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2019-C-Mc 3, 20-21 samedi 2e semaine ordinaire- il a perdu la tête

Année C : samedi de la 2e semaine ordinaire (litco02s.19)

Mc 3, 20-21 : il a perdu la tête  

Qui d'autre que Jésus est atteint d’une douleur profonde, douleur mentale pour chacun de nous, écrit sainte Battista ? Qui d'autre que Jésus a eu tant de  soucis pour les blessés et les hors-la-loi ? Qui d'autre que  Jésus ne porte ni signes distinctifs ni signes  sacerdotaux lui permettant de parler avec autorité dans les chaires des temples ? Qui d'autre que Jésus priorise la dignité à donner aux moins que rien au détriment de sa propre personne ? Qui d'autre que Jésus peut se présenter à ses proches, ses disciples, sous un visage tellement pauvre, faible, mortel qu’on ne peut le reconnaître sous sa vraie identité ? Il n’est que le fils du charpentier (cf. Mc 6,3).

Pour exprimer tout cela, pour éviter que son évangile soit d’une longueur interminable, Marc dit simplement ceci: il a perdu la tête. Il a perdu la tête  ce Jésus qui demande à boire à une prostituée au puits de Jacob et de surcroit à une samaritaine à qui on ne parle pas. Jésus a perdu la tête vu qu'il rencontre Lévi, le publicain, pour le sortir de son métier de voleur.

Il a perdu la tête ce Jésus qui regarde sans haine dans son cœur Judas qui le trahit. Il a perdu la tête ce Jésus qui répond à ceux qui lui amènent une femme surprise en train de commettre un adultère : celui d'entre vous qui est sans péché, qu'il soit le premier à lui jeter la pierre (Jn 8, 7). Il a perdu la tête en ne retenant pas près de lui ceux et celles à qui il faisait du bien. Quel détachement de sa part ! Il a perdu la tête en nous choisissant.  La liste pourrait être longue puisque Jésus vivait en dehors des normes de son temps.

Que de soucis Jésus avait pour ceux qui avaient perdu la tête ! Que de soucis pour ceux qui le cherchaient dans le désert jusqu’à les nourrir d'un peu de pain ! Que de soucis il portait pour soulager des inconnus, des non-membres de sa famille de sang! Qui est ma mère et Jésus regarde la foule. Que de soucis il avait pour ce jeune homme riche qu’il aimait, pour Marthe et Marie, à la mort de Lazare ! Jésus a développé la pastorale de l’oreille. La pastorale de la proximité avec les mal-aimés. Son premier souci n’était pas de remplir leur tête, mais de toucher leur cœur.

Jésus a redonné la vie en risquant la sienne jusqu’au bout, en nous acceptant tel que nous sommes.  Il n’a pas retenu près de lui ceux qu'il a guéris, ceux qu'il a  touchés par sa parole. En conséquence, il se retrouve seul face à ses accusateurs qui le conduiront à la mort. Jésus nous aime plus qu’il s’aime lui-même. Comprenons-nous cela ? Est-ce même compréhensible ?  

Jésus nous recherche comme un père qui met sa vie en jeu pour son fils. Il nous cherche comme une mère qui affronte les mitraillettes pour arracher son fils de la mort. Il nous désire comme l’amoureux qui n’espère rien d’autre que de voir surgir un simple sourire sur le visage de sa bien-aimée. Jésus ne se fait pas proche de nous seulement parce que ça fait chic.

Jésus  refuse d’anesthésier en lui la douleur qu’il ressent en présence des souffrants de toutes sortes. Humain, il a pris sur lui toutes les échardes de la race humaine. Il est charitable à l’infini, imbattable dans l’oubli de soi. Il a tellement jeté cette petite chose qu'on appelle 'Moi' [qu’il est] devenu le monde immense (Muso Soseki, moine tibétain).

Aujourd’hui, nous retrouvons ce comportement de Jésus dans ces nations qui accueillent les étrangers, les migrants, au risque de soulever l’extrême droite religieuse ou, pour des dirigeants politiques, de perdre le pouvoir au nom de l’ouverture aux autres. Ce comportement nous le retrouvons dans cette communauté ANTA AKHI en Libye qui, au milieu d’une terre ravagée, accueille depuis vingt-cinq ans des jeunes avec de lourds handicaps. Des jeunes considérés comme des non-personnes tant ils sont inutiles aux yeux de bailleurs de fonds. 

Comme me l’écrivait dans un courriel le 8 septembre dernier, fête de la nativité de Marie, la religieuse responsable de la Maison : vingt-cinq ans au service d’une mission qui met la personne au centre et qui vise un vivre ensemble dans la paix, la joie, par l’amour, en frères. Le courriel ajoute que malgré les moments difficiles par lesquels passent Anta Akhi, le Liban, et divers coins du monde, nous n’avons jamais manqué de l’essentiel. Nous avons fait notre part et laissé à Marie, mère de notre maison, sa part.

Jésus ne délaisse jamais ceux et celles qui ont perdu la tête pour lui. AMEN.

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Date: 
janvier, 2019

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