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2019-C-Jn 7, 40-53- samedi 4e semaine carême- être sur la croix plutôt que de la contempler

Année C : samedi de la 4e semaine du carême (litcc04s.19) 6 avril 2019

Jn 7, 40-53 : être sur la croix plutôt que la contempler

Jésus n’a pas froid aux yeux. Même si l’origine de cette expression demeure ambigüe, elle est comprise comme quelqu’un qui est audacieux, décidé, hardi. Dis négativement, ne pas avoir froid aux yeux se comprend comme quelqu’un qui n’est pas un lâche, pas un peureux. Cette attitude de Jésus a fait reculer les soldats. Ils furent impressionnés par ce qu’ils ont vu : quelqu’un d’humainement inimaginable. Cela les a transformés complètement. Vous aussi vous êtes de son bord. L’attitude de Jésus les a déverrouillés du non-sens de leur vie, du vide de leur vie.

Ces soldats ne sont pas des théologiens, ils se tiennent loin des débats que suscite la présence de Jésus et font leur travail sans se poser des questions;  les voilà qu’ils offrent la meilleure réponse théologique à la question «qui est ce Jésus de Nazareth?» : jamais quelqu’un n’a parlé comme lui. Quel renversement de situation!

Non seulement les soldats ont  désobéi  à l’ordre formellement reçu, mais ils prennent la défense du prévenu. Oubliant pourquoi ils sont venus, ils écoutent longuement Jésus. Aucun d’entre eux ne songe à l’appréhender parce que cet homme, qui soulève tellement de haine contre lui, les rejoint au plus profond d’eux-mêmes. Plus ils l’écoutent, plus ils ressentent une paix inhabituelle.

C’est la forte déclaration c’est moi qui a ébranlé les gardes venus l’arrêter (Jn 18, 5). Leur réaction se rapproche de celle du centurion au pied de la croix, témoin direct des injures haineuses de la foule, de son agonie et de son pardon : vraiment, cet homme était le fils de Dieu (Mc 15, 39).

C’est le détachement de Jésus devant tant de colère, tant d’animosité qui grondait autour de lui qui a impressionné et désarmé les soldats venus l’arrêter. Jésus ne semble pas inquiet, troublé, n’élève pas la voix, ne s’emporte pas. Il ne fait rien pour se disculper, n’oppose aucune défense, n’utilise pas l’épée comme Pierre, n’accuse personne, ne justifie en rien ce qu’il dit ou fait. Il affronte avec calme ses opposants, garde son sang-froid,  continue de se tenir du côté des nécessiteux, de se mouiller pour eux. Malgré un contexte plutôt tendu, Jésus dégage une grande paix intérieure et extérieure. Une telle attitude confond ses opposants. Vraiment, personne n’a agi comme lui.

Épié, calomnié, vilipendé, accusé d’hérésie, traîné dans la boue par ses adversaires, Jésus demeure imperturbable, convaincu que là où une personne souffre, il faut la prendre en charge jusqu’à faire sienne sa souffrance. Il choisit de se tenir près des rejetés qui vivent dans les Ninive de son temps. Ses amis préférés sont les païens avec qui il entretient d’excellentes relations. Il sait amorcer une bonne conversation avec tous les Adam qui se tiennent à distance des synagogues.

Contrairement aux philosophes stoïciens qui appellent à supporter avec héroïsme la souffrance, Jésus partage la douleur des souffrants. Il souffre de voir tant de mépris pour les pauvres, les exclus, les hors-la-loi, les marginaux et cela séduit les soldats.  Jésus ne se laisse pas abattre par les détresses qu’il endure pour secourir les mal pris.

 Jésus est de la trempe des prophètes aux discours durs : Vous n'êtes que des sépulcres blanchis, vous êtes blancs à l'extérieur, mais à l'intérieur vous n'êtes que pourriture (Mt 23, 27). Comme eux, il refuse d’atténuer son message. Il invite ses opposants à vivre autrement qu’avec une loi sans âme. Saint Augustin disait que s’il avait voulu nous condamner, il se serait tu. 

La réaction des soldats atteste celle de Nicodème qui de nuit, est allé voir Jésus. Lui aussi fut accusé par ses pairs d’avoir changé de bord. Es-tu de Galilée, toi aussi ? Jamais aucun prophète ne surgit de Galilée. Mais quand l’intimité avec Jésus n’existe pas, quand le regard sur lui n’est qu’extérieur, les jeux sont faits et plus personne ne peut faire changer la décision de tuer Jésus.

À votre contemplation : plus mon intimité avec Jésus est grande, plus il est possible, mais non nécessairement facile, de se dépouiller de soi-même pour être avec lui. Pour souffrir avec lui. Marie a éprouvé cette intimité. Elle a énormément souffert. Durant ces jours de la passion, portons toutes les souffrances du monde parce que, comme l’exprime François de Sales, il vaut mieux être sur la croix que de la contempler. Amen.

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Date: 
mars, 2019

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