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2007 -C- Vendredi 6e semaine ordinaire - Mc 8, 34 9,1 ne pas craindre d’être des imparfaits

Vendredi 6ième semaine ordinaire (litco6v.07)
Mc 8, 34 9,1  ne pas craindre d’être des imparfaits

En écoutant cette page de Marc, monte en moi ces mots de l’abbé Pierre : « Il ne faut pas attendre d’être parfait pour commencer quelque chose de bien ». Il n’est pas nécessaire d’être déjà parfait pour répondre à l‘appel de Dieu et de nous mettre en chemin. Il n’est même pas nécessaire d’avoir l’assurance de Pierre qui, hier dans l’Évangile, reconnaissait Jésus comme le Messie de Dieu. Pas nécessaire, parce que c’est justement cette prise de conscience de notre état de manque qui nous poussera, comme le fils prodigue, à nous remettre en route.

Sur cette page, nous pouvons y porter nos regards humains qui la trouvent impossible. Nous pouvons aussi y porter le regard de Jésus. Regard qui nous dit que nos fragilités, nos désirs de possession qui plus souvent qu’autrement sécurisent nos insécurités, ne sont pas des obstacles, mais plutôt une invitation à accepter son offre. Souvenons-nous de l’apôtre Paul qui confiait aux Corinthiens (2 Cor12, 9) : « Je n’hésiterai pas à mettre mon orgueil dans mes faiblesses afin que la puissance du Christ habite en moi ».

Nous avons en commun ce même désir, ce grand désir de suivre Jésus. « Mon cœur est prêt mon Dieu, mon cœur est prêt ».  Mais, c’est notre accueil de son regard de confiance sur nous, de son désir de nous offrir son soutien, qui rend possible de Le suivre. De nous-même, par nous-même, cette page est irréalisable même si elle « n’est ni dure ni pénible parce que celui qui commande aide à réaliser ce qu’il nous commande (saint Augustin).»  « Monjougestfacileàporter, etmonfardeauléger».

Dire « oui » à cette sainte aventure de « se perdre nous-même », c’est le sens de la déclaration de Pierre que nous avons entendue hier. C’est la quintessence de notre foi qui est de nous en remettre à un autre avec confiance. « Celui qui veut garder sa vie la perdra ». Cette parole disait le card Ratzinger, « est la formule fondamentale qui ramasse toute la vie chrétienne ». C’est sur toute l’Église, sur vous moniales, sur vous épouses, époux, sur vous chrétiens ordinaires, sur nous pasteurs, sur chacun selon son rang, selon sa manière que Jésus pose son regard et son invitation « si quelqu’un veut marcher à ma suite ».

Contemplatives, contemplatifs, que cet appel de Jésus ne nous trouble pas… car Dieu seul nous suffit. Recevons, accueillons cette demande de Jésus. Elle nous suffit pour vivre intégralement, pleinement nos vies. Elle contribue à purifier nos cœurs de tout attachement, de tout encombrement.

Nous voulons cela, tout quitter, même par « privilège », mais, avouons-le, confessons-le, nous ne le voulons pas encore entièrement. Nous demeurons attirés, consciemment ou pas, par d’autres attraits. Nous sommes humains et comme des enfants, nous sommes vite distraits de cet appel, par d’autres beautés, éphémères. Notre cœur est aussi corrompu par d’autres désirs que celui de tout quitter. C’est notre héritage humain que le récit de la genèse déroule depuis quelques jours. Une ascèse s’impose. Ce sera le sens de ce carême qui s’ouvre.
 
À votre contemplation, ces mots d’une jeune femme, Etty Hillesum, véritable fille Israël au destin tragique et bouleversé dont le terme s’appela Auschwitz, qui sans jamais avoir confessé notre foi la rejoignait dans son sens le plus profond,  «les quelques grandes choses qui importent dans la vie, on doit garder les yeux fixés sur elles, on peut laisser tomber sans crainte tout le reste. Ces quelques grandes choses, il faut apprendre à les redécouvrir sans cesse en soi pour s’en renouveler ».Il faut apprendre à veiller à la porte de nos cœurs pour nous demander à chaque instant de nos vies : avons-nous vraiment purifié nos cœurs de tout attachement pour le suivre? Que cette eucharistie nous aide à demeurer en tenue de veille  pour, quand viendra le Maître, il nous invite à passer à sa table pour nous offrir, nous servir son pain. Amen.
 

Évangile: 
Année: 
Pérode: 
Date: 
Vendredi, 1 juin, 2007

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