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2017-A-Mc 6, 30-34- samedi 4e semaine ordinaire- un silence parlant

Année A- samedi de la 4e semaine ordinaire (litao04s.17)
Marc 6, 30-34 : un silence qui parle

Laissons-nous impressionner par cet appel de Jésus à aller sur l'autre rive; un appel qui nous rejoint particulièrement ici, dans ce lieu monastique. Jésus désire que ses disciples éprouvent la même relation qu'il entretient avec son Père.  Son désir de voir ses disciples être avec le Père est le rêve qu'il porte pour eux. Le rêve de sa vie.

En ce sens, Jésus est un nostalgique de quelque chose de grand, de vrai, pour ses disciples. La nostalgie, disait le pape François dans son homélie de l'épiphanie (06/01/17), n'est pas une émotion qui nous retourne dans le passé. C'est une émotion qui nous fait vivre quelque chose de profond que le passé peut nous suggérer. En allant sur l'autre rive, Jésus réserve pour ses disciples quelque chose de très profond : un avenir d'union intime avec son Père.

Pour éviter à ses disciples une vie ennuyeuse, ascétique, vécue sur le pilote automatique, Jésus leur suggère une sortie de l'activisme (la foule est nombreuse), de l'inquiétude, de la routine, etc. L'autre rive n'est pas un lieu géo-graphique. C'est se rendre disponible au maître de la vigne pour tailler des sarments devenus trop gourmands pour porter de meilleurs fruits. Un état où dans le silence de l'oraison, le Seigneur vient parler à nos coeurs  et lui rappeler qu'il nous a choisis pour être avec lui, vivre avec lui, vivre comme lui. 

Jésus appelle ses disciples à entendre les bruissements d'un autre monde, celui de goûter une grande paix intérieure qu'apporte l'union à Dieu. Il leur propose une union totale avec son Père et le Père, en retour, leur donnera l'état béatifique d'un face-à-face,  d'un bouche-à-bouche, disent les mystiques, d'un cœur à cœur avec lui.  L'autre rive lance le disciple dans une entreprise colossale, toujours en construction, en état d'échafaudage, celle de l'ascension vers une parfaite union à son Père.

Cette ascension nécessite une soif d'absolu, de silence de recueillement, de louange. Nous avons besoin d'aller à l'écart, de monter sur la montagne, dans un espace de silence, pour percevoir la voix du Père qui désire grandement nous voir entreprendre une sorte de voyage mystique jamais atteint et qui rejoint en nous ce qui reste à être évangélisé. Par pure bonté, Jésus nous invite à entrer dans un jardin, celui du matin de Pâques, où sainte Marie-Madeleine rencontre celui que son cœur cherche, pour être ensuite envoyée annoncer celui qu'elle a vu et entendu  : va vers mes frères et dis-leur [que] je monte vers mon père et votre Père (Jn 20, 17).

Là, dans cette rencontre au jardin de Pâques, Jésus habille la vie et les paroles du disciple dans sa charité, là, la vie et les paroles du disciple acquièrent la douceur qui touche les cœurs, là, naît un grand désir de voir son règne s'établir dans le monde. Là, un grand silence nous habite et nous évite, dehors, à bavarder sur Dieu avec la foule.

Il faut vivre cet état de communion avec Dieu à la manière de Jésus qui, uni à son Père, ne perd pas de vue cette foule sans pasteur.  Dans l'union avec son Père, remué jusqu'aux entrailles en présence de son Père,  Jésus décèle l'appel à demeurer ému de compassion jusqu'aux entrailles par cette foule qui ne lui laisse pas de repos, ni à ses disciples. Une vie d'union à Dieu, sur l'autre rive, même derrière une clôture, pousse à ne bâtir rien de moins qu’un ciel nouveau et une terre nouvelle (Ap 21, 1). Il n'y a pas un temps avec Jésus et un autre en dehors de lui. Ce sont deux modalités différentes pour nous laisser remuer jusqu'aux entrailles d'une seule et unique présence.

Les évangiles notent qu'à l'écart, en union avec son Père, la prière de Jésus en est une d'action de grâce, même et surtout dans les moments les plus tragiques de sa vie. Sa prière dite sacerdotale, au moment où l'angoisse de la trahison l'habite, est tout habillée d'action de grâce pour l'amour que tu m'as donné et pour que ceux que tu m'as donnés soient en toi comme moi en toi (Jn 17,10. 22).  En est-il de même pour nous ?

Ce matin, sur l'autre rive de l'eucharistie, nous offrons à Dieu, par Jésus, un sacrifice de louange, c'est-à-dire les paroles de nos lèvres qui proclament son nom (He 13, 15).

Évangile: 
Année: 
Pérode: 
Date: 
janvier, 2017

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