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2015-B-Mc 3, 31-35 mardi 3e semaine ordinaire- Qui est ma mère, une question blessante

Année  B: Mardi 3e semaine ordinaire (litbo03m.15)

Marc 3, 31-35 : qui est ma mère, une question blessante

Un incident quotidien, presque banal, pour exprimer quelque chose de très profond, très engageant sur ce que cela signifie être proche de Jésus. C'est normal quand des membres d'une famille s'inquiètent des comportements de l'un des leurs de vouloir l'aider. De s'en approcher même sans rendez-vous. Mais la réponse que Jésus donne après un instant de silence, donc ce n'est pas une réponse impulsive, devrait nous faire voir grand. À première vue, c'est une réponse blessante. Entendue avec des oreilles qui écoutent, sa réponse confirme que Jésus voit grand.

Qui est ma mère ? Un enfant qui répond  tu n'es pas ma mère blesse beaucoup sa mère. Il atteint sa mère dans ce qu'elle a de plus inviolable en elle. Ainsi en est-il pour Marie. Pour sa famille.  

Mais soyons réaliste. Humain. En entendant cette question posée par Jésus, avons-nous soupçonné qu'il s'agit d'une question blessante, d'une question qui a dû résonner dans le cœur de Marie comme un coup de poignard ?  En présentant Jésus au Temple, le vieillard Siméon lui avait dit qu'un glaive transpercera son cœur.  Cela se confirme dans la réponse de Jésus. Le glaive de la souffrance de recevoir son Fils mort au pied de la croix, mais aussi le glaive de la Parole, ce glaive à deux tranchants de l'Apocalypse.

Marie n'a sans doute pas compris que pour Jésus ma mère, mes frères, mes sœurs sont ceux qui font la volonté de mon Père. Elle a toutefois conservé dans son cœur (Lc 1, 66), bon et généreux (Lc 8, 15) ses paroles comme un appel à se détacher de son fils. Comme un appel aussi à s'approcher de tous ces fils qu'elle recevra au pied de la croix. Marie a vécu ces paroles étonnantes de son fils dans la foi la plus  parfaite, dans une douleur qui s'ouvre sur un renouvellement  de son Fiat et avec  une pénétration plus profonde dans la mission de son Fils.

Augustin  voit dans ces paroles de Jésus qu'il est plus glorieux pour Marie d'être disciple de son Fils que Mère.  Disciple Marie ? Jésus louange l'écoute attentive de sa mère et s'émerveille de la voir pratiquer à la perfection ses paroles. À ses yeux, elle est un vrai disciple, le modèle de tout disciple, la première d'une longue lignée.    Son seul bonheur vient de ce qu’elle entend et pratique.

Qui est ma mère ? Nous pouvons et devons aussi entendre cette question comme des paroles qui font souffrir Jésus, lui qui aimait sa mère, précise Adrienne Van Speyr. Elle ajoute que Jésus est conscient que ce sont des paroles brutales qui viennent non de [Lui], Jésus, mais de l'Esprit. Jean, l'évangéliste, n'a-t-il pas écrit : Je dis ce que le Père m'a enseigné (Jn 8, 38).  

Paroles déchirement pour Jésus. Paroles de séparation comme exigence de sa vie apostolique. Paroles aussi libération qui confirment que Jésus n'appartient pas à sa mère, à sa famille, qu'il s'en distancie, s'en détache pour être au service de son Père. L'envoyé n'appartient à personne mais à tous ceux qui font la volonté de son Père comme l'indique Jésus lui-même.

Cette réaction de Jésus à l'endroit de sa mère lance un message à tous les engagés à sa suite. Coopérer à la mission de Jésus sera toujours fruit du renoncement à nos proches. Sachons toutefois que personne n'a autant renoncé à elle-même que Marie. Elle a laissé toute la place à Dieu. Elle s'est effacée totalement. Toute sa vie, Marie a vécu oubliée, donnée, souffrante, obéissante, transpercée par un glaive.

À votre contemplation : Jésus nous invite à dépasser les relations humaines telles que les connaissons, les liens du sang, comme les liens de l’amitié, pour découvrir la fraternité à laquelle il nous invite. Il souhaite nous voir quitter nos fraternités et nos filiations pour devenir frères universels et entrer pleinement dans sa famille. Par sa question qui est ma mère, Jésus nous fait voir que notre horizon, c'est d'appartenir à Dieu. AMEN.

 

Évangile: 
Année: 
Pérode: 
Date: 
Jeudi, 1 janvier, 2015

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