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2007-C- Vendredi 2e semaine ordinaire- Mc 3, 13-19 des précieux moins que rien - les apôtres

Vendredi 2ième semaine ordinaire (litco02v.07)
Mc 3, 13-19  des moins que rien qui valent cher : appel des douze

Qui est capable de comprendre la grandeur de la beauté de ce choix, surtout quand nous réalisons qu’est inscrit dans cette liste d’adorateurs,  Judas.  Chacun d’entre nous aussi. Qui peut comprendre que cette page où Jésus se choisit ses adorateurs, donne de la hauteur à nos vies! En filigrane, c’est le mystère de l’évangélisation qui se dessine.
 
Par la voix des anges, le Père a attiré vers son Fils des bergers qu'Il a voulu avoir comme premiers adorateurs, après Marie et Joseph. Par sa propre voix, et du haut de la montagne pour mieux en manifester toute l’importance,  Jésus, envoyé du Père, « choisit ceux que le Père attire » vers Lui. Il les choisit afin qu’ils « mettent mes lois dans leur pensée, les inscrire dans leur cœur (1e lect). »  Du haut de la montagne, se confirme cet appel pour une Alliance nouvelle dont parlait le très beau passage de l’Épître aux Hébreux tantôt. Lundi dernier, le texte précisait : « qu’on ne s’attribue pas cet honneur soi-même, on le reçoit par appel de Dieu (Heb5, 3). »

« Y a-t-il un plus grand bien que celui-là ? » s’exclame saint Bernard. Nous pouvons bien désirer Dieu, mais Dieu nous désire et nous choisit avant que nous le choisissions. « Il n'appelle pas ceux qui en sont dignes, mais ceux qu'Il lui plaît » répète Thérèse de Lisieux (MSA 2) qui ajoute en référence à Paul que : « ce n’est donc pas l’ouvrage de celui qui veut ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde (Rm 9,15-16). » Nous n’en finirons jamais de comprendre, ici sur cette haute montagne de la contemplation, que la perfection consiste à nous laisser choisir par Dieu. Nous laisser modeler comme de l’argile dans les mains du Potier.
 
Contemplatives, contemplatifs, « apprends à connaître le Seigneur ». Apprendre à connaître « que sans moi, vous ne pouvez rien faire. » Apprendre à reconnaître que ce « rien » exprime à la fois la force et la faiblesse du tout disciple. De nous-mêmes nous ne pouvons rien faire. Nous ne pouvons établir cette Alliance nouvelle.  Ce qui est admirable, et qui dit toute la profondeur du Mystère de l’appel, c’est parce que Jésus a gardé la première place ou plutôt parce que nous n’avons pas eu la prétention de prendre la première place, c’est parce que nous l’avons « vu, entendu et reconnu » (Jn1, 1) que nous sommes entraînés- malgré nos « riens », nos trahisons, à Le Suivre jusqu’à L’annoncer au monde.

Paraphrasant l’acclamation entendue tantôt, il nous faut saisir dans tout notre être que la demeure de Dieu avec les humains, que l’Évangile de Dieu, son Église, repose sur des fondations qui ont pour nom le « rien ». Pour Jésus, et c’est à l’opposé de l’idéologie actuelle, le « rien » vaut cher. Il vaut plus que « rien ».  Pour Jésus, le « rien » est tout-puissant. Il est un véritable trésor à rechercher. Il est « fondation » pour tout évangélisateur. Un appel qui ouvre sur une mystique de communion à Jésus jusqu’à devenir Lui. Mystique aussi de détachement de nous-mêmes pour mieux manifester sa Gloire.

À votre contemplation : «Prends soin de tout faire selon le modèle que je t’ai montré sur la montagne» disais le texte aux Hébreux hier en parlant des recommandations données par Dieu à Moise. Ces paroles sont aussi pour nous. Nous ne pouvons apporter au monde cette joyeuse nouvelle qui est le Christ en personne, nous ne serons jamais des évangélisateurs selon son cœur, des contemplatives selon son cœur,  si nous n’entrons pas nous-mêmes en admiration, en état d’action de grâce pour ce privilège de nos pauvretés à porter son Évangile, ce privilège qui attire «les miséricordes du Seigneur!» (Ps 88,1), ce privilège qui pousse Dieu à être le seul médiateur, le seul évangélisateur, le seul grand prêtre chargé de faire naître sa Parole dans nos cœurs et dans le cœur du monde.  Ce n’est pas la sagesse de nos discours sur Dieu qui évangélise notre monde, ce n’est pas l’habileté à nous instruire mutuellement ici qui nous font du bien mais de voir « la puissance de Dieu » transformer nos «riens» en démonstration que sa Parole ne tombe pas en nos terres, sans porter beaucoup de fruit. « Donne-nous de nous rassembler dans la joie et la simplicité pour la fraction du pain (oraison finale).» AMEN

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Jeudi, 1 février, 2007

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