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2026-A- Jn 20,1-9 - Dimanche de Pâques- pas demain, mais aujourd'hui

Ce qui est beau à contempler, c’est un Jésus qui s'est enfoncé dans les ténèbres les plus épaisses de l’humanité […] pour aussi y apporter sa lumière (Léon XV1, 24/0/25). Jésus est descendu dans le royaume de nos enfers pour annoncer une noble Vie à tous ceux et celles qui vivent dans les ténèbres et l'ombre de la mort.

2026-A-Jn 11, 3-45 Dimanche 5e semaine CARÊME-chaque jour je vis

a Samaritaine est « passée » de l'eau du puits à l'eau vive, d'une vie moche à une vie pleine d'espérance. L'aveugle-né est « passé » des ténèbres à la lumière, de la non-connaissance de Jésus à la foi au Fils de Dieu. Aujourd'hui, le « passage » est encore plus grand, plus fondamental, Lazare est « passé » de la mort à la vie.

2026-A-Jn 11, 3-45 Dimanche 5e semaine CARÊME-chaque jour je vis

a Samaritaine est « passée » de l'eau du puits à l'eau vive, d'une vie moche à une vie pleine d'espérance. L'aveugle-né est « passé » des ténèbres à la lumière, de la non-connaissance de Jésus à la foi au Fils de Dieu. Aujourd'hui, le « passage » est encore plus grand, plus fondamental, Lazare est « passé » de la mort à la vie.

2026-A-Jn 9, 1-41 - dimanche 4e semaine du CARÊME- Le Dieu de la noirceur

Pour comprendre ce geste de Jésus de donner des yeux qui ne regardent pas comme les hommes, mais qui regardent le cœur (Sm 16,7), il faut une conversion radicale de nos regards, une transformation en profondeur de nos sensibilités. Nous moralisons beaucoup. Qui a péché, lui ou ses parents, demandèrent les disciples à Jésus. Si le péché sépare de Dieu selon les spécialistes de la religion, Jésus par son geste atteste qu’il se cache justement là où on ne l’attend pas, dans les profondeurs les plus obscures de notre cœur !

2026 A- Mc 12, 28,34-- vendredi de la 3e semaine CARÊME- comme Jésus

Jésus annonce la fin du cinéma de faire semblant d’aimer. Qu’est-ce qui peut bien déranger Jésus pour annoncer avec autant de clarté la fin d’un amour de façade ? Je risque une réponse. Qui peut comprendre ce qu’est aimé ? Qui donc est assez sage pour comprendre ces choses, assez pénétrant pour les saisir (Os 14, 10) ?

2026- A-Jn 4, 5-45- 3e dimanche du Carême- prendre soin de la soif des autres

Deux soifs se rencontrent. La soif de Dieu de nous sortir de nos déprimes et celle de la femme de trouver une eau rafraichissante, désaltérante. Ce n’est ni sur la montagne ni à Jérusalem (Jn 4,21) qu’elle s’est produite, c’est au puits de Jacob, en terre païenne. Rencontre tellement in-tense que l’un et l’autre se sont mutuellement dévoilés.

2026-A-Mt 5, 20-22; 27-28.33-34a,37 - dimanche de la 6e semaine ORDINAIRE- moi, je vous dis

La loi nouvelle est plus difficile que la première. Pourtant Paul déclare que Jésus est venu nous libérer de la loi. Jésus nous libère de tous les interdits, de toutes les règles de toutes les obliga-tions, de tous les rites, tous les pieux usages de la tradition. Paradoxe, Jésus nous libère d’un fardeau pour nous en suggérer un autre, vivre comme Jésus. Vivre d’un cœur nouveau. Jésus « répare » une loi qui a pris un coup de vieux.

2026-A-Mt 5, 1-12-- dimanche de la 4e semaine ORDINAIRE- invitation à la joie

Il s’agit du premier discours de Jésus. Il contient tout l’évangile et répond à la question pour vous qui suis-je ? Jésus est infiniment, divinement heureux, et il nous en propose son chemin en nous offrant une déclaration étrange de bonheur. C’est la perle, le trésor de l’Évangile. Sa bonne nouvelle, ses huit chemins étranges sont la meilleure définition de sa carte d’identité. La bonne nou-velle sera toujours étrange. Jésus est « étrangement » humain.

2026-A-Mc 4, 26-34 - vendredi de la 3e semainre ORDINAIRE- voir petit

Je commence par une affirmation pleine de gros bon sens. Reconnaître sa petitesse, c’est trans-mettre notre expérience de Dieu qui sera toujours petit. Les traces de Dieu dans l’histoire se recon-naissent que dans ce qui est petit, dans ce qui est humain. Le vrai changement vient du pouvoir des sans pouvoir, des sans voix. Le vrai changement vient de l’action des éléments faibles (Ghislain La-font). Nous ignorons la force des petites gens.

2026-A-Mc 3, 2021- samedi de la 2e semaine ORDINAIRE- étrange Jésus !

Depuis son entrée dans la sphère publique, Jésus mène une vie tellement époustouflante, hors de l’ordinaire, que son entourage craint de le voir souffrir d’épuisement. D’autres portent un autre regard tant chacune de ses prises de parole défonce des portes closes, enfonce le clou pour une société, pour citer une expression d’aujourd’hui, inclusive.

2026-A-Jn 1, 29-34- dimanche 2e semaine ORDINAIRE- un pas en avant, deux pas en arrière

Nous avons fait de Bible un tas d’idées – dont nous pouvons avoir raison ou tort – plutôt qu’une invitation à un nouvel ensemble d’yeux. Et Jean-Baptiste nous offre des yeux nouveaux. J’ai vu l’Esprit de Dieu. Voici l’Agneau de Dieu. Heureux ceux qui voient que celui qui s’est rendu visible à nos yeux cache en lui la plénitude de la divinité ! Heureux ceux qui savent entendre des pa-roles inaudibles qui se cachent sous nos paroles humaines !

2026-A-Mt 3, 13-17- Baptême de Jésus- sommes-nous des païens baptisés ?

Nous célébrons cette année le 800e centenaire de la mort de François d’Assise. Son hagiographe disait de lui qu'il était tellement humain qu’il paraissait l'homme d'un autre monde (1 cel 36). C'est pour moi une belle définition de tout baptisé : paraître quelqu'un d'un autre monde. L’auteur de l’épitre à Diognète écrivait au début du 2e siècle que les chrétiens témoignent clairement d'une manière de vivre qui sort de l'ordinaire.

2026-A- Mt 11, 25-30 - Frère André- il est apparu.

Très significatif que de célébrer Frère André durant ce temps de Noël. Comme Jésus, Frère André est apparu (Tite 2,11) chez nous par le même chemin de la petitesse. Il n’a pas eu honte de s’occuper de ceux qui ne sont pas considérés, des insignifiants, des marginalisés, des faibles, des brisés. Aujourd’hui, peu nombreux sont ceux qui sont admiratifs devant les sans force, les sans pouvoir, presque sans vie comme les malades, les sans-abris et tant d’autres.

2026-A-Mt 2, 1-12 : Épiphanie- magnifique humanité.

Je commence par une observation. On cherche le roi des juifs. Les Mages qui ne connaissent pas les Écritures, mais qui sont capables de lire les signes de Dieu, découvrent dans ce rejeton de la tige de Jessé (Is 11,1) le « roi » qui vient de naître. Étonnant, ce rejeton terminera sa vie sur la croix. Jésus s'est consumé entièrement, comme une bougie, pour éclairer le peuple qui vivait sous le pouvoir des ténèbres (Chant Choan-Seng). Cela est à contempler longuement.

2025-A- Mt 2,13-15,19-23- sainte famille- impossible, mais nécessaire

Éargis l’espace de ta tente (Is 54, 2). Dans une culture où règne l’autonomie de l’individu, le chacun pour soi, d’un moi sans l’autre, de l’hypertrophie de l’ego, l’appel d’Isaïe est bienvenu. C’est un cri bienvenu, dans nos sociétés qui se « méfient » de l’autre. La mondialisation de l’iterdépendance des peuples a fait naître une autre culture, celle de la promotion identitaire, de la culture de la mort de l’autre.

2025-A-Mt 1, 18-24 - dimanche de la 4e semaine Avent- la grandeur d'un sans voix, Joseph.

Joseph m’impressionne. Il ne prêche pas. Il ne parle pas. Il porte en silence l’impression d’avoir été trahi. Il souffre par en dedans sans se révolter. Il n’a pas répondu comme le jeune Samuel parle, ton serviteur écoute ou comme Marie voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. Tout se joue au niveau d’une profondeur dont il ne soupçonne pas la gravité, qu’il ne peut contrôler ni imaginer. Le chemin sur lequel il marche le dépayse, le désarçonne, le dépasse.

2025-A-Mt 11,2-11- dimanche de la 3e semaine AVENT- heureux les douteux

Vatican 11 nous a invités à lire les signes des temps. Ce ne sont pas des signes de malheurs, mais des signes annonciateurs d’un renouveau nécessaire. Lorsque vous verrez cela ? Et Jean-Baptiste, lui qui a reconnu au milieu de la foule le libérateur annoncé par Isaïe, au terme de sa vie, ne le reconnaissait pas. Il attendait un libérateur puissant. Il se trouve en face d’un homme qui mange avec les pécheurs. Il n’a pas l’air d’avoir saisi qui est Jésus.

2025-A- Mt 11, 28-30- mercredi de la 2e semaine AVENT- porter Jésus, un joug ?

Et si le joug que nous portons est de célébrer Noël quand celui qu’on appelle Dieu n’intéresse plus personne ?
Et si le joug est le défi impossible à relever de découvrir dans un enfant l’insondable profondeur de Dieu ?
Et si le joug est d’entrevoir dans la vie de Jésus la plus belle révélation de Dieu ?
Et si le joug est d’affirmer que notre savoir sur Dieu est un non-savoir (Estelle Frankel) ?
Ce savoir qui est un non-savoir, un cardinal allemand du XVe siècle en parle comme une ignorance savante.

2025-A- Mt 3, 1-12- deuxième dimanche de l'AVENT- chrétiens, où cours-tu ?

Notre culture nous disperse dans toutes les directions. Nous vivons en extravertis, à la surface de nous-mêmes. Notre existence est remplie de choses à faire. À voir. Nous sommes constamment assaillis par des stimulus visuels et auditifs. Nous sommes connectés à tout, mais déconnectés de notre vie intérieure. André Louf parle d’une conspiration contre la vie intérieure. Nous nous ne savons plus vers quoi orienter notre vie. Nous vivons un grand vide intérieur.

2025-A-Mt 24, 37-44 -premier dimanche Avent-de l'obscur jailli l'avenir

Si nous dépassons le style apocalyptique de cette vision de Matthieu, nous percevons l’invitation à un grand jubilé, à une grande fête où est convié tout le monde. S’il en manque un seul, ce n’est pas pour tout le monde. Quand j’invite à une fête, j’ouvre mon carnet d’adresses, j’y retrouve des gens que je connais, des gens plus ou moins proches de moi, des amis. Mais ce n’est pas tout le monde. Nous ne penserions pas inviter un voisin dérangeant, un sans-abri croisé au hasard, un migrant terrorisé en attente d’être accueilli.

2025-C-Lc 23, 35-43- fête du Christ-roi- roi ou non-roi?

Où est le roi des juifs qui vient de naître ? Et les rois mages le reconnurent dans une crèche.
Es-tu le roi des Juifs demande Pilate à un homme condamné et sans armée pour le défendre ?
Aux deux extrémités de sa vie, celle de l’enfance et celle de la mort, la crèche et le calvaire, Jésus se voit et se reconnait dans des lieux non ordinaires pour un roi. Mon étonnement est de voir qu’un humain, Jésus, refuse de prendre le chemin de la puissance et de la gloire. Son lieu de naissance est une crèche. Il s’enfuit quand on veut le faire roi (Jn 6, 15).

2025-C- Lc 21, 5-19 -dimanche de la 33e semaine ORDINAIRE- nous manquons d'émerveillés

Si notre regard se fixe sur les événements rapportés par les mass-médias, l’angoisse prend le dessus. Nous voyons les horreurs de la guerre, la famine, des morts innocents. Drones et explosions, raz-de-marée et épidémies. Nous sommes tous confrontés une ou plusieurs fois dans nos vies, en petit ou en grand, au drame, au deuil, à l’effondrement. Nous oublions que la naissance de Jésus s’est produite au moment où il faisait très noir. On attendait un libérateur.

2025-C-Lc 19, 1-10-- mardi de la 33e semaine ORDINAIRE- voir et s'arrêter

De tout temps, nous cherchons Dieu. Cela s’observe dans de nombreux psaumes : Seigneur, écoute mon ap-pel ; pitié réponds moi ; ne me cache pas ta face (Ps 26, 7-9). Dans toutes les religions, c’est le croyant qui cherche le Dieu de sa foi. Jésus en se faisant l’un de nous opère un renversement à 250 degrés. C’est Dieu qui nous cherche, incluant les moins désirables de la société.

2025-C-Lc 17, 20-25 : jeudi de la 32e semaine ORDINAIRE- discrétion étonnante

Le règne de Dieu vient sans qu'on puisse le remarquer. On ne dira pas : Le voilà, il est ici, ou bien là. Cette remarque de Jésus est capitale. Le règne de Dieu est le trésor caché dans un champ, la perle fine pour l’achat de laquelle le négociant vend tous ses biens (Mt 13, 44-46). Il est le bon grain qui pousse avec l’ivraie. Il est espérance. Je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin de l’âge (Mt 28, 20). Sa discrétion étonne.

2025-C-Jn 14, 1-6- Commémoration des fidèles défunts- une immense curiosité

Quand je salue les gens comme « saint homme » « madame sainte », cela compense pour mon incapacité de retenir les noms des personnes. Mais je salue aussi ce qui ne se voit pas en lui ou en elle : quelque chose comme du divin. Quand il devient l’un de nous, nous devenons éternels (préface Noël). Nous sommes des êtres divinisés.

Le Père Christophe de Tibhirine disait peu de temps avant son martyre : je suis ressuscité, je peux m

2025C-Lc 13, 23-30--mercredi de la 30e semaine ORDINAIRE- porte étroite

Tous, tous, tous. Il y a de la place pour tous, tous, tous, lançait aux jeunes depuis Lisbonne le pape François. Il n’a rien inventé. On viendra des quatre points cardinaux à prendre place au festin (Lc 13, 30). Il veut que tous les hommes soient sauvés (1 Tm2, 4). N’imaginons pas cette porte étroite comme une porte fermée.

2025-C-Lc 12, 49-53 - jeudi de la 29e semaine ORDINAIRE- mettons le feu.

Quand on veut faire de Jésus le doux Jésus, on oublie plus de la moitié de l’Évangile. Jésus a tenu des propos dangereux qui lui ont valu l’exclusion tant il s’opposait au « Trump religieux » du monde de son temps. Jésus a mis le feu par ses vives réactions. Il a allumé quelque chose comme une étincelle d’espérance, comme une petite flamme de joie, d’enthousiasme, d’émerveillement, réponse à l’anxiété du monde. On demandait un jour à Jean Cocteau : Si la maison brûlait, qu’emporteriez-vous ? J’emporterai le feu. Jésus offre une parole de feu qui est impossible à éteindre.

2025-C-Lc 18, 1-8-dimanche de la 29e semaine ORDINAIRE- le vertige de la justice

Je t’en conjure…proclame la Parole. Et la parole à proclamer à temps et à contretemps, l’évangile nous la pré-sente dans cette parabole d’un juge dépourvu de justice, dépourvu d’humanité. Une vie déconnectée, sans empathie, sans aucune sensibilité aux détresses des autres, est une vie sans vie. Le juge est un mort-vivant.

2025-C-Mt 25, 31-40 - jeudi de la 28e semaine ORDINAIRE- Marguerite d'Youville

Venez à moi. Et non pas seulement venez à moi vous qui avez été baptisé, confirmé, marié dans l’Église. Jésus dit : Venez à moi parce que vous vous êtes occupé de me nourrir, de me donner à boire, de me visiter, parce que vous avez entendu le cri des malheureux. Ceux et celles qui honorent Dieu, qui rencontrent Dieu sans le savoir, sont nombreux. Dieu, dit la lettre aux Hébreux, n’est pas injuste à ce point d’oublier ce que vous avez fait (He 6, 10).

2025-C-Luc 17, 11-19- dimanche de la 28e semaine ORDINAIRE- la moelle de l'évangile

Qu'avons-nous répondu après la première lecture ? Nous rendons grâce à Dieu !
Qu’avons-nous répondu après la deuxième lecture ? Nous rendons grâce à Dieu !
Au début de la prière eucharistique : Rendons grâce au Seigneur notre Dieu. C’est bon et juste.
Si quelqu’un vous demande pourquoi venez-vous à la messe ? Nous sommes ici pour rendre grâce.

2025-C-Lc 17, 5-10- dimanche de la 27e semaine ORDINAIRE- la langue de la foi

Quelle langue parlons-nous ? Français ? Anglais ? Nous parlons aussi le langage de la foi que nous avons appris de nos parents, dans nos foyers, autour de la table. Les premiers « diffuseurs » de la foi sont nos parents qui nous ont appris le langage d’une vie d’ouverture aux autres et à l’Autre. Personne ne parle ce qu’il n’a pas appris. Il faut aimer parler ce langage.

2025-C- Jn 15, 1-8 - lundi de la 27e semaine ORDINAIRE- Mère Marie-Rose Durocher- la puissance des petits moyens.

Pas sans toi. Pas sans Dieu, pas sans l’autre qu’il soit chrétien ou pas, qu’il ne croit pas ou ne prie pas comme nous ou ne croît pas tout simplement. C’est ce que vient de nous dire saint Jean par l’exemple de la vigne. La sève a besoin de sarment et le sarment de la sève pour porter du fruit. Jamais l’un sans l’autre.

2025-C- Lc 16, 19-31- dimanche de la 26e semaine ORDINAIRE- un chemin à construire

C’est une belle évocation de notre monde que cette parabole de Lazare et du riche. Nous bâtissons présentement un monde sans autrui (Jean Lavoué). Une sociologue, Danielle Hervieux-Leger, parle du phénomène « exculturation ». L’exclusion est partout : fondamentaliste, traditionaliste, protectionniste, raciste, identité culturelle. La culture du rejet (pape François) est partout. L’autre n’est pas un virus dont il faut se protéger. Le plus gros problème est le manque de sensibilité des êtres humains envers leurs semblables, envers ceux qui sont à côté d’eux (Betinho).

2025-C-Lc 16, 10-13- dimanche de la 25e semaine ORDINAIRE- le Dieu des Petits Riens

Nos sommes tentés par l’aveuglement des grandes choses. Jésus appelle à voir la beauté des petites choses de la vie. À voir des petites flammes (dimanche dernier). L’évangile parle de l’habilité d’un gérant qui, poussé au pied du mur par une vie corrompue, malhonnête, se reprend en se faisant inventif de petits gestes qui font l’éloge de son maître et lui évitent de sombrer dans le désespoir.

2025-C- Jn 3, 13-17 - croix glorieuse- entrons dans la sagesse de Jésus

Que célébrons-nous ce matin ? Une croix glorieuse ou une vie glorieuse ? Célébrons-nous la souffrance horrible de Jésus ou la beauté de son souci de nous sauver des injustices humaines par la promotion de l’amour ? Il nous a tellement aimés. Ce n’est pas la croix qui nous sauve. Ce n’est pas la souffrance d’un homme que nous soulignons, c’est l’exaltation d’un chemin pour bien vivre, d’une vie offerte pour sortir l’injustice de nos vies. La paix se trouve en nous et entre nous quand nous prenons ce chemin.

2025-C- Lc 7, 11-17 -mardi de la 24e semaine ORDINAIRE- Jésus s'arrête

J’ouvre ma réflexion par une question posée jadis par Jésus : qu’êtes-vous allés contempler au désert ? Un roseau agité par le vent ? Alors qu’êtes-vous allés voir ? (Mt 11, 7). Alors que nous sommes au crépuscule de nos vies, que nous sommes fragilisés par la maladie, que sommes-nous venus rencontrer ce matin ? À travers ce récit d’une femme abattue par la mort de son fils, c’est de nous quand nous vivons sans espérance de sortir de nos cortèges de mort vivant.

2025-C- Lc 6, 20-26- mercredi de la 23e semaine ORDINAIRE-le bonheur à l'envers

Ma première impression en écoutant ce texte des béatitudes est la description d’un bonheur à l’envers. Jésus ne propose pas un idéal inaccessible, lointain. Il décrit un humanisme de gros bon sens. Gros bon sens que d’aider de saluer des sans-abris et d’être pour eux une présence humaine chaleureuse. Gros bon sens de briser le silence dans un ascenseur. Gros bon sens que d’ouvrir une porte à une personne handicapée. Vous serez consolés, dit Jésus.

2025-C-Mt 23, 23-26- mardi de la 21e semaine ORDINAIRE- ministère de l'oeil.

Nous sommes tous et toutes atteints d’un virus indélogeable qui remonte dans la lointaine antiquité et que le pape François dans sa lettre encyclique Dilexit nos- Dieu nous aime- nomme la maladie de l’extérieur (DN # 88). Nous accordons beaucoup d’importance à ce que nous voyons, entendons. Séparer l’extérieur de l’intérieur, c’est comme couper la plante de ses racines. Pas besoin d’être croyant pour dire cela. C’est seulement du gros bon sens. Nous sommes plus que nos actions, plus que nos apparences.

2025-C- Lc 13,22-30- dimanche de la 21e semaine ORDINAIRE-faire mieux

Il y a partout des chrétiens. Mais ce qui est important, c’est de prendre au sérieux notre vocation de chrétien. Se déclarer chrétiens ne suffit pas. Ça peut devenir une « étiquette ». Ce n’est pas ajouter un titre, un diplôme à notre CV qui nous donnera plus de bonheur. Le vrai chrétien, non le chrétien du dimanche, est celui qui cherche à faire mieux, à s’améliorer.

2025-C- Mt 22, 1-14- jeudi de la 20e semaine ORDINAIRE- digne de le servir

Prenons conscience en entendant ce roi qui souhaite pouvoir célébrer son mariage dans une salle d’invités bien remplie qu’il s’agit de chacun de nous. Du je ne suis pas digne, l’invitation nous rend dignes. L’appel de Jésus à rassembler autour de lui l’humanité passe par chacun de nous, par des humains, des croyants qui ne sont ni des dieux, ni des anges, mais de fragiles êtres humains.

2025-C-Mt 16, 13-23 - jeudi de la 18e semaine ORDINAIRE- et si la question était

e vous propose d’entendre autrement la question de Jésus qui suis-je pour vous ? Cette question suggère une autre question : est-ce que je suis important pour vous ?

Posons-nous la question : quand est-ce qu’une personne devient importante pour moi ? Les réponses sont multiples. Quand nous sentons qu’elle nous aime vraiment. Quand elle est disponible en tout temps pour nous aider. Quand sa présence nous rassure. Quand elle nous aide à avoir confiance en soi. Quand on ne peut concevoir de vivre sans sa présence. Et je peux ajouter d’autres réponses, toutes valables.

2025-C-Mt 13, 54-58- vendredi de la 17e semaine ORDINAIRE- avons-nous trahi Jésus ?

On attendait le Très-Haut, et comme l’écrit Christian Bobin, c’est le Très-Bas qui est venu. On attendait un dieu déformé, tout-puissant, juge, distributeur de récompenses, c’est un homme bien enraciné dans le milieu de vie de son temps, non dogmatique. C’est un homme terre-à-terre, empreint de justice pour tous, qui prend la parole dans la synagogue.

2025-C-Mt 10,16-23- vendredi de la 14e semaine ORDINAIRE- le pari chrétien

Notre monde est fracturé. Notre Église est fracturée. Nos vies sont fracturées. La terre de Jésus était une terre fracturée et le demeure encore aujourd’hui. Le frère livrera son frère. Plutôt que de se laisser abattre, Jésus établit les fondations pour un environnement où il fait bon de vivre, un environnement fraternel. Il insiste : n’ayez pas peur de ne pas réussir.

2025-C-Mt 9, 9-13-vendredi de la 13e semaine ORDINAIRE- risquer être proche de l'autre

Cet appel de Matthieu nous invite à garder dangereuse la mémoire de la liberté de Jésus contre les étroitesses des gens bien-pensants, de ceux qui se pensent « correct ». Ce geste est un cri de bienvenu dans nos sociétés à ceux qui en sont rejetés. Accueillir : tel est le secret d’une vie pleine selon Jésus.

2025-C-Mt 16, 13-19 - fête de Pierre et Paul- déclaration dangereuse

Observons que nous posons beaucoup de questions. Questions de curiosité. Questions de clarification. Questions d’approfondissement. Les questions révèlent plus qui sont les personnes qui les posent que les réponses.

Observons aussi que Jésus a posé beaucoup plus de questions que celle pour vous, qui suis-je adressée aux disciples. Il en aurait posé plus de 225 questions. Qui cherchez-vous ? De qui est cette image ? Que veux-tu que je fasse pour toi ? Qui m’a touché ? À quoi puis-je comparer le Royaume de Dieu ?

2025-c-Mt 7, 15-20 mercredi de la 12e semaine ORDINAIRE- començons à goûter ce beau fruit qu'est Jésus

Je ne peux pas m’empêcher de lire cet appel à méfiez-vous comme toujours actuel. Il n’y a pas si longtemps nous parlions d’aller à la messe, de faire ses pâques sous peine de faute grave. Nous allions à la messe et non à l’eucharistie. Méfiez-vous, dit Jésus, des faux chrétiens, des chrétiens de façade. Ce n’est pas en me disant Seigneur, Seigneur qu’on entrera dans le royaume de Cieux (Mt 7, 21).

2035-C-Mt 6, 7-15- jeudi de la 11e semaine ORDINAIRE- facile à dire, difficile à vivre

Attention, ce n’est pas une prière facile. Elle n’est pas reposante pour qui la fait sienne. Elle ne consiste pas à nous dérober de nos responsabilités. C’est un cri d’un besoin d’amour entre nous. C’est un cri pour que nos vies deviennent incarnation du royaume voulu par Jésus.

2025-C- Mt 5, 20-26- jeudi de la 10e semaine ORDINAIRE- une « pré-compréhension » de ce qu' est aimer

Il est question dans ce discours sur la montagne d’un environnement pour créer une société où il soit plus facile d’être bon (Peter Maurin). Jésus dessine un projet humanitaire, une manière de vivre ensemble repoussant le chacun pour soi, le moi d’abord. Jésus décrit le contour d’un royaume particulier, d’une royauté à rebours de celle à laquelle nous sommes habitués. Moi je vous dis.

2025-C-Jn 14, 15-16 ; 23-26- Pentecôte- non parfaits mais crédibles

Nous avons commencé le temps du carême par de la cendre déposée sur nos têtes. Nous terminons ce grand dimanche par de la cendre brûlante déposée dans nos cœurs. Impossible de prendre la place de Jésus. Impossible aussi de recevoir l’Esprit de Jésus sans vivre une expérience de beauté, sans mener une vie de beauté. L’Esprit saint vous a établis responsables (Ac 20, 28)

2025-C- Jn 17, 20-26 - jeudi de la 7e semaine de Pâques- unis dans la diversité

Je tire comme point fort de cette prière dite sacerdotale de Jésus un appel à la fraternité, un appel à cultiver entre nous des liens qui valorisent chacun d’entre nous. Un appel à demeurer unit dans la diversité. Jésus prie pour que nous établissions entre nous des liens humains forts, résistants aux assauts de l’individualisme ou du chacun pour soi. Que tous soient un.

2025-C- Ascension- offrir le peu que nous sommes

Nous avons de l’Ascension une image qui nous colle à la peau, celle d’un départ. Nous retenons que Jésus a dit je m’en vais et je reviens. C’est mal comprendre. Jésus nous dit qu’il est tous les jours avec nous (Mt 28, 20). Il serait plus juste de dire je m’en vais et je viens. Jésus ne revient jamais vers nous. Il vient vers nous. Nous ne perdons jamais Jésus, nous le trouvons. Nous ne le voyons pas, nous le discernons.

2025-C-Jn 10 22-30- dédicace de la basilique saint François- non maison de Dieu, mais du peuple de Dieu.

Depuis qu’elles ont été prononcées un jour dans le Temple, chaque fois qu’elles sont proclamées, méditées, ces paroles du bon Pasteur, je vous connais, sont rassurantes. Jésus veut établir avec nous une relation qui soit le reflet de celle qu’Il a avec le Père : une relation d’appartenance réciproque dans la pleine confiance, dans une intime communion. Pour exprimer ce lien d’amitié avec nous, Jésus utilise l’image du pasteur qui greffe en nous sa vie, sa Parole dans le temple de nos cœurs.

2025-C-Jn 14, 7-14 -samedi de la 4e semaine de PÂQUES- voir au delà de l'homme Jésus

Il y a en Jésus un plus que Jésus. Il est plus qu’un leader charismatique. Se cache en Jésus un au-delà de l’humain (Jean-Luc Lucat). Il est descendu et s’est fait humain. Qui m’a vu a vu le Père (Jn 14, 9). Tout l'évangile de Jean ne cesse de nous montrer cette intimité entre Jésus et celui qu'il appelle son Père. Avec discrétion, Jésus ne cesse de parler d’un Père fou d’amour (Catherine de Sienne) pour chacun de nous.

2025-C-Jn 10, 27-30 - dimanche de la 4e semaine de PÂQUES- bonté radicale

Pourquoi écoutons-nous Jésus ? Je donne la réponse d’un hindou qui a rencontré le regard du pape François alors qu’il était au milieu d’une foule. Quand vous êtes en présence de quelqu’un de vraiment bon, de profondément, inlassablement bon, quelque chose change en toi. Tu te sens léger, plus courageux… Il a rendu la gentilesse radicale... Ses yeux n’ont pas vu de confessions, ils ont vu la dignité…sa voix douce, mais non faible portait le poids de la vérité

2025-C-Jn 6, 60-69 -samedi de la 3e semaine de PÂQUES- du pain qui nous excite.

Les disciples étaient des hommes qui avaient les deux pieds sur terre. Pour eux, suivre Jésus commençait par les pieds. Entendre Jésus se présenter comme nourriture dépassait et de loin leur compréhension. Pour qui se prend-il ? Cette parole ne fait pas sens pour eux. Leur foi en Jésus était une foi terre-à-terre.

2025-C-Jn 21 1-14- dimanche de la 3e semaine de PÂQUES- heureuse discrétion

Ce qui est merveilleux dans les récits de la résurrection, c’est la discrétion de Dieu. Il ne s’impose pas. Il se montre dans des gestes qui rappelle sa présence. Le contact avec Jésus se vit à partir d’une expérience de l’absence. Jésus était davantage présent à ses disciples après sa mort que durant sa vie. Rien de mieux que l’absence pour raviver la mémoire. Son départ avait ravivé leur proximité avec Jésus. Remémorez-vous ces premiers jours (He 10,36).

2025-C-Jn 14, 6-16- samedi de la 2e semaine de PÂQUES- Philippe et Jacques

Nous venons d’entendre le vrai chemin qui nous mène au Père : l’humain. Qui me voit humain parmi les humains, qui me voit vivre, voit le Père. Le Père et moi sommes un (Jn 10,30). Dans ses moments à l’écart, Jésus expérimente qu’il est chargé de la plus écrasante de toutes les missions : montrer le Père. Lui qui connait le Père fait la dure expérience d’être incompris. L’expérience de l’échec. Tu n’es qu’un homme et tu veux te faire Dieu (Jn 11,33).

2025-C-Jn 20, 19-31 - dimanche 2e semaine de PÂQUES- baptisés pour devenir bonne nouvelle.

e qui caractérise notre époque est le doute. Est-ce vrai ou est-ce une fausse nouvelle ? Qui dit vrai ? Le doute se retrouve presque à chaque page de l’évangile. Dans sa prison Jean-Baptiste, le plus grand des enfants des hommes, n’est plus sûr de rien. Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? (Mt 11, 1-11). Zacharie a tellement douté qu’il en a perdu la voix. Marie a demandé comment cela se fera-t-il (Lc 1, 34) ?

2025-C-Mc 16, 9-15- samedi de l'octave de Pâques- voir quoi ?

À la question que Jésus lui posait, l’aveugle répond : fais que je vois. C’est notre demande en ces heures tourmentées de notre histoire où notre regard ne voit que les ténèbres de la nuit. Que nous reste-t-il à voir encore sur Pâques ? Que nous reste-t-il à voir d’un événement dont personne ne fut témoin ? Il nous reste à voir que la lumière brille dans les ténèbres. Même les ténèbres ne sont pas ténèbres, la nuit comme le jour est lumière [Ps 138(139)].

2025-C-Jn 20 1-9- dimanche de Pâques- que nous reste-t-il à voir?

À la question que Jésus lui posait, l’aveugle répond : fais que je vois. C’est notre demande en ces heures tourmentées de notre histoire où notre regard ne voit que les ténèbres de la nuit. Que nous reste-t-il à voir encore sur Pâques ? Que nous reste-t-il à voir d’un événement dont personne ne fut témoin ? Il nous reste à voir que la lumière brille dans les ténèbres. Même les ténèbres ne sont pas ténèbres, la nuit comme le jour en lumière [Ps 138(139)].

2025-C- Jn 11 45-57- samedi de la 5e semaine du CARÊME- mourir pour moi

À lire ce passage où Jésus affronte ses opposants, une conclusion s’impose : le succès n’est pas le nom de Dieu. Jésus fait face à une vérité implacable. On lui en veut à mort de déranger l’ordre établi, de ne pas respecter le sabbat, de déclarer que Dieu est son Père (Jn 5), d’être un fauteur de trouble, un anticlérical, un marginal même pour sa famille. Il a perdu la tête (Mc3, 20-21).

2025-C-Jn 7, 40-53 : samedi de la 4e semaine CARÊME - homme pour les autres.

Tout le chapitre 7 de Jean pose la question de qui est Jésus. Prophète, obscur Galiléen, fils de David, imposteur, séducteur ? C'est aujourd'hui encore la question qui taraude les coeurs. La discussion sur l'identité de Jésus est redoutable. Pour vous qui suis-je ? Est-il un sage dont l'exemple m'intéresse ? Est-il un docteur dont la parole m'enchante ? Que pourrais-je me répondre si l'on me dit qu'il n'est qu'un beau parleur ? Personne n’a parlé comme lui.

2025-C-Lc 18, 9-14- samedi de la 3e semaine du CARÊME- taire notre bruit intérieur.

Nous sommes en présence de deux spiritualités qui nous collent à la peau, celle de la perfection Je te remercie. Seigneur, de ce que je ne suis pas comme les autres hommes et celle de l’imperfection qui ouvre vos journées, seigneur, viens vite à mon secours (Ps 69,2). Ai pitié de moi. Nous prenons ces deux chemins.

2025-C-Lc 13, 1-9- dimanche de la 3e semaine du CARÊME- agir malgré la laideur

ien des turbulences secouent notre monde. La liste des bouleversements est sans fin. Mardi dernier une pluie de bombes israéliennes a tué 470 personnes à Gaza. Au Liban des rebelles s’emparent des prêtres. Aux États-Unis le Trumpisme engendre des perturbations mondiales. L’inquiétude est partout. Des questions surgissent. Pourquoi Dieu permet-il cela ? Qu’ai-je fait à Dieu pour que cela m’arrive ? Dans les moments de désastre, écrit le théologien polonais et sociologue Tomás Halik, les agents dormants d’un Dieu méchant et vengeur[1] refont surface et répandent la peur et la désolation.

2025-C-Lc 15, 11-32 samedi de la 2e semaine du CARÊME- partir pour mieux revenir

Nous le vivons présentement, rien n’est plus dommageable que l’incertitude qui est plus dommageable que toute décision. Cela est vrai pour l’économie, pour nos manières de vivre aussi. J’y vais. Je n’y vais pas. Vous connaissez la question qui tue : quoi veux-tu manger ce soir et la réponse je ne sais pas, soulève de très vives réactions. Prendre la décision comme devise, c’est éviter une multitude de scénarios, d’analyse interminable. Quand vous évitez, dit une recherche récente, de donner votre opinion, l’autre personne vous trouve moins agréable

2025-C-Mt 5, 43-48 - samedi de la 1er semaine CARÊME- déclaration de bonheur.

Élevons nos cœurs. Prenons de l’altitude. L’incarnation, disait saint Athanase, est une assomption de notre humanité en Dieu. En se rendant en tout semblable à nous (Hb 2, 17), Jésus nous rend capables de devenir en tout, par pure grâce, semblables à Dieu. Il s’est fait l’un de nous pour que nous devenions éternels, dit une préface de Noël.

2025-C-Lc 5, 27-32 - samedi des Cendres- la philautie, le mal du siècle

Le point de départ d’entrée en carême n’est pas le fait d’être digne. Avec ceux qui se croient bons, Jésus n’a pas pu faire grand-chose. Se considérer meilleur que les autres, c’est le début de la fin. Aucun prodige ne fut accompli par Jésus avec ceux qui se croyaient justes. Il ne nous aime pas parce que nous avons beaucoup de talents. Il nous apprécie comme nous sommes et cherche ceux qui ne se suffisent pas à eux-mêmes.

2025-C-Lc 4, 1-13- dimanche de la 1ière semaine du CARÊME- tentation ou victoire

La tentation commune à tous les humains, les plus grands saints comme les plus petits, est celle de détourner son regard de Jésus. De perdre de vue le donateur des biens. Le tentateur s’efforce de détourner le regard de Jésus du Dieu de sa foi qu’il nomme son Père en lui proposant trois routes recherchées aujourd’hui : avoir toujours plus de bien, plus de gloire et plus de sécurité. Jésus est tenté au niveau de la nourriture, du pouvoir et de la foi.

2025-C-Lc 6, 39-45 - dimanche 8e semaine ORDINAIRE-des millions de mensonge sur Dieu

On est athée non pas tant parce que Dieu n’existe pas, mais parce qu’on refuse, di Adolphe Gesché, d’adhérer à un Dieu pervers. Mieux vaut, ajoute-t-il, risquer que Dieu n’existe pas plutôt que de le voir comme pervers. J’ai la profonde conviction que l’image qu’on se fait de Dieu en une trahison de ce qu’il est. Nous nous racontons beaucoup d’histoire sur Dieu qui parlent plus de nous que de Dieu.

2025-C- Mc 10, 13-16 - samedi de la 7e semaine ORDINAIRE- intégrer le négatif

Jésus ne manque pas de sensibilité envers ceux qui ne sont pas rentables pour la société. Il est tellement indigné du peu de respect qu’on leur accorde qu’il lance un appel qui fait toutes choses nouvelles (Ap 21, 5). Ce qui est nouveau dans ce geste, c’est d’entendre Jésus exprimer que les rejetés sont précieux à ses yeux (Is 43, 4). Cet appel nous plonge dans l’océan insondable de la sensibilité de Jésus. Un rabbin exprime que nous ne savons plus comment nous pencher aussi bas que Jésus. Cet appel est très actuel. Des millions d’enfants sont contraints à travailler. L’abus des mieurs est un acte atroce[1].

2025-C-Lc 6, 27-38- dimanche de la 7e semaine ORDINAIRE- le poisson pourrit la tête.

Dans le récit de sa conversion au christianisme, le musulman Joseph Fadelle (nom d’emprunt) écrit que pour les musulmans cette attitude demandée par Jésus d'aimer ses ennemis est totalement incompatible avec le Coran. Elle montre que les chrétiens sont des faibles et méprisables[1]. Il décrit un chemin de martyr pour lui et les siens.

2025-C-Lc 6, 17, 20-26- dimanche de la 6e semaine ORDINAIRE- les maximes de l'Évangile

Veux-tu être heureux, demandait le pape Jean XX111, donne du bonheur aux autres. Le Sermon sur la montagne est une thérapie de changement, une médication pour donner du bonheur aux autres. En descendant de la montagne, Moïse a donné une loi de bonheur (Ex 20, 1-17) (Dt 5, 6-21). En descendant de la montagne, Jésus nous offre un autoportrait de qui il est. Cet homme pour les autres (Dietrich Bonhoeffer) peaufine la loi de Moïse et la présente comme la chartre d’une contre-culture qu’il décrit dans la parabole des invités de la noce (Lc 14, 15-24).

2025-C-Mc 8, 1-10 - samedi de la 5e semaine ORDINAIRE- un souper d'amour.

Ne regardons pas ce geste de Jésus comme un geste humanitaire. C’est un geste exemple. C’est un exemple que je vous ai donné (Jn 13, 15) pour que nous fassions de même. Ce qui est dérisoire –cinq pains et deux poissons- est en fait un don. Jésus et sa parole ont toujours été une miette au regard de la grande famine d’entendre la Parole de Dieu. Dans son cantique spirituel, Jean de la Croix voit cette miette dérisoire comme un souper d’amour [qui] restaure. D’un souper qui recrée.

2025-C-Lc 5, 1-11-dimanche de la 5e semaine ORDINAIRE- embarquement

Je vous invite à voir autre chose que le résultat abondant de la pêche. Je vous invite à voir l’état d’esprit de Pierre et de ses compagnons. Ils étaient épuisés et déçus d’une nuit sans rien prendre. Nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre. Ils descendent de la barque pour laver leurs filets, pour rentrer chez eux, pour se reposer avant de retourner au large. Jésus monte dans la barque et les invite à jeter à nouveau leurs filets pour pêcher.

2025-C-Mc 6, 30-34- samedi de la 4e semaine ORDINAIRE- combattre ou cultiver l'écart

Quelle délicatesse que cette invitation de Jésus aux siens de se retirer à l’écart ! Pourquoi ? Parce que nous pouvons perdre Jésus de vue. C’est pour cela qu’ici vous partez, disparaissez, vous vous éloignez des autres pour un temps de retrait, de retraite pour ne pas perdre Jésus de vue. Trouver Jésus n’est pas une activité à ajouter à nos activités quotidiennes. Nous aimerions dire à Jésus reste avec nous, Seigneur. Mais nous ne pouvons pas acheter sa présence. Elle se reçoit.

2025-C-Lc 2, 22-40 - présentation de Jésus au temple- un itinérant comme modèle

Première observation : Je remarque un détail dans la description de Luc. Ce ne sont pas les prêtres qui accueillent Jésus, alors que la scène se passe au Temple, mais un juste et religieux (Syméon) et une prophétesse (Anne). Ce sont des gens du « dehors », des priants ordinaires, des gens pieux, des chercheurs de Dieu qui n’ont aucune responsabilité officielle, qui ne détiennent aucun mandat.

2025-C-Mc 2, 13-17 -samedi de la 2e semaine ORDINAIRE- le prestige des imparfaits

Dans son chemin de perfection (chap.19), Thérèse d’Avila écrit que celui qui se croit le plus vil est peut-être le plus élevé devant Dieu. Laissez faire le Maître de la maison. Lévi qui n’était pas le meilleur des humains a laissé Jésus agir en lui. Jésus ne choisit pas des gens snobs, des gens qui ne portent pas à terre. Il choisit en un mot des humains, des gens simples et souvent de mauvaises réputations. C’est à eux qu’il confie son projet.

2025-C-Luc 1, 1-4 ; 4, 14-21- dimanche de la 3e semaine ORDINAIRE- Jésus, un sorteux

Nous venons d’entendre un récit qui engendre l’une de ces tempêtes qui fait encore rage aujourd’hui. Jésus annonce que son arrivée ouvre sur un immense champ pastoral. Porter la bonne nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue.

2025-C-Jn 17, 11-19 - ouverture semaine de l'unité- crois-tu cela ?

Nous avons tous une identité commune. Nous sommes tous aimés de Dieu. Cette affirmation ne fait pas problème. C’est l’identité de ce Dieu qui ne fait pas l’unanimité. Déjà, il y a plus de 1700 ans cette année, cette identité a donné lieu à beaucoup de débats. Il aura fallu de longue et laborieuse discussion au concile de Nicée en 325 pour que plus de 250 évêques (le chiffre est approximatif) s’entendent sur une déclaration de foi, celle de notre Credo.

2025-C- Mt 2, 1-12.- Dimanche de l'Épiphanie- le langage de Dieu

Attention. Ce texte n’est pas un reportage sur ce qui s’est passé. C’est un texte éclairant. Un texte pour nous aujourd’hui. Hommes de science, les Mages, reconnus comme des interprètes compétents et officiels des événements extraordinaires et des phénomènes de la nature, voient apparaître selon la légende une lumière nouvelle, inattendue dans la nuit. Aujourd’hui, on parlerait des astrophysiciens qui découvrent une ou de nouvelles planètes. Ces hommes de sciences ont reconnu le langage de Dieu.

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