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La simplicité comme accomplissement évangélique

CAUSERIE

LA SIMPLICITÉ COMME ACCOMPLISSEMENT ÉVANGÉLIQUE

L'extraordinaire nous attire un instant, la simplicité nous retient plus longtemps

 parce que c'est en elle seule que réside l'essentiel (Gary Winogrand)

La simplicité décourage. Elle ne s'acquiert qu'à force de détachement

(Dominique Blondeau)

 

INTRODUCTION

L'Évangile de la pauvreté ouvre sur la question du comment ? Comment, au quotidien, appliquer cet appel à avoir moins pour être plus ?  Comment interpeller cette culture matérialiste qui donne naissance à un mysticisme sans Dieu?  Ma réponse me vient d'un livre de Serge Mongeau : La simplicité volontaire  (Édition Québec-Amérique, Montréal, 1985, 152p.).  Notre société crée des besoins dont nous n'avons pas besoin. Nous devons lutter contre le harcèlement agressif et violent de la consommation. Lutter contre l'idée subliminale affirmant  que le bonheur se trouve dans le fait de tout avoir. Nous avons pour horizon la consommation. Nous vivons coincés dans une spirale qui nous force à gagner plus pour dépenser plus. 

Selon une enquête récente (2003), 30% des travailleurs américains ont décidé de réduire leurs revenus pour se donner une vie plus équilibrée.  D'autres demandent d'être affectés à des postes moins exigeants. Le psychologue John Drake (Ralentir. Travailler moins, vivre mieux, Éditions Écosociété, 2003) affirme que le travail ne devrait pas être le seul critère qui définit le monde moderne.  Nous accomplir autrement que par le travail et les biens.

Ce désir d'une plus grande qualité de vie,  Jésus en a fait le point central de toute sa prédication.  Il a passé sa vie publique à se positionner pour des structures sociales et économiques plus équitables : ne pas explciter le pauvre, ne pas construire d'autres tours pour y mettre son grain (Lc 12, 16-21), ne pas servir deux maîtres (Lc 16,13). Jésus a revendiqué une approche économique axée sur le partage des biens.

L'Évangile de la pauvreté n'est pas un appel à vivre dans la misère, combattue par Jésus, mais à vivre simplement, sobrement.  Dans l'Évangile, le contraire de la pauvreté n'est pas la richesse, mais la plénitude de sens.  Nous n'avons pas à choisir de devenir riches ou pauvres, mais nous devons désirer atteindre une plénitude de sens.  Nous avons à vivre en nous appuyant sur un centre divin (Thomas Kelly, auteur américain mort en 1941). C'est l'absence de ce centre divin qui éveille en nous un besoin psychotique de la possession de biens.  Un comportement psychotique nous décroche de la réalité. Quand nous achetons des choses dont nous n'avons pas besoin, c'est un comportement psychotique.  Se conformer à une société psychotique, c'est le devenir.

Nous sommes des créatures «créées» en direction d'une plénitude de sens, de vie et non en direction d'un comportement psychotique.  Devenir une «nouvelle sorte» de monde, du «nouveau monde», des «créatures nouvelles», devenir du monde «plein de Sens», «plein de sagesse». Articuler nos vies sur ce centre divin qu'est la simplicité.  De toutes les libérations apportées par l'Évangile,  la simplicité en est le sommet.  Pourtant nous parlons peu de ce sommet.

CHANGER L'AVENIR: COMMENT ?

Soyons clairs. «Il faut admettre que la réalité ne peut être changée d'un coup de baguette», disait Ricardo Petrella, auteur de Désir de l'humanité (Écosociété, 2004), lors de la conférence d'ouverture de  l'Université du Nouveau Monde (Montréal, août 2004), une initiative du journaliste Michel Vienne. Les semaines sociales françaises de 2004 avaient pour thème de leur 100e anniversaire: réinventer l'Europe. Tel qu'il est, le monde est très fort.  Nous en sommes marqués au fer rouge. Changer cette culture de la recherche de la toute-puissance sera toujours difficile. Comment changer le rythme du travail qui exige d'en faire toujours plus? Donner toujours plus de rendement touche et ébranle la structure même du travail.  Nous sommes très loin de cette civilisation du loisir dont nous parlions il y a moins de deux générations. Changer cette culture passe par le changement de nos priorités : passer du «chacun pour soi» au «vivre ensemble en solidarité». Passer d'une culture axée sur la richesse individuelle à une culture axée sur la richesse collective. L'environnement, le transport, la santé, ce sont nos richesses collectives. Ce passage ne sera jamais une affaire de générosité ou de compassion.  Il se fonde sur notre poids d'être, sur le respect de l'autre.  Il est porteur d'un devenir plein de sens même si le système dominant tente de nous convaincre du contraire. 

Changer notre manière de penser, d'agir est en notre pouvoir. Il faut savoir distinguer l'avenir et le devenir.  L'avenir est presque déterminé, prévisible.  En ce sens, le futur est déjà là.  Dans cinq ans, la superpuissance américaine sera encore très forte.  Le déclin de l'empire américain n'est pas pour demain. Mais le devenir, c'est quelque chose qui n'existe pas.  Nous sommes les maîtres absolus de notre devenir. Nous sommes les seuls responsables et capables de devenir une sorte de «nouveau monde».  Axer nos vies non sur la consommation, mais sur une richesse collective peut étonner et détonner.  Ce devenir est possible même s'il est difficile.  Il faut refuser d'être esclave d'un futur auquel nous ne pouvons rien changer.  Nous pouvons devenir différents.  L'histoire montre que les sociétés peuvent être constructrices de leur devenir.  Commençons par changer nos priorités en nous donnant un «mantra» (exemple: je favorise le bien commun comme vraie richesse) à redire jusqu'à ce qu'il nous influence. Cela aura pour impact d’influencer progressivement les autres.  C'est très évangélique.

QU'EST-CE QUE LA SIMPLICITÉ ?

Le mot a plusieurs sens. Quelqu'un de simple peut signifier qu'il est naïf, imprudent. Le mot peut avoir une connotation morale. La personne est vue comme «intègre», «pure», «innocente». Un cœur pur, c'est un cœur simple (saint Augustin). Ici, intégrité et simplicité sont synonymes.

Dans notre culture postindustrielle, nous avons oublié ce qu'elle est. Nous en avons perdu toute la richesse. La simplicité n'est ni la misère, ni une vie ascétique. Il ne s'agit aucunement de se priver comme les ascètes du désert. La simplicité est la recherche d'un mode de vie propice à l'amour et à l'épanouissement de la vie (Burch Marck, La voie de la simplicité, p.15). Elle contribue à nous tenir dans l'être et non pas une condition sociale (Emmanuel Levinas, Semaine des intellectuels catholiques, 1996). C'est la richesse la plus raffinée qui nous soit donnée.

En terme évangélique, la simplicité comprend tout, dit François de Sales. Elle est la perfection des perfections. Le sommet de la vie spirituelle. C'est la vertu monastique par excellence. La parfaite simplicité, la sainte simplicité, consiste à arrêter son esprit, son regard, ses désirs sur Dieu seul. Parce qu'elle est tout orientée sur Dieu, elle devient une arme puissante contre le désir de possession et contre l'influence du regard des autres sur nous.

Une vie simple, c'est une vie libre qui devrait séduire les chercheurs de liberté.  La simplicité libère et apporte  «libération». Elle libère du poids de l'encombrement, de l'esclavage des biens, de la surconsommation.  Elle évite à ses adeptes de connaître l'angoisse du «jamais assez».

La simplicité est une sortie de secours, une porte de sortie de la consommation aiguë et psychotique de notre société. Cette porte étroite est très difficile à atteindre parce qu'elle repose sur la recherche de l'essentiel. Seules des personnes équilibrées, saines, non psychotiques peuvent s'y aventurer. La petite Thérèse exprimait comment il lui en coûtait de s'ouvrir simplement à sa supérieure. Se dire avec simplicité n'est pas facile. Se centrer sur la recherche d'être toujours plus, sur la recherche d'une vie par en dedans et non sur celle d'avoir toujours plus, d’avoir toujours plus de confort. C'est un choix qui exige beaucoup de volonté et d'être en état d'alerte constant contre ce virus de l'avoir, de la façade qui est souvent une réponse inavouée à nos insécurités.  

Pour atteindre cette simplicité volontaire pour les uns, cette exigence évangélique pour les autres, une vie disciplinée est incontournable. Tout le monde aime la simplicité, quelques-uns l'admirent, peu de gens l'adoptent, personne ne l'envie  (Marquise de Lambert). La simplicité décourage parce qu'elle ne s'acquiert qu'à force de détachement (Dominique Blondeau, Extrait de Les errantes). 

Archimède disait jadis : donne-moi un point d'appui, et je pourrai déplacer la terre. La simplicité est ce point d'appui qui nous fait devenir Évangile. Devenir ce que nous  sommes. De la gestion du budget jusqu'à la spiritualité, en passant par l'alimentation et la vie de famille, la simplicité est le choix entre ce qui est essentiel, utile ou pratique. Une vie de simplicité sait dire «assez, c'est assez». Acheter une chemise antistress, lavable (Actualité du 15 septembre 2004), comportant un mince aimant et du minerai en poudre dégageant des rayons ultraviolets visant à réduire les raideurs des épaules, est-ce essentiel, utile ou pratique ?

Ressusciter la simplicité comme alternative à notre société de consommation est une urgence. Ressusciter la simplicité pour clamer sans ambiguïté l'Évangile de la pauvreté, ressusciter la simplicité pour favoriser notre vie spirituelle est une absolue nécessité. Toutes les écoles de spiritualité favorisent la recherche d'un vide en vue du Tout. La simplicité conduit à une forme de dépouillement qui enrichit toute vie spirituelle: oraison de simple regard, simple présence. Mais cela est caché aux sages et aux intelligents.

LA SIMPLICITÉ CHEZ DIEU

Après une longue et aride étude, un peu compliquée pour des profanes, saint Thomas conclut que Dieu est vraiment et souverainement simple. Dieu est simple parce qu'en lui, il y a absence de division. Il est un. Quoi de plus simple que d'être un, unique ! Le Père et moi sommes un. Dans son être  profond, Dieu est simplicité.

Dieu est simple parce qu'il est «parfait». Il n'y a pas de ténèbres en Dieu. Il n'est que lumière. La division, la diversité, la complexité, les tendances opposées n'existent pas dans ce qui est simple. Ce qui est simple est quelque chose de complet, d'achevé, de parfait, d'entier, d'intact, d'intègre, de pur, ai-je dit tantôt. Ce sont les traits de Dieu.

Une fois enracinée en quelqu'un, la simplicité n'est pas déracinable.  Plus rien n'a d'emprise sur elle: ni le mal, ni les ténèbres, ni la division. La simplicité, c'est la perfection des perfections. POINT.  Jean de Ruysbroeck, au XIIe siècle, affirmait que Dieu est simple en son être, clarté en son intelligence et charité qui se répand dans ses œuvres.  Dans la Bible, la simplicité est l'autre mot de la «crainte de Dieu». Crainte, non pas dans le sens de «peur», mais crainte dans le sens de «grandeur» de «perfection», «d'accomplissement». La simplicité, chez Dieu, c'est sa perfection, son indivisibilité.  L'apôtre Pierre parle du Christ comme un agneau sans reproche et sans tache (1P 1,19). Il faut apprendre à nous émerveiller de cette simplicité sans nous en étonner. L'étonnement serait d'affirmer le contraire !

Devant une telle contemplation de Dieu, François de  Sales, dans son traité pour la vie dévote, disait que la simplicité comprend tout. Elle inclut l'amour, la pauvreté. Elle bannit la recherche du «moi». Le mystique Tauler disait qu'elle vide de tout. C'est la perle rare dont parle l'Évangile.  Mais une perle n'est précieuse que pour ceux qui y accordent un prix.

Dieu ne crée que des images de lui-même. L'Ecclésiaste (7, 29) a bien compris cela quand il affirme que Dieu a fait l'homme simple, mais il a cherché une foule de complications.  C'est par le regard constant dirigé vers Jésus, c'est en nous noyant dans l'intense lumière de sa simplicité que nos progressons et convergeons vers une vie unifiée jusqu'à devenir participant de la nature de Dieu. La simplicité est incontournable pour ressembler à Dieu.  Notre union à Dieu passe par la simplicité. Le Livre de la sagesse s'ouvre sur ces mots: aimez la justice [...]; cherchez [le Seigneur] en simplicité de cœur.  Tous les grands mystiques, comme Jean de la Croix, Jean de Ruysbroeck, Thérèse de Jésus et sa petite voie confirment que la simplicité est le chemin par excellence pour nous unir à Dieu. Marthe Robin ne cesse de dire: simplifier, simplifier, simplifier votre prière. Un cœur simple est un cœur parfait. Une prière simple est une prière intègre, ouverte, comme Job, à accueillir le bonheur ou le malheur comme un don de Dieu.  Sommes-nous des gens simples, intérieurement comme extérieurement ?

LA SIMPLICITÉ : UNE SAGESSE ET UNE SPIRITUALITÉ

Demain sera plus ou moins libre selon que nous aurons été aujourd'hui plus ou moins simples. Il y a beaucoup de sagesse dans ces mots de Borduas, un auteur contemporain. Mais il y a une autre sagesse. C'est cesser d'accuser notre société pour la complexité de notre vie.  Nous transportons à l'extérieur ce que nous vivons en dedans. Si notre vie se déroule dans l'éparpillement, il est évident que notre vie ne sera pas unifiée.  Le mot clé qui ouvre la porte de la simplicité: se donner une vie unifiée autour d'un point d'appui  ou d'un centre divin.  L'explication d'une vie compliquée se trouve à l'intérieur de nous. C'est nous qui ne savons pas unifier nos vies autour d'un seul point d'appui. C'est nous qui laissons tomber ce centre divin, ce point d'appui, qui ne sommes pas assez simples pour mener une vie simple. 

Cela ne signifie pas de s'engager dans un seul domaine. Cela signifie que les différents chapeaux que nous portons soient unifiés autour de ce point, centre divin.  Chacun de nous peut mener une vie unifiée, dégager cette paix intérieure, vivre d'une sérénité incroyable si nous le voulons vraiment. Une vie simplifiée est une vie unifiée.  Elle est une vie qui naît de l'intérieur, qui refuse l'éparpillement. Ne confondons pas vie unifiée et vie d'oisiveté, vie simplifiée et vie ennuyante, monotone.  L'expression il ne sait pas où mettre  la tête dit tout.

Il faut travailler avec acharnement pour maintenir en nous cette simplicité intérieure qui va toucher notre style de vie. Si nous savons avec discipline nous retirer dans le saint silence, dans le sanctuaire silencieux de notre cœur, si nous savons unifier nos vies autour d'un point d'appui, si nous savons préférer la lumière intérieure, nos vies deviendront Évangile de Dieu. C'est du Centre que proviennent toutes les obligations de la vie. Une vie qui prend sa source dans ce Centre est une vie qui progressivement se simplifie. Vivre en rayonnant du Centre ne conduira jamais à l'intolérable essoufflement. Ce sera une vie en forme d'Évangile Dieu. Rien n'est plus simple que de laisser Dieu venir à nous. Nous n'avons qu'à l'accueillir. Mais cette attitude s'avère très compliquée à pratiquer!

CONCLUSION: REVENONS À L’ÉVANGILE

Revenons à la pauvreté. Revenons à la simplicité chrétienne même si elle n'est pas facile à circonscrire.  Le danger d'une vie d'attachement jusqu'à l'embourgeoisement aux biens est en nous et non en dehors de nous. La simplicité prend le chemin de nos personnes.  Elle prendra le visage de nos personnes. Le devenir comme des enfants ou la petite voie est tellement large. La spiritualité de l'enfance apparaît plutôt compliquée à vivre. Droiture, authenticité, vérité, transparence, vulnérabilité, abandon, humilité sont autant de facettes pour décrire que la simplicité n'est surtout pas  indigence;  elle est réalisation. Il reste beaucoup à dire pour expliquer que la simplicité c'est quelque chose de tellement simple.

 

La simplicité ne se propage pas par la parole, mais par l'action.  Un rabbin disait en parlant du Talmud : apprendre, garder et faire, il n'y a rien au-dessus de cela.  Belles sont les paroles dans la bouche de qui les pratique. Beau est celui qui enseigne et pratique.

 

L'extraordinaire nous attire un instant, la simplicité nous retient plus longtemps  parce que c'est en elle seule que réside l'essentiel (Garry Winogrand). Revenons à l'Évangile de la simplicité, répète souvent Charles de Foucauld. C’est le remède, c'est ce dont nous avons besoin (Charles de Foucauld, Lettre à Mgr Carcu, 30 juin 1908). Voilà ce que je veux pour vous. Voilà ce que je cherche avec vous.

 

POUR VOTRE RÉFLEXION :

Un  texte d'une mère de famille qui exprime le sens de son option pour la simplicité volontaire.

Pour moi, ce que ça change de simplifier ma vie, c’est de me donner le temps de comprendre pourquoi je suis venue sur cette terre, quel rôle  comme humain j’ai eu à y jouer jusqu’à présent et quel rôle je veux jouer pour l’avenir.  Ça me permet de prendre le temps de changer mon alimentation en jardinant et en dégustant des aliments biologiques.  Manger moins, manger mieux. Ça me permet de prendre le temps d’écouter les autres êtres humains qui ont des choses à m’apprendre.  Apprendre à savourer le plaisir de rire avec mon conjoint, mes enfants, mes amis et les autres êtres humains qui viennent dans mon cercle.  Simplifier pour moi, c’est réapprendre à être Pour moi; ce que ça change de simplifier ma vie, c’est de me donner le temps de comprendre pourquoi je suis venue sur cette terre, heureuse des petits bonheurs de chaque jour en remerciant pour tout ce que la nature et la vie me donnent gratuitement.  C’est accepter de me reposer lorsque j’ai un rhume en étant consciente que mon corps a besoin pour guérir d’un temps de repos.  C’est apprendre à s’aimer et à se respecter comme être humain.  Le matin, c’est prendre le temps de remercier d’être encore sur cette terre : quel cadeau à chaque jour!  C’est prendre le temps d’écouter mon souffle et de me sourire!  C’est prendre le temps de prendre le temps..! Et surtout, c’est prendre le temps de rire, c’est la grâce que je vous souhaite à toutes et à tous!  (Huguette Chrétien, Chambly)

 

 

Autres: 
Date: 
décembre, 2018

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