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2008-A : Mardi 3e semaine Pâques -Jn 6, 30-35- nous « décoller» de nous-mêmes

Année A : Mardi de la 3e semaine PÂQUES (Litap03m.08)
Jn 6, 30-35

«Donne-moi de ce pain » « donne-moi de ton eau pour que je n’aie plus jamais soif » « celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif ». Il y a de quoi là-dedans à nous « boucher les oreilles, à pousser de grands cris » (1e lect) d’incrédulité tant ces paroles dépassent notre expérience humaine. Quand comprendrons-nous que nous venons d’entendre des paroles merveilleuses? « Moi, je suis le pain de la vie ». « Vous qui avez soif, allez à la fontaine » disait le Prophète Isaïe (Is 55,1). Peut-il y avoir plus merveilleux que cela ? Quand comprendrons-nous, qu’au-delà de ce que nous disons sur l’eucharistie, il y a ce que nous sommes?  Si tu as soif, va boire à la fontaine de vie. Si tu as faim, mange le pain de vie

Tous les jours, comme les disciples d’Emmaüs, nous parlons beaucoup de Jésus dans notre quotidien, sur nos routes bouleversées, mais croyons-nous en acte aux événements des derniers jours? Quand comprendrons-nous que ce pain « que le Père nous donne », est une Présence nourrissante, transformante, toujours actuelle qui nous réchauffe le cœur et hors de laquelle nous saurons toujours insatisfait?  « Ce ne sont pas ceux qui écoutent la Loi qui sont justes devant Dieu, mais ceux qui mettent la Loi en pratique » (Rm2, 3). Ce n’est pas parce que nous mangeons ce pain que nous sommes en communion avec le Pain. Que nous devenons des « personnes eucharistiques »!

Jésus, fils de la terre et fils de Dieu, pour abolir notre faim infinie de nos  « moi  possessif », nous offre de nous nourrir à une Présence qui nous décolle de nous-mêmes, une Présence qui est à l’image d’un Dieu qui  s’est vidé de lui-même.  Nous ne sommes pas sauvés par des Paroles, furent-elles de Dieu, mais par une Présence. « Celui qui mange de ce pain éternellement »
pour devenir une Présence qui est autre chose que de la « matérialité » qui est « don ».

Ce pain qui rassasie, c’est ce «décollement» (Zundel), cet arrachement de nous-mêmes pour coller nos comportements à ceux de la divinité. Nous pouvons bien avoir une pratique eucharistique, nous pouvons bien manger ce pain, sans pour autant expérimenter qu’il est une Présence. Une Présence qui nous pousse à communier – communier, c’est disparaître - à la Trinité, à notre monde aussi. Ce Pain dit une manière d’être à nous-mêmes, une manière d’entrer en relation à nous-mêmes. Ce pain devient réellement communion à Jésus quand nous entrons nous-mêmes dans le mouvement de celui qui se fait nourriture, mouvement qui abolit l’infinie distance entre nos « moi » possessifs et ce « moi » oblatif qu’il signifie.

Ce pain, l’eucharistie, n’est pas quelque chose à manger. C’est quelques-uns à être. Une Présence à vivre. Nous avons un exemple de cette Présence à vivre, de ce quelqu’un à être dans la 1e lecture des AA.  Etienne était tellement habité par l’Esprit de Dieu, tellement contemplatif du Fils de l’homme assis à la droite du Père, qu’il ne voyait plus ses souffrances. Il était habité par une vie dont le «  moi possessif » faisait place à un « moi oblatif ». Il ne vivait plus. C’est Dieu qui vivait en Lui. Manger ce pain, c’est ne plus avoir faim de nous-mêmes.

À votre contemplation, en mangeant ce pain, nous professons de devenir visage de Dieu. De ce Dieu qui s’est vidé de lui-même, qui est pur don. Un Dieu, dirait Zundel, décollé de lui-même. Dieu a une faim immense de nous transformer en Lui. Une eucharistie pour nourrir cette faim immense, insatiable de Dieu à nous voir à sa Table. Une eucharistie pour trouver ce Jésus non au dehors, mais au-dedans de nous.  AMEN

 

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Date: 
Mardi, 1 avril, 2008

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