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2010-A -Mtt 8, 5-11 - Lundi 1e semaine Avent- le centurion romain

Année A : Lundi de la première semaine de l’Avent (litaa01l.10)
Matthieu 8, 5-11 : le centurion romain

Il y a chez le centurion le pressentiment que Dieu n'habite que là où il n'y a que de la perfection. Que de la sainteté. Le centurion intuitionne de se trouver devant le mystère de la grandeur de Dieu, le mystère du Verbe fait chair, ce Verbe qui s'est abrégé (Origène, in Verbum Domini, # 15). Ne viens pas chez moi, je ne suis pas beau. 

Si nous entrons dans la réponse instantanée de Jésus, la Bonté suprême, nous saisirons et le temps de l'Avent nous fera entrevoir cela, qu'il est venu pour ceux qui justement ne se trouvent pas beau. Jésus trouve ce chef militaire, notable puissant et de surcroît un non juif, un étranger, beau et bon dans sa droiture, dans son humilité. Jésus trouve beau sa sollicitude pour son serviteur malade. Il admire son humanité, sa grande compassion, sa proximité avec des subalternes. Je dis à l'un, et il va. À un autre viens, et il vient. Il s'émerveille de trouver en celui qui, de par son identité romaine, était étranger à la vocation d'être du peuple élu, une telle audace, celle de le reconnaître comme Seigneur, et une telle confiance respectueuse : dis seulement une parole. 

Devant nos yeux, l'audace de la foi d'un homme qui n'étant pas fils d'Abraham posait sur Jésus, fils de Joseph et de surcroît de Nazareth où rien de grand ne sortait ( cf. Jn 1, 46), un regard respectueux et la réponse élogieuse de Jésus pour sa capacité, lui chef militaire, non membre du peuple élu, de s'en remettre avec confiance à un autre. Je n'ai pas trouvé de foi aussi grande en Israël. Une telle réponse confirme - et cela chambardait tout - que toutes les nations n'ont pas moins reçu de grâces que le peuple élu. Beaucoup viendront de l'Orient et de l'Occident et prendront place au festin du royaume de Dieu.

En reprenant le chemin de l'école qu'est ce temps de l'Avent, nous sommes confondus de saisir que c'est ce même regard que Jésus porte sur chacune d'entre nous. Sur toute l'humanité. Il est venu nous montrer et montrer à tous les peules qu'en entrant dans la chambre de notre esprit (saint Anselme, 1033-1119), il nous aide à voir que  nous sommes de la belle poussière, de la poussière tellement respectable, qu'il accepte de l'habiter. Le verbe s'est fait chair. Benoît XVI vient de déclarer en Espagne que tout homme est un véritable sanctuaire de Dieu, et doit être traité avec le plus grand respect et la plus grande affection, surtout quand il se trouve dans le besoin.

En nous présentant cet épisode du centurion romain en ouverture de ce temps de l'Avent, l'Église nous fait comprendre que Jésus a consacré sa vie en parole et en acte, à admirer, s'émerveiller de la foi qui dort dans nos profondeurs, qu'il observe aussi en dehors des frontières, des synagogues, des églises. Jésus nous fait découvrir dans le centurion et fait entendre à qui veut bien saisir cela, que la foi n’est pas réservée à un peuple, à des pratiquants, qu'elle dépasse toutes les frontières et qu'elle ouvre sur des temps nouveaux. Sur une Alliance universelle avec tous et toutes.

Le mystique Louis Lallemant (XVIIe siècle) nous présente une belle image du travail que Jésus vient réaliser en nous quand il nous invite à imaginer un puits que l'on vient de creuser. Au début, l'eau est quasi de la boue. À force d'en tirer, le puits se purifie, et l'eau devient de plus en plus claire, limpide, cristalline.

Jésus vient, revient vers nous, en nous, pour extraire de nos profondeurs, cette eau cristalline et limpide qui dort en nous mais qui a besoin d'être purifiée parce qu'elle s'est rouillée par nos amours incontrôlés et incontrôlables des biens de ce monde. De nos «moi» aussi. Jésus vient, comme l'écrivait avec justesse saint Augustin, parce que le poids de notre fragilité nous fait pencher vers les réalités d'ici-bas. L'Avent nous redit que le feu brulant et brillant du regard de Dieu soulève ou devrait soulever le nôtre vers les réalités d'en haut. Jésus descend pour nous faire tressaillir de joie quand on nous dit: allons à la maison du Seigneur (Ps 121, 1). Il vient ouvrir nos regards à la lumière.

Entendons, comme le centurion, le Seigneur nous dire qu'il trouve admirable notre foi et confiance en lui. Une eucharistie pour que son règne vienne en nous. Pour que nos lèvres puissent chanter : Mon cœur est prêt, ô Dieu, mon cœur est prêt! AMEN. 

 

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Date: 
Mercredi, 1 décembre, 2010

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