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2010-C-Lc 15, 3-7-Sacré coeur - le Verbe dans un Cœur

Année C : SACRÉ COEUR DE JÉSUS
Lc 15, 3-7 : le Verbe dans un Cœur

Vivre en chrétien, c’est vivre en se sachant aimés. C’est vivre fondé, appuyé sur cette certitude qu’une affection divine embrasse nos vies et conduit le monde. Le Dieu de notre foi est un Dieu qui est venu à nous et qui vient à nous, dont l’amour est derrière nous et devant nous. Il est celui qui ne cesse de nous être présent de tout son cœur, comme il était au commencement, maintenant et toujours. Il a pris en ses mains nos vies en nous créant. Il les a reprises en ses mains en nous recréant par sa mort. Et le baptême nous burine, nous marque d’une façon indélébile dans cette certitude. L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné (Rm 5, 5b).Comme l’exprime le Cantique des cantiques, le Roi m’a introduite dans son cellier, dans son cœur (1, 2-4-5). Il nous a ordonnés à son amour en venant toucher nos cœurs pour les restaurer tout à la fois par le parfum et les délices de son cellier.

Cette réalité très belle de notre foi est confrontée chaque jour à une autre réalité, celle de nous accepter tel que nous sommes, avec nos trahisons. Alors que nous n’étions encore capables de rien, le Christ, au temps fixé par Dieu, est mort pour les coupables…pour nous... nous sommes réconciliés, nous sommes sauvés… (Rm 5, 11).La première attitude qui s’impose à nous est de ne pas désespérer, de ne pas nous raidir rageusement, de ne pas opposer de résistance à son œuvre divine. Il fait bon accueil aux délinquants que nous sommes. J’irai moi-même à la recherche de mes brebis, je veillerai sur elles (Ez 34, 11).

C’est le prophète Osée, ce mal aimé, qui écrivait : je guidais mon peuple avec humanité, par des liens de tendresse. Je le traitais comme un nourrisson qu’on soulève tout contre sa joue. Je me penchais vers lui pour le faire manger. Mais ils ont refusé de revenir à moi : vais-je les livrer aux châtiments ?  (Os 11, 4). Telle est la tendresse du cœur de Dieu pour nous,  telle est la dynamique de l’amour de Dieu qui va conduire Jésus – pourquoi pas notre Dieu trinitaire lui-même –  jusqu’à venir prendre chair dans l’existence humaine.  Pour l’exprimer en paraphrasant le curé d’Ars, au terme de cette année qui lui était consacrée, Dieu ne diabolise pas avec nous mais se donne comme tâche de nous porter avec joie sur ses épaules.

Les textes que nous venons d’entendre nous lancent un appel : celui de laisser à ce cœur divin le privilège de nous trouver, celui de nous porter sur ses épaules jusqu’à introduire nos vies dans son bonheur, jusqu’à faire quelque chose de beau avec le «rien» que nous sommes. Laissons à ce cœur d’être ce qu’il est : créateur,  re-créateur de nos vies. Il est venu habiter nos crèches pour les redorer à son image. Il a pris forme humaine pour nous voir prendre la forme de Dieu. Avouons-le,  notre cœur n’a pas la même fougue pour aller à la recherche de Dieu que lui pour venir vers nous. Nous sommes faits pour être portés avec tendresse sur ses épaules.  Un saint évêque (Saint Astère d'Amasée) du IVe siècle écrivait : L'ayant trouvée, sans la frapper ni la pousser violemment pour la ramener au troupeau, il la mit sur son cou, la porta avec douceur et la fit revenir parmi ses compagnes, plus joyeux pour celle-ci que pour la foule des autres.

Au terme de cette année sacerdotale, apprenons à faire nôtre comme pasteurs, comme chrétiens, la culture de ce cœur : toute sa vie, ce cœur s’est employé à rendre grâce pour le peu qu’il avait  et non de s’en plaindre. (Il prit ce peu de pain et rendit grâce plutôt que de déplorer les cinq pains qu’il avait). Apprenons que pour Jésus, cœur et vie, cœur et source, cœur et naissance, ne font qu'un.

Avec le cœur de Marie, dont nous ferons mémoire demain, efforçons nous d’aimer ce cœur divin. Elle peut nous aider avec son cœur à le louer, à le recevoir, à l’aimer. Elle seule peut nous apprendre mieux que tous les livres comment aimer le cœur de son Fils. Elle peut nous apprendre à l’aimer comme elle a été aimée. AMEN.
 

 

Évangile: 
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Date: 
mai, 2010

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