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2021-B-Lc 12, 39-48- mercredi de la 29e semaine du temps ordinaire-une image de Dieu ?

Année B- mercredi de la 29e semaine ordinaire (litbo29me.21)     

Lc 12, 39-48 ; Rm 6, 12-18 : déconfiner nos images de Dieu.  

Cela suffit le discours de la peur de Dieu. Cela suffit de se déclarer chrétiens de droite ou de gauche. Cela suffit de voir d’un côté les bons et de l’autre les mauvais. Nous sommes tous et toutes, plus ou moins, un mélange de droite ou de gauche, de bien et de mal, d'ombre et de lumière.

L’évangile entendu appelle à « travailler » notre connaissance de Dieu. Il est question de travail. Heureux le serviteur qui travaille à nourrir sa maisonnée. Quel est ce travail qui réjouit le maître à son retour ? Je risque une réponse parmi tant d’autres. Offrir des tables de questionnement sur ce maître qui reviendra chez lui.

Trop souvent, nous tenons pour acquis que nous connaissons ce maître qui reviendra chez lui. Pour les uns, ce maître est d’une générosité inattendue. Il lui confiera davantage de bien. Pour d’autres, il est d’une sévérité impitoyable. Il lui fera partager le sort des infidèles. Maître Eckhart enseigne que tout ce que tu fais et penses sur Dieu est plus sur toi que sur lui. Aujourd’hui, nous sommes nombreux à défendre l’existence de ce maître. Nombreux aussi ceux qui s’interrogent sur qui il est. 

Que connaissons-nous de ce maître dont personne n’a jamais vu ? Nous avons bien une image de lui, mais l’avons-nous rencontré ? Ce qui meurt actuellement, ce sont nos images « fabriquées » d’un Dieu dogmatique qui vit dans un autre monde, loin, très loin du nôtre. Il faut « faire le ménage » sur nos idées toutes faites, sur nos fantasmes, voire nos idolâtries sur Dieu. Qui est ce maître pour nous ? En quel maître nous ne croyons plus ? Que signifie-t-il pour nous ?

Ces questions nous taraudent, nous tiennent en éveil. Elles nous collent à la peau à toutes les étapes de notre vie. Je dirais même que plus nous avançons en âge, plus nos certitudes d’autrefois s’évanouissent, plus nos convictions disparaissent dans un flot de questionnements qui ne semble jamais s’apaiser. Se questionner ne signifie pas perdre foi. Cela nous tient en mode « faire connaissance » de Jésus non par ouï-dire, mais en entrant un peu dans son intimité. En goûtant sa présence. En humant la fraîcheur de ses comportements.

 Se tenir prêts, réunis autour d’une table partageant nos questionnements, nos recherches sur Dieu, à donner une réponse personnalisée sur qui est ce maître, dans une culture en passe de rejeter Dieu (Joseph Moingt). Se tenir prêts à répondre que le Dieu tout-puissant et sévère de notre catéchisme, punitif et exploitant nos failles, n’est plus croyable. À répondre que ce maître n’est pas responsable de nos situations pandémiques, des catastrophes naturelles. À répondre comme l’exprimait au début des années 90 un théologien belge, A. Gesché, qu’un Dieu hors du monde, un Dieu séparé, nous a amené à un monde sans Dieu.  

Il appartient à tous les baptisés et pas seulement aux clercs de définir l’identité de ce Maitre. Nous sommes tous responsables de le faire vivre dans le monde actuel, de « travailler » à rafraichir son image. Prendre la parole et agir pour bien présenter ce Maître est une responsabilité baptismale. Le pape a bien compris cela en invitant tout le peuple de Dieu et pas seulement la hiérarchie à entrer en mode synodale. 

Garder notre lampe allumée n’est pas un appel à préparer pour un lointain au-delà. Ce serait alors comprendre l’Évangile comme une fuite du quotidien. Le jour du Fils de l’Homme arrive à chaque instant de nos journées et plusieurs fois par jour. Matthieu au chapitre 25, affirme cela quand il termine son récit du jugement dernier par ces mots : ce que vous avez fait au plus petit, c’est à moi-même que vous l’avez fait.

L’attitude du maître et son retour à l’improviste ouvrent notre regard sur l’essentiel. Aujourd’hui la préoccupation des gens ne porte pas sur ce monde de l’au-delà.  Autant pour les croyants que les incroyants l’essentiel est de bâtir des projets de paix et non de malheur (Cf. Jr 29,11) pour y discerner qu’au-delà du voile noir de la nuit, une aube nous attend (poète Gibran). 

( Autre piste possible : Ce que les évangiles rapportent sur ce Maître, ce dont les gens ont le plus retenu de lui après son départ, porte sur l’essentiel. Aujourd’hui l’essentiel ne porte pas sur le ciel après la vie de ce monde. Il ne porte même pas sur le monde de l’au-delà. Cela ne préoccupe pas les gens aujourd’hui. Il se préoccupe de vivre dans un environnement harmonieux, pacifique, sans haine ethnique. Sans l’exprimer, les gens désirent que le royaume tant annoncé par Jésus se concrétise dans leur vie. Les premiers chrétiens ont retenu de Jésus son acharnement à désirer transformer la société en royaume, en une terre ou fraternité et égalité sont la norme « ordinaire » de vivre.

La foule qui recherche Jésus, qui l’écoute, ne se soucie pas de leur vie après la mort ni même sur l’existence d’un monde de l’au-delà. Elle pressent que Jésus leur ouvre un chemin pour vivre dans un environnement harmonieux, pacifique, sans haine ethnique. La foule voit en Jésus un prophète porteur d’une bonne nouvelle. Notre monde porte les mêmes attentes.)

Dans la lecture, Paul invitait les Romains à « retravailler » en permanence le sens de mourir au péché. Il n’annonçait pas le monde de l’au-delà, mais la transformation radicale de ce monde. Sans ce « travail », nous risquons de nous ankyloser, de nous empêtrer à marcher sur un chemin sans issue.

À votre contemplation : demandons-nous chaque jour : quand t’avons-nous rencontré Seigneur ? Notre quotidien est plein de ces rendez-vous manqués avec ce maître par manque d’attention, de disponibilité aux autres. Commençons à « retravailler » notre image du Dieu de notre foi et notre espérance revivra. AMEN.

 

 

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Date: 
Jeudi, 14 octobre, 2021

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