sa personne de fils de Dieu. Vous me cherchez, dit Jésus, parce que je vous donne à manger et non parce que vous avez saisi qui je suis (Jn 6, 25). C’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées profondes (Mc 7, 23).
L’œuvre que Dieu attend de vous, c’est que vous croyez (Jn 6, 29). C’est laisser Jésus entrer en nous et nous de demeurer en lui. Cela est impossible à taire. Que Jésus et non ce qu’il fait pour nous, soit notre priorité. AMEN.,
