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2009-B : Dimanche 21e semaine ordinaire -Jn 6, 60-69 voulez-vous partir vous aussi ?

 Année B : 21e dimanche ordinaire (litbo21d.09)
Jn 6, 60-69  voulez-vous partir vous aussi ?

Voulez-vous partir vous aussi ? Telle est la question que Jésus nous pose en finale de ce chapitre 6 sur le Pain de vie. Ne répondons pas trop vite « non ». Laissons-nous surprendre par le choc de la question que nous pose Jésus comme il la posait hier à ses apôtres. Laissons-là résonner en nous. Laissons-là nous travailler car il y a en nous quelque chose qui nous pousse à répondre à la fois « oui » et « non ».  Jésus – quelle délicatesse de sa part ! - nous évite à refouler dans notre inconscient nos doutes sur notre foi en Lui. Il nous invite plutôt par sa question, à lui exposer nos hésitations à partir ou pas, à le suivre ou pas.

Avant de répondre, notons combien Jésus ne nous bouscule pas. Il nous veut libres de nos choix. Il ne dit pas aux apôtres cette phrase mortelle que nous prononçons parfois comme parents, comme « saintetés », comme prêtre : après tout ce que j’ai fait pour toi, tu vas me laisser tomber.

Jésus nous veut libres. Nous rend libres sans nous accuser à l’avance de le suivre ou pas. Il ne fait pas de chantage. Il faut éviter de projeter sur Jésus nos comportements humains. Jésus nous veut libres, nous rend libres. Ce n’est pour nous mettre à l’épreuve; ce n’est pas une question piège sinon ce serait pervers.

Voulez-vous partir ? Cette question résonne partout dans l’Évangile. Songeons è Jean-Baptiste dans sa prison qui avait appris ce que faisait Jésus. Il s’interroge : es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre? Cela semble étonnant de la part d’un homme qui lors du baptême de Jésus avait rendu ce témoignage : c’est lui le fils de Dieu. Jean-Baptiste, le plus grand au dire de Jésus lui-même était désorienté, bouleversé. Jésus ne correspondait pas à ses attentes d’un Messie libérateur. Il doute mais il a le courage d’exposer à Jésus son désarroi.

N’évacuons pas nous aussi, faisons de la place en nous de nos doutes.   Devant ce que nous vivons comme chrétiens, », laissons naître en nous cette question de Jean-Baptiste : es-tu Celui qui doit venir ou devons-nous partir vers Quelqu’un d’autre ? Devant ce que nous vivons comme Église en état de restructuration et qui nous bouleverse, comme Église qui se « rapetisse, ne refoulons pas nos désarrois, mais laissons plutôt jaillir la fragile espérance, le secret espoir qui est au cœur de l’interrogation de Jean-Baptiste. Dans la question de Jean-Baptiste comme dans celle de Jésus de ce matin, il y a un appel à relire de manière nouvelle, un appel à re-choisir le Christ non plus dans la fraicheur du premier jour mais au sein des ténèbres, des doutes que nous traversons.

Dans l’évangile ce matin, Pierre a répondu clairement : nous ne partirons pas, tu as les paroles de la vie éternelle. Nous ne savons pas celle de Jean-Baptiste qui ressemble peut-être plus à ce que nous vivons.

La question que Jésus nous pose au terme de ce parcours sur le pain de vie, pain qui ouvre sur la vie éternelle- qui mange de ce pain vivra éternellement-  exige du temps avant d’y répondre. Elle exige un murissement de notre foi qui grandit dans la prière et en refusant de refouler nos hésitations.

Dans la 1ière lecture, Josué pose la même question au peuple : choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir. Moi et les miens, nous voulons servir le Seigneur.  Jésus ce matin, nous rend libres de nous ouvrir à Lui, de lui dire nos états d’âmes actuels de chrétiens. Question clé de toute vie spirituelle.

Commentant ce passage de Jean, saint Bernard écrit- et je fais mien pour vous sa réponse- chrétiens, apprenez du Christ la manière de suivre le Christ. Pour ne pas le quitter, il faut apprendre de Lui qu’il nous veut libres, qu’il nous veut y adhérer à lui de tout notre être.

Une eucharistie pour laisser monter en nous cette réponse toujours nouvelle, toujours inédite : Seigneur, vers qui pourrions-nous aller, tu as les paroles de la vie éternelle. AMEN

 

Évangile: 
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Date: 
Vendredi, 1 mai, 2009

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