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2026-A-Mc 6, 30-34- samedi de la 4e semaine ORDINAIRE

Année A : samedi de la 4e semaine ORDINAIRE (LITAO04S.26)
Mc 6, 30-34 : vivre à l’écart

Reposez-vous un peu ? Nous comprenons souvent cet appel à se retirer, à s’éloigner de nos activités régulières. Ce n’est pas faux. Mais l’Évangile porte un autre regard. Celui de se reposer d’être fatigué de nos efforts à bien vivre en chrétien. Celui de cesser de s’épuiser de ne pas être parfait.

Dans un petit livre d’Eloi Leclerc, sagesse d’un pauvre, François demande à Frère Léon, sais-tu, frère, ce qu’est la pureté du cœur ? C’est de n’avoir rien à se reprocher lui répond Frère Léon. Crois-moi, répond François, ne te préoccupe pas tant de la pureté de ton âme….  Ne t’attriste pas d’être imparfait.

François propose à Frère Léon de ne pas se fatiguer à faire la liste de ses imperfections, de ses manques de prière, de sacrifice, d’empressement à aider les autres. Cela ne doit pas être une excuse pour se retirer et [nous] évite de s’installer dans la médiocrité (EG # 121). L’essentiel est de supporter avec douceur nos imperfections, voilà la sainteté, écrit Thérèse de Lieux. Notre fardeau est de mal vivre nos failles.

La recherche de l’excellence peut être dangereuse, voire toxique. Elle peut devenir une obsession de performance, de résultat, d’efficacité. La perfection chrétienne n’est pas synonyme de perfectionnisme qui ne sert que notre propre gloire. L’Écriture redit sous différente forme que nous sommes imparfaits mais que nous sommes beau aux yeux de Dieu. Paul écrit d’expérience que, lui pharisien, a renoncé à sa religion de la perfection pour tendre vers le Christ, celui qui s’est abaissé pour nous élever (Phil 3,8).

Charles Péguy écrit et cela me touche beaucoup, c’est parce qu’un homme était par terre que le Samaritain le ra-massa. C’est parce que la face de Jésus était sale que Véronique l’essuya d’un mouchoir. Or, celui qui n’est pas tombé ne sera pas ramassé ; et celui qui n’est pas sale ne sera pas essuyé. 

François propose à Frère Léon de ne pas se fatiguer à toujours allonger la liste de ses manques de prière, de sacrifice, de secourir les autres. L’essentiel est plutôt de bien vivre son quotidien, incluant ses imperfections. Ce qui est épuisant, c’est d’entrevoir la vie chrétienne comme obligeant à poser des gestes extraordinaires, à vivre les yeux au ciel. Non, c’est vivre simplement ce qui nous arrive. Et voilà bien ce qui est un fardeau.

Ce qui est épuisant c’est de toujours fixer notre regard sur ce que l’on ne fait pas. À l’écart pour changer nos regards. Pour présenter à Dieu nos fragilités qui attirent Jésus, bon Samaritain, vers nous. Quel désastre ! Nous ne sommes pas parfaits. Nous sommes des êtres en manque. Nous possédons tous ce diplôme universitaire d’être parfaitement imparfait. Nous sommes des diplômés de l’imperfection. C’est plus qu’un doctorat honorifique. Cela marque au fer rouge notre quotidien.

À l’écart, nous prenons conscience qu’il y a quelque chose de plus fort que nos imperfections. Jésus suggère une pause-santé pour nous éviter de vivre asphyxier par de fausses illusions comme poser des gestes extraordinaires. Le vrai fardeau n’est pas d’être écrasé pour nos manques de bonté, de charité, de délicatesse, mais de ne pas laisser Dieu entrer en nous par le chemin des petites choses désagréables. Plutôt que de lutter à ne pas entendre le bruit dérangeant d’une compagne durant l’heure d’oraison, Thérèse en faisait sa petite voie. La perfection est facile parce qu'elle consiste à reconnaître son imperfection et de s'abandonner à la miséricorde de Dieu écrit la sainte.

Dans sa réponse au Frère Léon, François D’Assise lui indique qu’il faut dépasser la tristesse de ses erreurs, de sa maladresse à vivre l’Évangile et d’accepter ses imperfections qui sont des sentiments humains. Il l’invite à donner de la profondeur à son regard en voyant l’insondable et indéfinissable compassion de Dieu pour lui. 

Le piège qui nous guette est de développer la rage de la perfection (Bellet Maurice), de rechercher une diplomation de la perfection. Éliminer nos imperfections ne sera jamais possible. La foi chrétienne est de ne pas les vivre comme un fardeau trop lourd. À l’écart, nous prenons conscience que ce fardeau, Jésus s’empresse de nous aider à le porter. Me grandir, c’est impossible, je dois me supporter telle que je suis avec toutes mes imperfections. Amen.

 

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Date: 
Lundi, 9 février, 2026

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