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201-C- Lc 22, 24-30 bienheureuse Marie Léonie- servir, c’est régner

Année C : samedi de la 2e semaine de Pâques (litcp02s.19) 4 mai

 Lc 22, 24-30 : pour mère Léonie  servir, c’est régner

Nous venons d’entendre l’histoire de notre rôle dans l’Église. Ce matin, Jésus nous demande : où est notre priorité ? La recherche de notre rôle est révélatrice de notre état d’âme. La priorité du disciple n’est pas de renier ses parents, sa famille, mais bien de se maintenir en état de service. La plus haute distinction qui puisse être accordée à un chrétien, la plus grande promotion que nous puissions lui reconnaître, c’est un certificat attestant la qualité de son service. Pas n’importe lequel. Le service des petits gestes de rien qui fait tellement de bien. Notre Église diocésaine offre régulièrement de tels certificats de fidélité à servir. 

Avant d’incliner la tête sur la croix, Jésus n’a pas eu peur de s’incliner devant ses disciples et de leur laver les pieds. Les rois des nations les commandent en maîtres et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler bienfaiteurs. Pour vous, rien de tel (Lc 22 25). Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur (Mc 10, 43). Devenir grand, c’est servir l’homme (Paul VI au terme du Concile).  

Mais servir? La belle devise ! Qui d'entre nous ne souhaite pas vivre d’une plus grande entraide mutuelle ? Qui peut affirmer rechercher la dernière place ? Même en se dévouant pour les autres, la complaisance et l’admiration de soi-même nous guettent. Une tension existe entre ces appels à servir et notre envie d'acquérir une place au soleil, de s'épanouir. L’évangéliste Luc raconte l’histoire de disciples dont la mère revendiquait pour eux la première place. Jésus répond qu’il n’y a pas de service à bon marché.

Le service à bon marché, c’est servir en ne renonçant à rien. C’est servir pour être vu. C’est chercher à plaire pour obtenir une promotion. C’est imposer à Jésus ses conditions pour que ses volontés soient faites.  Ce sont les quinze maladies que le pape François diagnostiquait; et il appelait les plus hauts dirigeants de l’Église à refuser la tentation mondaine d’être servis, de désirer grimper plus haut que les autres.

Le service qui coûte cher est celui où, avec enthousiasme, nous faisons la volonté d’un autre.  C’est, et ce n’est pas très gagnant, servir comme Jésus, en s’abaissant. Les petits gestes fraternels sont souvent les plus éprouvants, observe un Jean de la Croix, qui ajoute: nous aimerions souvent une croix plus lourde. Vivre à la perfection les petits gestes de service n’est jamais parfaitement intégré à nos vies.

Saint Paul résume bien ce service dans la première lecture : par-dessus tout, ayez l’amour qui est le lien le plus parfait. Servir, c'est la vie de l'homme sur la terre (Job VII, 1). Le Coran atteste cela : le plus élevé des hommes est leur serviteur. Une prière eucharistique dit que nous sommes choisis pour servir en ta présence. Un tel service  est une lutte constante contre un adversaire de taille qui ne rêve que  d’une chose : propulser notre moi en position de pôle de départ.

Nous admirons une femme de chez nous, une femme qui a hébergé votre communauté naissante; elle faisait de petites choses à première vue anodines, et pourtant combien essentielles, comme l’entretien d’une maison et la préparation des repas; elle a refusé d’y voir un service à bon marché.  À son réveil, elle ne se demandait pas ce qu’elle allait faire, mais plutôt comment bien vivre les petits gestes effacés de son quotidien. Sa vie fut de se consumer dans l’amour de Dieu et faire toutes choses pour son amour pour bien vivre son sacerdoce baptismal.

Elle savait l’importance des petits gestes de bonté. C’était sa béatitude de bien les accomplir.  Elle offrait ses yeux, ses mains, son cœur aux prêtres sur qui elle portait un regard d’admiration qui fait bien défaut aujourd’hui, mais qui fait tant de bien à qui le reçoit. Catherine de Sienne écrivait que servir, c’est régner (Lettre 62). Nous célébrons une dame au cœur magnanime et d’une grande noblesse d’être; elle est un maillon important de notre histoire.

Comme Marie, elle voulut que sa communauté soit une diaconie de service de la charité aux bras ouverts aux autres et un cœur sur la main, accueillant tout le monde comme si c’eût  été Dieu lui-même. Elle fut humble parmi les humbles (Jean Paul II, Béatification de Mère Léonie). Elle était, dit-on, la mère de toutes les nécessités.

Que mère Léonie soit pour nous un modèle admirable d’humilité, de charité, de dévouement (oraison) pour chercher à vivre comme Jésus. Amen.

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Date: 
mai, 2019

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